Nkono : « Buffon a toujours été un gardien tranquille »

FIFA

A 38 ans, Gianluigi Buffon a écrit une nouvelle page de sa légende en battant le record d’invincibilité en Serie A pour un gardien. Au coup d’envoi du derby face au Torino, remporté 1:4 par la Juventus ce dimanche 20 mars, le champion du monde 2006 n’avait besoin que de trois minutes de tranquillité pour égaler les 929 minutes de Sebastiano Rossi dans les années 1990. Au final, le portier des Bianconeri a hissé la barre à 974 minutes, moment où il dû s’incliner face à Andrea Belotti sur penalty.

Le 24 mars 2016
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Comme nous vous le rappelions récemment, une légende en cache souvent une autre et l’Italie aurait pu ne jamais voir Buffon faire une telle carrière et disputer cinq Coupes du Monde de la FIFA - un exploit que seuls trois joueurs ont réussi dans l’histoire- si le jeune Gianluigi n’avait pas vu naître sa vocation pour son poste en voyant les exploits du Camerounais Thomas Nkono lors d’Italie 1990.

Pour FIFA.com, le mythique portier des Lions Indomptables, qui entraîne aujourd’hui les gardiens de l’Espanyol Barcelone, confie sa fierté d’avoir inspiré un tel phénomène.

Thomas Nkono, quel sentiment cela vous procure-t-il d’être l’idole un tel gardien ?

C’est un honneur pour moi d’avoir inspiré un joueur qui a donné tant de joie aux amoureux du football, et d’avoir influencé sa carrière. J’ai aussi un grand sentiment de fierté d’avoir ouvert la voie à beaucoup de gardiens en Afrique, d’avoir démontré qu’il était possible de réussir au plus haut niveau.

Aviez-vous une idole étant enfant ? Qui était votre Thomas Nkono à vous ?

Je n’avais pas vraiment d’idole. J’ai entendu parler à la radio de joueurs légendaires comme Lev Yashin, Ricardo Zamora… ou d’autres gardiens plus récents. Mais au Cameroun, on n’avait pas la possibilité de voir les images. Donc c’était surtout mon imaginaire qui travaillait. J’ai appris à jouer dans la rue et mes premières vraies séances d’entraînement m’ont été données par Vladimir Beara, ancien gardien de la Yougoslavie, quand il est arrivé à la tête de l’équipe nationale camerounaise. Le talent, je l’avais en moi mais c’était la première fois que je faisais un véritable travail spécifique pour mon poste.

Pouvez-vous nous raconter votre première rencontre avec Buffon ?

J’ai eu la chance de le côtoyer à plusieurs reprises. La première fois, c’était en Italie quand il commençait sa carrière à Parme. Je pense qu’il était surpris de me voir. À l’époque, je n’avais pas conscience de ce que je représentais pour lui. Je l’ai revu à la Coupe du Monde 1998 où je suis allé en tant qu’entraîneur des gardiens de mon pays. J’en ai profité pour l’inviter à mon jubilé, au Cameroun. C’était la première fois qu’il venait en Afrique. Depuis, on est resté en contact et on s’échange des messages pour les grandes occasions. Il a appelé son fils Thomas en mon honneur. J’ai été surpris de cette décision, mais ça m’est allé droit au cœur !

Que pouvez-vous nous dire sur le style de Buffon ?

Pour moi, il symbolise parfaitement l’évolution du poste suite au changement du règlement interdisant de prendre à la main les passes en retrait. Il fait partie de ceux qui excellent dans la compréhension du jeu qui est nécessaire quand on joue avec une défense avancée. Il est l’emblème d’une génération qui a fait progresser ce poste. Buffon a toujours été un gardien tranquille, pas forcement très spectaculaire mais terriblement efficace. Surtout aujourd’hui avec l’expérience, il est beaucoup plus sobre et efficace dans tout ce qu’il fait. Il n’y a pas de grande équipe sans grand gardien. Il a toujours su gérer la pression dans des grandes équipes qui étaient là pour gagner. Pour moi, c’est normal qu’il soit là où il est aujourd’hui. Les gardiens ont cette malchance qu’on regarde toujours plus ceux qui marquent des buts, mais pour moi Buffon fait partie des meilleurs joueurs du monde et il a sa place parmi les plus grands gardiens de l’histoire.

Vous reconnaissez-vous parfois en lui ?

Peut-être dans la tranquillité, dans cette faculté à relativiser les choses. Mais c’est la seule chose que je vois. Moi, j’étais beaucoup plus agile et bondissant.

Qu’avez-vous avez envie de lui dire aujourd’hui ?

De se faire plaisir, tout simplement, parce que parfois on ne se rend pas bien compte de la chance quand on est proche de la fin. Ça arrivera en son temps, mais en attendant il doit profiter à fond de cette carrière particulièrement glorieuse. Pour la suite, peut-être qu’il trouvera cet amour de transmettre ses connaissances aux jeunes générations, comme j’ai eu la chance de le faire en devenant entraîneur. Je ne sais pas quelle est sa vocation par rapport à ça, mais on ne peut jamais savoir à l’avance. J’ai pas mal d’amis qui ne se voyaient pas faire ça, mais qui par la suite sont devenus de grands entraîneurs.


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