Depuis son arrivée à la tête des Lions Indomptables, David Pagou s’est imposé comme un sélectionneur méthodique et cohérent. En conférence de presse après la victoire contre le Mozambique, il a dévoilé les lignes directrices de son projet : construire une équipe disciplinée, compétitive et soudée autour d’une hiérarchie assumée et d’un groupe élargi de 28 joueurs.
La philosophie de David Pagou est simple : discipline et esprit collectif
Dès ses premières réponses, Pagou a rappelé ce qui constitue le cœur de sa méthode : le travail, la discipline et l’esprit d’équipe. « Nous sommes des soldats et on travaille pour la nation », a-t-il déclaré, résumant en une phrase l’état d’esprit qu’il veut insuffler à son groupe.
Pour lui, la performance ne repose pas sur des individualités mais sur un collectif fort, capable de se battre, de souffrir et de gagner ensemble. Cette vision tranche avec les approches plus individualistes observées ces dernières années.
Une hiérarchie dynamique : 28 joueurs, 28 titulaires potentiels
L’un des points les plus marquants de son discours concerne la gestion du groupe. Pagou refuse l’idée d’un onze figé ou de statuts intouchables.
« Nous avons 28 bonhommes censés être titulaires », a-t-il affirmé.
David Pagou
Cette phrase dit tout. Chaque joueur est considéré comme un potentiel titulaire. La concurrence est permanente. La hiérarchie se construit sur le terrain, pas dans les bureaux.
Cette approche crée un environnement sain, où chacun doit mériter sa place à l’entraînement et en match. Elle permet aussi de maintenir un niveau d’engagement élevé, même chez les remplaçants.
Le turnover comme outil stratégique
Face au Mozambique, Pagou a procédé à un large turnover. Mais loin d’être improvisé, ce choix s’inscrivait dans une logique précise. Le sélectionneur avait une idée claire de son groupe dès le début de la compétition, et souhaitait donner du temps de jeu à ceux qui l’avaient mérité.
Il l’a expliqué sans détour :
- certains joueurs ont gagné leur place par leur travail,
- d’autres ont montré qu’ils voulaient jouer,
- tous ont “mouillé le maillot”.
Même si le contenu du match a été jugé brouillon, Pagou a insisté sur l’essentiel : l’engagement, l’effort et la victoire.
Une gestion humaine et lucide
Le coach n’hésite pas à reconnaître les faiblesses de son équipe. Il a parlé d’un « excès de suffisance » et d’un rythme mal maîtrisé. Cette franchise renforce son leadership : il ne cherche pas d’excuses, il assume. Mais il protège aussi ses joueurs, critique sans accabler, corrige sans humilier. C’est une gestion humaine, moderne, qui crée un climat de confiance.
Un projet qui s’inscrit dans la durée
Pagou rappelle régulièrement que son équipe est « en construction ».Il ne promet pas des miracles immédiats.Il parle de progression, de travail, de patience. Cette vision long terme est une déformation professionnelle puisque c’est ainsi en club. Elle est rare dans un environnement où la pression est permanente et où les résultats doivent souvent être immédiats. Il donne l’impression de construire match après match.
Reste à transformer cette philosophie en résultats durables.












