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JOHN BARRICK
A l'interieur de la tete du gars de Bansoa, au lieu du cerveau, c'est plutot un gros trou qui s'y trouve. Explique lui n'importe comment, c'est dans le desert que tu preches. Il faudra d'abord lui trouver un cerveau pour sa grosse tete la, apres tu lui donneras de cours sur la division administrative du pays.
A l'interieur de la tete du gars de Bansoa, au lieu du cerveau, c'est plutot un gros trou qui s'y trouve. Explique lui n'importe comment, c'est dans le desert que tu preches. Il faudra d'abord lui trouver un cerveau pour sa grosse tete la, apres tu lui donneras de cours sur la division administrative du pays.
@ John le vilain
Je vais résumer , tu dis a la fin de Akwa Nord après le quartier Sable Commence Ewodi ?
Si je m'y rend en voiture je saurais a quel moment j'entre effectivement dans Ewodi ? Pour les villages de l'ouest il y a une plaque de bienvenue !
Ewodi a un grand chef de 1 er Degré et 3 sous chefs , chef de Wouri bwele, wouri Bou et l'autre wouri ? Qui sont en fait les quartiers de Ewodi ? Et dans chaque sous village il y a des grandes familles ? Bon chez on ne définit pas le village a partir d'une famille ou des familles, mais le titre et les terres restent au descendant Garçons !
La langue parlée diffère du Douala ?
Comment êtes vous arriver et quand ?
Je vais résumer , tu dis a la fin de Akwa Nord après le quartier Sable Commence Ewodi ?
Si je m'y rend en voiture je saurais a quel moment j'entre effectivement dans Ewodi ? Pour les villages de l'ouest il y a une plaque de bienvenue !
Ewodi a un grand chef de 1 er Degré et 3 sous chefs , chef de Wouri bwele, wouri Bou et l'autre wouri ? Qui sont en fait les quartiers de Ewodi ? Et dans chaque sous village il y a des grandes familles ? Bon chez on ne définit pas le village a partir d'une famille ou des familles, mais le titre et les terres restent au descendant Garçons !
La langue parlée diffère du Douala ?
Comment êtes vous arriver et quand ?
Le 28 février vient doucement doucement. .. :-)))
Ou est le bilan? ??
Ou est le bilan? ??
Au Cameroun, l’écrivain Patrice Nganang, accusé d'outrage au chef de l'Etat, a été entendu samedi 9 décembre par les enquêteurs de la police judiciaire. L’auteur de « Temps de chien » avait été arrêté mercredi alors qu’il s’envolait pour Harare. En cause : un texte publié le 3 décembre dernier sur sa page Facebook, dans lequel il menaçait « de donner une balle exactement dans le front de Paul Biya ». L’audition de l’écrivain a duré près de quatre heures et les accusations ont sensiblement évolué.
Les enquêteurs ont informé Patrice Nganang qu’il n’était pas seulement poursuivi pour outrage au chef de l’Etat, mais également pour menaces de mort, immigration clandestine ainsi que faux et usage de faux.
Des accusations que l’écrivain, assisté de son avocat Me Emmanuel Simh, a tenté de démonter point par point. Selon son conseil, Patrice Nganang a ainsi expliqué aux enquêteurs qu’en tant qu’écrivain, il ne pouvait ni outrager ni menacer le président, car il n’y avait aucune chance qu’il se retrouve un jour face à lui et encore moins avec une arme à la main.
Les mots qu’il avait utilisés sur sa page Facebook le 3 décembre n’étaient au final, selon lui, qu’une figure de style... :-)))))
Les enquêteurs ont informé Patrice Nganang qu’il n’était pas seulement poursuivi pour outrage au chef de l’Etat, mais également pour menaces de mort, immigration clandestine ainsi que faux et usage de faux.
Des accusations que l’écrivain, assisté de son avocat Me Emmanuel Simh, a tenté de démonter point par point. Selon son conseil, Patrice Nganang a ainsi expliqué aux enquêteurs qu’en tant qu’écrivain, il ne pouvait ni outrager ni menacer le président, car il n’y avait aucune chance qu’il se retrouve un jour face à lui et encore moins avec une arme à la main.
Les mots qu’il avait utilisés sur sa page Facebook le 3 décembre n’étaient au final, selon lui, qu’une figure de style... :-)))))
Navajo boy (Cameroun) LE MORGUIER
Voici la réponse à tes préoccupations.
Exclusif ! Entretien avec le Pr. NJOH MOUELLE
Qu’est-ce qu’un sawa ?
Njoh Mouelle : À vrai dire l’appellation sawa est relativement récente. simplement Les sawas étaient désignés encore récemment comme étant des doualas. L’embrouillamini créé par l’administration coloniale dans les découpages machiavéliques des unités administratives a laissé l’impression que l’ethnie douala ne concernait que les populations enfermées dans le périmètre du département du Wouri qui se confond avec la ville de Douala. Les ethnologues n’ont pas de mal à montrer que les coutumes, les traditions, les dialectes des habitants de cet étroit périmètre de la ville de Douala sont identiques à ceux des populations plus nombreuses tout autour de Douala et peuplant les unités administratives du Nkam, notamment les ewodis et les bodimans du bas Nkam, ainsi que les mbangs du nkam nord dont le parler est quasi identique à celui des bakokos, de tout le Moungo autochtone avec ses abos, ses pongos, bakokos, balongs, bonkengs, bakakas et mbos, des bakokos de la Sanaga Maritime, des balongs, bakossis, bakweris, bakundus, etc.de la province du sud-ouest, des batangas du département de l’océan. Je ne voudrais pas que mon énumération soit considérée comme exhaustive ; elle se veut simplement illustrative. Pourquoi l’appellation sawa s’est-elle imposée récemment ? Parce qu’elle est plus intégrative géographiquement parlant, (Ces populations occupent la côte du Cameroun et les colons redoutaient cette intégration). Il faut aussi se dire que la première appellation de ces populations par le terme générique de « douala » n’était pas injustifiée ! En effet l’appellation douala renvoyait à un arbre généalogique faisant remonter à l’aîné des .quatre fils de Mbedi Mbongo, le grand ancêtre commun, à savoir Ewale’a Mbedi. Ewale qui est devenu duala à la suite des déformations crées par le colon. Tandis que les doualas de la ville de Douala ont donc comme ancêtre Ewale, tous les autres sawas dont les coutumes et les parlers (langues, dialectes) sont similaires à ceux des doualas, ont comme ancêtres les trois autres frères de Ewale qui s’appellent Bojongo’a Mbedi, Mudibe’ a Mbedi, Kole’a Mbedi. Le groupe ewodi auquel j’appartiens, par exemple, a comme ancêtre Mudibe’a Mbedi. Ewale’a Mbedi ayant été le fils aîné
Voici la réponse à tes préoccupations.
Exclusif ! Entretien avec le Pr. NJOH MOUELLE
Qu’est-ce qu’un sawa ?
Njoh Mouelle : À vrai dire l’appellation sawa est relativement récente. simplement Les sawas étaient désignés encore récemment comme étant des doualas. L’embrouillamini créé par l’administration coloniale dans les découpages machiavéliques des unités administratives a laissé l’impression que l’ethnie douala ne concernait que les populations enfermées dans le périmètre du département du Wouri qui se confond avec la ville de Douala. Les ethnologues n’ont pas de mal à montrer que les coutumes, les traditions, les dialectes des habitants de cet étroit périmètre de la ville de Douala sont identiques à ceux des populations plus nombreuses tout autour de Douala et peuplant les unités administratives du Nkam, notamment les ewodis et les bodimans du bas Nkam, ainsi que les mbangs du nkam nord dont le parler est quasi identique à celui des bakokos, de tout le Moungo autochtone avec ses abos, ses pongos, bakokos, balongs, bonkengs, bakakas et mbos, des bakokos de la Sanaga Maritime, des balongs, bakossis, bakweris, bakundus, etc.de la province du sud-ouest, des batangas du département de l’océan. Je ne voudrais pas que mon énumération soit considérée comme exhaustive ; elle se veut simplement illustrative. Pourquoi l’appellation sawa s’est-elle imposée récemment ? Parce qu’elle est plus intégrative géographiquement parlant, (Ces populations occupent la côte du Cameroun et les colons redoutaient cette intégration). Il faut aussi se dire que la première appellation de ces populations par le terme générique de « douala » n’était pas injustifiée ! En effet l’appellation douala renvoyait à un arbre généalogique faisant remonter à l’aîné des .quatre fils de Mbedi Mbongo, le grand ancêtre commun, à savoir Ewale’a Mbedi. Ewale qui est devenu duala à la suite des déformations crées par le colon. Tandis que les doualas de la ville de Douala ont donc comme ancêtre Ewale, tous les autres sawas dont les coutumes et les parlers (langues, dialectes) sont similaires à ceux des doualas, ont comme ancêtres les trois autres frères de Ewale qui s’appellent Bojongo’a Mbedi, Mudibe’ a Mbedi, Kole’a Mbedi. Le groupe ewodi auquel j’appartiens, par exemple, a comme ancêtre Mudibe’a Mbedi. Ewale’a Mbedi ayant été le fils aîné
@toguy
prof. nganang a insulte biya en pleine cellule a yaounde,vous avez meme fabrique sans honte une lettre d'excuses imaginaire parceque votre humiliation etait enorme.pour tout couronner le proces du 19 janvier a connu un abandon du sans c.ouilles biya.a ton vieux age tu oses repandre du mensonge en voulant faire croire que le noble bangangte nganang a demande des excuses au malheur du cameroun biya?sors nous cette lettre, pauvrard.tu crois que nous sommes de ta categorie de faibles laches dont les chefs peuvent donner tout leur village pour deux porcs et une dame-jeanne de vin rouge ?
quand on te lit parler du bilan de happy c'est a mourir de rires.sors nous un seul post de toi critiquant le regne de 35 ans de misere de biya ou meme un seul ou tu critiques owona obelisque.apres ca on pourra parler de 5 mois de happy.sale mangeur d'herbes.depuis quand les paresseux congenitaux jugent le travail des bamilekes locomotive dans un pays qui avance par ses wagons rouilles cad les betis.happy est la par la volonte de la CAF.toussez seulement un peu et AHMAD va vous montrer ce que les betis mangent pour etre des gros paresseux faineants.
@mvog mbi
tu ne vaux pas la peine pauvre type.en discutant avec toi je risques t'instruire un peu.c'est axactement ce que je n'aimerais pas faire.reste un faineant yaounde porteur de cartons au canada qui donne des conseils aux hommes d'affaires bamilekes.drole venant d'un animal qui vit le jour le jour et qui fini sa vie en location avec des dettes partout chez les petits boutiquiers du coin sans oublier les bars.n'oublie pas surtout de ramener ton piss pot au canada comme tout bon beti qui ne peut se lever du lit la nuit pour aller aux toilettes mais prefere faire ses besoins dans un pot comme un bebe.voila dont ton ADN decrite ici.broussard mangeur de porc.la porcherie est sale mais ce qui en sort est bien et propre pour toi et les tiens n'est ce pas?little piece of shit.
prof. nganang a insulte biya en pleine cellule a yaounde,vous avez meme fabrique sans honte une lettre d'excuses imaginaire parceque votre humiliation etait enorme.pour tout couronner le proces du 19 janvier a connu un abandon du sans c.ouilles biya.a ton vieux age tu oses repandre du mensonge en voulant faire croire que le noble bangangte nganang a demande des excuses au malheur du cameroun biya?sors nous cette lettre, pauvrard.tu crois que nous sommes de ta categorie de faibles laches dont les chefs peuvent donner tout leur village pour deux porcs et une dame-jeanne de vin rouge ?
quand on te lit parler du bilan de happy c'est a mourir de rires.sors nous un seul post de toi critiquant le regne de 35 ans de misere de biya ou meme un seul ou tu critiques owona obelisque.apres ca on pourra parler de 5 mois de happy.sale mangeur d'herbes.depuis quand les paresseux congenitaux jugent le travail des bamilekes locomotive dans un pays qui avance par ses wagons rouilles cad les betis.happy est la par la volonte de la CAF.toussez seulement un peu et AHMAD va vous montrer ce que les betis mangent pour etre des gros paresseux faineants.
@mvog mbi
tu ne vaux pas la peine pauvre type.en discutant avec toi je risques t'instruire un peu.c'est axactement ce que je n'aimerais pas faire.reste un faineant yaounde porteur de cartons au canada qui donne des conseils aux hommes d'affaires bamilekes.drole venant d'un animal qui vit le jour le jour et qui fini sa vie en location avec des dettes partout chez les petits boutiquiers du coin sans oublier les bars.n'oublie pas surtout de ramener ton piss pot au canada comme tout bon beti qui ne peut se lever du lit la nuit pour aller aux toilettes mais prefere faire ses besoins dans un pot comme un bebe.voila dont ton ADN decrite ici.broussard mangeur de porc.la porcherie est sale mais ce qui en sort est bien et propre pour toi et les tiens n'est ce pas?little piece of shit.
Quelles conséquences pour les médias ?
Certes, choquer a toujours fait partie des armes à disposition des médias pour attirer l’attention sur un sujet. La photo du vautour et de l’enfant de Kevin Carter a permis de mettre en lumière la famine au Soudan et celle du petit Aylan Kurdi de sensibiliser l’opinion au sort des migrants. Pousser à l’indignation, c’est libérer le discours.
Mais le risque aujourd’hui est que cette « technique » devienne systématique. Comme l’explique le philosophe Laurent de Sutter dans une vidéo tournée par France Culture : « L’indignation est devenue le seul mode d’expression que l’on se donne […] sans que l’on réalise par là la nécessité de redescendre sur Terre et de faire suivre ce scandale d’une action quelle qu’elle soit. »
Certes, choquer a toujours fait partie des armes à disposition des médias pour attirer l’attention sur un sujet. La photo du vautour et de l’enfant de Kevin Carter a permis de mettre en lumière la famine au Soudan et celle du petit Aylan Kurdi de sensibiliser l’opinion au sort des migrants. Pousser à l’indignation, c’est libérer le discours.
Mais le risque aujourd’hui est que cette « technique » devienne systématique. Comme l’explique le philosophe Laurent de Sutter dans une vidéo tournée par France Culture : « L’indignation est devenue le seul mode d’expression que l’on se donne […] sans que l’on réalise par là la nécessité de redescendre sur Terre et de faire suivre ce scandale d’une action quelle qu’elle soit. »
3. Enfin, on peut à terme porter préjudice aux causes dont on pensait se faire l’écho.
Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux, on a pu constater que des thématiques, relayées massivement par les médias parce qu’elles suscitaient l’intérêt du public, pouvaient se voir infliger un « retour de bâton » (backlash).
AUJOURD’HUI, LES THÈMES DE PLUS EN PLUS TRAITÉS LE SONT PRÉCISÉMENT PARCE QU’ILS FONT RÉAGIR
Théorisé par la journaliste américaine Susan Faludi, ce concept s’applique à l’origine à la lutte pour l’égalité hommes-femmes. Après une certaine avancée dans les années 1970, aux Etats-Unis, le féminisme a connu selon elle un backlash dans la décennie suivante. Dans un premier temps, la presse a massivement relayé l’image de la working girl forte et indépendante. Puis, voyant que tout n’était pas forcément plus rose dans la vie des femmes malgré certaines avancées sur le plan social, cette même presse a, selon Faludi, « retouché l’image d’une femme accomplie et déclaré : “Vous voyez, elle est malheureuse. Cela doit être parce que les femmes sont trop libérées.†»
Or, aujourd’hui le féminisme, mais aussi l’écologie par exemple, sont des thèmes de plus en plus traités, précisément parce qu’ils font réagir. Il est forcément risqué de jouer les devins, mais on peut tout de même retenir un enseignement de l’analyse de Faludi : il existe un risque, dès lors qu’une thématique devient tendance et infuse dans le discours médiatique général, de voir apparaître un backlash.
Bien avant l’arrivée des réseaux sociaux, on a pu constater que des thématiques, relayées massivement par les médias parce qu’elles suscitaient l’intérêt du public, pouvaient se voir infliger un « retour de bâton » (backlash).
AUJOURD’HUI, LES THÈMES DE PLUS EN PLUS TRAITÉS LE SONT PRÉCISÉMENT PARCE QU’ILS FONT RÉAGIR
Théorisé par la journaliste américaine Susan Faludi, ce concept s’applique à l’origine à la lutte pour l’égalité hommes-femmes. Après une certaine avancée dans les années 1970, aux Etats-Unis, le féminisme a connu selon elle un backlash dans la décennie suivante. Dans un premier temps, la presse a massivement relayé l’image de la working girl forte et indépendante. Puis, voyant que tout n’était pas forcément plus rose dans la vie des femmes malgré certaines avancées sur le plan social, cette même presse a, selon Faludi, « retouché l’image d’une femme accomplie et déclaré : “Vous voyez, elle est malheureuse. Cela doit être parce que les femmes sont trop libérées.†»
Or, aujourd’hui le féminisme, mais aussi l’écologie par exemple, sont des thèmes de plus en plus traités, précisément parce qu’ils font réagir. Il est forcément risqué de jouer les devins, mais on peut tout de même retenir un enseignement de l’analyse de Faludi : il existe un risque, dès lors qu’une thématique devient tendance et infuse dans le discours médiatique général, de voir apparaître un backlash.
Même si de nombreuses zones d’ombres subsistaient quant au contexte, un certain nombre de médias ont très vite fait le lien entre cette séquence et des épisodes passés de violences policières. Et poussé les spectateurs à s’indigner de ce que cette mise en parallèle désignait, de fait, comme « un nouvel épisode » de violence gratuite de la part des forces de l’ordre.
Même chose avec l’affaire Keaton Jones, plus récente. Le 9 décembre 2017, la mère de ce jeune garçon publie une vidéo dans laquelle, en pleurs, il explique faire l’objet de harcèlement à l’école. Très vite la toile bruisse de messages de soutien et les plus grandes stars, comme Rihanna ou Justin Bieber, lui témoignent leur affection. De très nombreux médias récupèrent ces images touchantes – et donc susceptibles de faire réagir le public – et les mettent en perspective avec le fléau, bien réel, du harcèlement à l’école. Bilan par exemple sur ce montage : 3,3 millions de vues sur Facebook.
Las, il s’agissait d’un cas typique de « canard au milkshake » : ce qui semblait au début être une histoire émouvante en cache une moins rose – le comportement du garçon n’était lui-même pas exemplaire, et des clichés de sa mère posant près d’un drapeau confédéré ont très vite ressurgi. Ce qui a poussé les mêmes médias à raconter la suite de la polémique.
2. Cela met en danger l’équilibre déjà fragile de la hiérarchie de l’information, qui finit par s’aplatir.
Ainsi la mort d’un seul lion, tué par un braconnier, finit par occulter les maux d’un pays tout entier. Et les performances acrobatiques d’un éditorialiste ou la dernière saillie ridicule du chef d’Etat américain occupent autant les esprits qu’une potentielle révolution en Iran ou l’évasion fiscale massive de multinationales bien connues. Privilégier l’indignation comme moyen d’expression, c’est finir par ne plus être en mesure de discerner l’anecdote de l’essentiel.
Même chose avec l’affaire Keaton Jones, plus récente. Le 9 décembre 2017, la mère de ce jeune garçon publie une vidéo dans laquelle, en pleurs, il explique faire l’objet de harcèlement à l’école. Très vite la toile bruisse de messages de soutien et les plus grandes stars, comme Rihanna ou Justin Bieber, lui témoignent leur affection. De très nombreux médias récupèrent ces images touchantes – et donc susceptibles de faire réagir le public – et les mettent en perspective avec le fléau, bien réel, du harcèlement à l’école. Bilan par exemple sur ce montage : 3,3 millions de vues sur Facebook.
Las, il s’agissait d’un cas typique de « canard au milkshake » : ce qui semblait au début être une histoire émouvante en cache une moins rose – le comportement du garçon n’était lui-même pas exemplaire, et des clichés de sa mère posant près d’un drapeau confédéré ont très vite ressurgi. Ce qui a poussé les mêmes médias à raconter la suite de la polémique.
2. Cela met en danger l’équilibre déjà fragile de la hiérarchie de l’information, qui finit par s’aplatir.
Ainsi la mort d’un seul lion, tué par un braconnier, finit par occulter les maux d’un pays tout entier. Et les performances acrobatiques d’un éditorialiste ou la dernière saillie ridicule du chef d’Etat américain occupent autant les esprits qu’une potentielle révolution en Iran ou l’évasion fiscale massive de multinationales bien connues. Privilégier l’indignation comme moyen d’expression, c’est finir par ne plus être en mesure de discerner l’anecdote de l’essentiel.
Parce que leur morphologie s’est adaptée aux contraintes du réseau social, ces contenus sont incontestablement plus « efficaces » que leurs prédécesseurs pour capter l’attention de l’internaute. Mais ils incarnent aussi une nouvelle logique : celle qui vise en priorité à être liké, commenté et partagé directement sur le réseau social, davantage qu’à être lu sur un site tiers.
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université Yale, l’indignation est le carburant de ces réseaux sociaux, qui « exacerbent la façon dont on [l’]exprime, en gonflant les stimulus déclencheurs, en réduisant son coût et en amplifiant les bénéfices personnels que l’on en tire ». En clair, s’indigner en ligne, c’est flatter son ego en collectionnant les likes et les cœurs.
Pour les producteurs de contenus, le plus infaillible est donc de parler de ce qui peut énerver le lecteur : « les clichés sexistes dans les pubs », les réactions à une énième ineptie de Donald Trump, les « énormités proférées dans les médias » par les signataires d’une tribune parue dans Le Monde, un montage larmoyant montrant les militants écologistes assassinés en 2017…
Une tendance qui présente des risques
Comme le note le Financial Times, ce phénomène peut conduire à une forme de surenchère continue. Mais on peut discerner au moins trois autres conséquences :
1. D’abord, on fait des raccourcis.
C’est ce que décrivent la sociologue Sarah Sobieraj et le professeur de sciences politiques Jeffrey Berry dans The Outrage Industry : Political Opinion Media and the New Incivility, paru en 2014. Dans leur ouvrage, les auteurs prennent l’exemple d’une vidéo montrant un policier arrosant des manifestants de bombe au poivre dans le cadre du mouvement Occupy Wall Street, en 2011.
Même si de nombreuses zones d’ombres subsistaient quant au contexte, un certain nombre de médias ont très vite fait le lien entre cette séquence et des épisodes passés de violences policières. Et poussé les spectateurs à s’indigner de ce que cette mise en parallèle désignait, de fait, comme « un nouvel épisode » de violence gratuite de la part des forces de l’ordre.
Même chose avec l’affaire Keaton Jones, plus récente. Le 9 décembre 2017, la mère de ce jeune garçon publie une vidéo dans laquelle, en pleurs, il explique faire l’obje
Or rien ne provoque mieux cet effet que l’indignation. Comme le relève Molly Crockett, professeure en psychologie à l’université Yale, l’indignation est le carburant de ces réseaux sociaux, qui « exacerbent la façon dont on [l’]exprime, en gonflant les stimulus déclencheurs, en réduisant son coût et en amplifiant les bénéfices personnels que l’on en tire ». En clair, s’indigner en ligne, c’est flatter son ego en collectionnant les likes et les cœurs.
Pour les producteurs de contenus, le plus infaillible est donc de parler de ce qui peut énerver le lecteur : « les clichés sexistes dans les pubs », les réactions à une énième ineptie de Donald Trump, les « énormités proférées dans les médias » par les signataires d’une tribune parue dans Le Monde, un montage larmoyant montrant les militants écologistes assassinés en 2017…
Une tendance qui présente des risques
Comme le note le Financial Times, ce phénomène peut conduire à une forme de surenchère continue. Mais on peut discerner au moins trois autres conséquences :
1. D’abord, on fait des raccourcis.
C’est ce que décrivent la sociologue Sarah Sobieraj et le professeur de sciences politiques Jeffrey Berry dans The Outrage Industry : Political Opinion Media and the New Incivility, paru en 2014. Dans leur ouvrage, les auteurs prennent l’exemple d’une vidéo montrant un policier arrosant des manifestants de bombe au poivre dans le cadre du mouvement Occupy Wall Street, en 2011.
Même si de nombreuses zones d’ombres subsistaient quant au contexte, un certain nombre de médias ont très vite fait le lien entre cette séquence et des épisodes passés de violences policières. Et poussé les spectateurs à s’indigner de ce que cette mise en parallèle désignait, de fait, comme « un nouvel épisode » de violence gratuite de la part des forces de l’ordre.
Même chose avec l’affaire Keaton Jones, plus récente. Le 9 décembre 2017, la mère de ce jeune garçon publie une vidéo dans laquelle, en pleurs, il explique faire l’obje

