Veuillez svp désactivez votre bloqueur de publicité pour voir cette page

Lettre à ma conscience

Les avis partagés dans cette section ne réflètent en aucun cas ceux de la rédaction de Camfoot.

« Le pouvoir, il n’est pas sérieux. On y entre avec des lauriers, et on en sort humilié, et entre temps on n’en déguste jamais les délices à notre aise », me disait ma grand-mère. Si seulement j’avais pris la peine de mieux comprendre sa déclaration, je ne serai très certainement pas arriver dans la situation actuelle. Comment, moi qui ai reçu une éducation stricte sur le respect de la valeur humaine et le respect d’autrui me suis retrouvé dans le cercle très fermé des hommes dont les amoureux du ballon rond veulent la tête à tout prix ?

Le 19 juillet 2012
commentaires

Tu (ma conscience) hantes mon esprit tous les jours avec cette question. Personnellement, je ne puis te donner une réponse juste. Tout ce que je sais, c’est que je reconnais avoir commis des erreurs. Oui, en ma qualité de membre de l’équipe dirigeante du football de mon pays, j’ai brisé l’avenir des certains de mes concitoyens. C’est pour cette raison que je t’écris en ce jour afin que tu m’aides à mieux comprendre les choses.

La semaine dernière, j’étais de passage à Famkeu dans la Région de l’Ouest-Cameroun. Mon chemin a croisé celui des jeunes qui jouaient dans la boue. Je me suis dit qu’ai-je fait ? Pourquoi n’ai-je pas encouragé « mon fils » Samuel Eto’o a construire son centre de formation de football au bercail ? Au moins, il aurait sorti ces jeunes de la précarité. Je suis allé très loin en estimant qu’il ne méritait plus de jouer dans notre équipe nationale. Au lieu d’encourager l’équipe dirigeante à construire le football dans notre pays, j’ai été de ceux qui ont plutôt pillé les fonds à lui réservé. J’ai primé la corruption sur la méritocratie.

L’autre jour, j’étais au stade de la Réunification de Douala pour voir le match Botafogo contre Tonnerre Kalara Club de Yaoundé comptant pour la deuxième journée de la phase retour du championnat national de deuxième division MTN Elite Two. J’ai coulé des larmes sans le savoir. Il y avait à peine 100 spectateurs au stade. Preuve qu’on ne peut vendre notre football en ce moment. Il pleuvait abondamment. Je me suis abrité à la tribune. A un moment donné, j’ai eu peur que la toiture de la « tribune présidentielle » ne tombe sur moi. Comment pouvais-je avoir peur de mourir dans un stade de football alors que moi-même était censé participer activement à la construction des infrastructures sportives dans mon pays ? À regarder les acteurs du match mouiller le maillot sur la pelouse, je me suis dit : « pauvres gamins. Ils se battent comme des valeureux Lions alors que c’est nous qu’ils enrichissent » Quand j’ai pensé que pour la récupération de l’énergie ainsi dépensée certains mangeront des beignets-haricots, d’autres mangeront le tapioca mouillé je me pose la question de savoir pourquoi moi je n’ai pas démissionné d’équipe dirigeante du football de mon pays de sitôt.

« Démissionner ». Chose vraiment étrange que ce petit mot ne puisse pas exister dans notre jargon. Ne dit-on pas souvent au quartier que « quand ça te dépasse, laisse seulement ? » Je ne pouvais pas laisser. Je me cachais aussi tout comme les autres membres de l’équipe dirigeante derrière les nombreuses victoires des Lions Indomptables pour dire que notre football se portait très bien. Qu’ai-je vraiment fait pour le développement du football dans mon pays alors que le peuple opprimé m’a fait confiance ? Des gens ont cru en moi et que suis-je entrain de faire pour les remercier ? Aides-moi s’il te plait. J’ai besoin de comprendre ce qui m’arrive. Aides-moi s’il te plait. J’ai l’impression que le football de mon pays est en ruine. Il se meurt.

L’empereur Britanikus Zendé


REAGIR À L'ARTICLE

Vos commentaires

  • Le 20 juillet 2012 à 19:24, par katalyseur En réponse à : Lettre à ma conscience

    Ca fait mal de vous lire, mais tout est vrai dans ce que vous dites. Juste une petite suggestion : vous pouvez aller plus loin, une chronique, un editorial, un essaie, une brochure ou tout simplement des notes de lecture dans le sport, la culture, la politque, l’education, les moeurs etc... Felicitation pour l’idee.

    Répondre à ce message

  • Le 19 juillet 2012 à 11:03, par Olivier En réponse à : Lettre à ma conscience

    Correction des fautes du post précédent

    Mon cher ami L’empereur Britanikus Zendé,

    Bonne idée ta lettre à ta conscience. Bonne orientation et organisation des idées mais surtout bonne argumentation. Bien que tu aurais pu les multiplier, les quelques exemples cités sont simples, précis, touchant. Bref on en ressort assez emu, triste, dépité et écoeuré... Hélas, c’est tout simplement le tableau de la réalité .

    Ils (les dirigeants du football Camerounais) ont détruit au lieu de construire. Ils ne se sont que préoccupés de leur poche au lieu de redistribuer les retombés aux principaux acteurs que sont les joueurs locaux.

    Ils ont tué tout ce qui pouvait etre la poule au d’or. Ton exemple sur l’histoire du centre sportif de Samuel Eto’o en est la parfaite illustration. Ils ne l’ont pas encouragé à construire dans son propre pays. Qu’y gagnaient ils à l’immédiat ? Qu’est ce qui rentrait dans leur poche comme commissions ou pourboires ? Rien. Construire un centre au cameroun ne servait qu’aux enfants des autres, pas à leur enfant qui ne sont pas footballeurs bien sur.

    Ont’ils pensé un seul instant que ces enfants là, une fois bien formés, leur aurait apporté, par leur prestation, un peu de fierté, cette joie d’etre Camerounais, ce baume au coeur qu’on n’achéte pourtant pas ?

    Non, cette génération de dirigeants non visionnaires, sans projets ni idées d’avenir pour nos jeunes frères et enfants ont poussé Samuel Eto’o à aller investir ailleurs que chez lui. Finalement c’est le Gabon qui beneficiera de la bonté de coeur, du savoir faire, des relations dans le monde du foot et des ressources technico-financiares de Samuel Eto’o à travers le centre de formation qu’il y a construit.

    Triste pays, pauvre Cameroun...

    Mon cher ami L’empereur Britanikus Zendé, je crains que ta conscience ne puisse etre en mesure de réagir. Car les dirigeants du football Camerounais n’ont pas endormi leur conscience, ils ont fait pire....

    Ceux qui dirigent notre football ont en effet tué leur conscience.

    Ils ont sacrifié leur conscience, ou du moins ce qui en restait jusqu’au debut des années 2000 , à l’autel de l’avidité, de la cupidité, du clientélisme, du tribalisme, du vol d’argent tout azimut, du moi d’abord et les générations après moi on s’en fout.

    Ne leur demande surtout pas de démissioner, ni d’avoir honte. Car démissioner est un mot qu’on a retiré du vocabulaire de cette génération d’inconscients, de cette génération de mon compte bancaire avant tout et ceci il y a bien longtemps de cela.

    Merci pour ta lettre à ta conscience. Si seulement elle pouvait arriver ...à ta conscience !!!

    Répondre à ce message

  • Le 19 juillet 2012 à 10:36, par Olivier En réponse à : Lettre à ma conscience

    Mon cher ami L’empereur Britanikus Zendé,

    Bonne idée ta lettre à ta conscience. Bonne orientation des idées mais surtout bonne argumentation. Des exemples simples, précis, touchant. Bref on en ressort assez emu, triste... C’est le tableau de la réalité tout simplement.

    Helas, ils (les dirigeants du football Camerounais) ont détruit au lieu de construire. Ils ne sont que constamment préoccupés de leur poche au lieu de redistribués aux principaux acteurs, les joueurs. Ils ont tués tout ce qui pouvait etre la poule au d’or.

    Ton exemple sur l’histoire du centre sportif de Samuel Eto’o, qu’ils n’ont pas encouragé à construire dans son propre pays, est la parfaite illustration de cette generation de dirigeants non visionnaires, sans projets ni idées d’avenir pour nos jeunes frères et enfants. Finalement c’est le Gabon qui beneficie de la bonté de coeur, du savoir faire, des relations dans le monde du foot et des ressources technico-financiares de Samuel Eto’o.

    Triste pays...

    Je crains que ta conscience ne puisse reagir. Car les dirigeants du football Camerounais n’ont pas endormi leur conscience, ils ont fait pire.... Ceux qui dirigent notre football ont tué leur conscience.

    Ils ont sacrifié leur conscience, ou du moins ce qui en reste, à l’Hotel de l’avidité, de la cupidité, du clientelisme, du vol d’argent, du moi d’abord et après moi on s’en fout.

    Ne leur demande pas de démissioner. C’est un mot qu’on a retirer du vocabulaire de cette génération d’inconscients.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

La Chronique de Léon