Invaincus à domicile depuis six mois, et sans défaite depuis onze matches au Moustoir, Avom et Lorient rêvaient d’une première demi-finale depuis une décennie. Le scénario s’est brutalement assombri juste avant la pause : Pablo Pagis, emporté par son engagement, était expulsé à la 43e minute, laissant les siens à dix pour plus d’une mi-temps.
Comme si cela ne suffisait pas, le capitaine Laurent Abergel quittait les siens sur blessure peu après l’heure de jeu (57e). Deux coups de massue. Deux raisons de céder. Lorient a pourtant refusé de plier. Compact, discipliné, solidaire, le bloc breton a opposé une résistance farouche à des Niçois longtemps stériles.
Nice en supériorité… mais sans idées
En face, l’OGC Nice, en quête de rachat dans une saison irrégulière, n’a jamais su transformer son avantage numérique en domination réelle. L’option Tanguy Ndombele en pointe n’a pas apporté la verticalité attendue, et les Aiglons ont confondu maîtrise et lenteur.
Le match s’est résumé à une succession de duels, de dures collisions, d’interruptions hachées. Une bataille plus qu’une partie de football. La statistique résume l’ennui : zéro tir cadré en 120 minutes. Une anomalie à ce niveau de compétition.
Les seules frayeurs sont venues d’éclairs isolés. Morgan Sanson, idéalement servi par Jonathan Clauss, manquait sa tête à bout portant. Dante Carlos, lui aussi, voyait la sienne passer au-dessus. Trop peu pour faire vaciller des Merlus héroïques.
La séance bascule dans la folie
Tout s’est donc joué dans l’exercice cruel des tirs au but. Nice, déjà vainqueur dans cet exercice face à Nantes au tour précédent, a pourtant démarré de la pire des manières. Un penalty à retirer, puis manqué par Bernardeau. Louchet expédiait ensuite sa tentative hors cadre. Lorient menait 3-1 : le Moustoir exultait.
Mais la Coupe adore les retournements. Soumano butait sur le gardien niçois Diouf. Avom Ebong trouvait l’équerre. En quelques minutes, les certitudes bretonnes s’effondraient. L’égalisation était là.
À 5-4 pour Lorient, Faye croyait redonner l’avantage définitif aux siens. Diouf touchait la barre, la tentative était à retirer, et le Lorientais transformait sa seconde chance sans trembler. Le suspense devenait insoutenable.
Puis vint l’instant fatal. À 6-5 pour Nice, Meïté s’avançait. Sa frappe, trop molle, manquait de conviction. Diouf plongeait du bon côté et repoussait. Silence glacial au Moustoir. Les Aiglons pouvaient exulter.
Nice sauve sa saison
Dans un match fermé, presque étouffant, Nice n’a pas brillé. Mais Nice a survécu. Et parfois, en Coupe, cela suffit. Les Aiglons rejoignent le dernier carré et s’offrent une bouffée d’oxygène dans une saison jusque-là frustrante.
Lorient, lui, quitte la compétition la tête haute. Réduits à dix, privés de leur capitaine, les Merlus ont frôlé l’exploit. La cruauté des tirs au but leur rappelle simplement que la Coupe ne pardonne rien — pas même l’héroïsme.












