La Nouvelle‑Zélande revient en Coupe du monde pour la troisième fois seulement, mais avec une ambition claire : atteindre enfin les huitièmes de finale. Portés par un groupe plus professionnel que jamais, un style de jeu affirmé et l’expérience de Chris Wood, les All Whites savent qu’ils arrivent comme l’équipe la moins bien classée du tournoi… mais pas comme une équipe résignée. Dans un Groupe G relevé avec la Belgique, l’Égypte et l’Iran, ils veulent jouer leur chance à fond.
Une équipe transformée depuis 2010
Les All Whites ont décroché leur billet en dominant la zone Océanie, comme souvent, mais la comparaison avec l’équipe de 2010 s’arrête là. Depuis l’époque des semi‑professionnels, la sélection a profondément évolué : joueurs mieux formés, plus expérimentés, plus exposés aux championnats européens.
Le sélectionneur Darren Bazeley, qui a dirigé plusieurs générations néo‑zélandaises, estime que le groupe est « dans un excellent état d’esprit », mélangeant jeunes talents et cadres aguerris.
Le défi reste immense : la Nouvelle‑Zélande est 85e mondiale, loin derrière la Belgique (9e), l’Égypte (29e) et l’Iran (21e). Mais l’ancien international Paul Ifill le dit sans détour : « Cette équipe est largement supérieure à celle de 2010. »
Un jeu basé sur la possession… mais à adapter
Bazeley aime que son équipe garde le ballon. Cette approche a fonctionné en qualifications, mais elle sera mise à rude épreuve face à des adversaires plus techniques et plus rapides.
Depuis leur qualification, les dix matchs amicaux ont montré les limites du projet : un nul encourageant contre la Norvège (sans Haaland), mais sept défaites, dont deux face à l’Australie. La préparation de mars a résumé cette irrégularité : un 2‑0 terne contre la Finlande, suivi d’un superbe 4‑1 contre le Chili, première victoire de l’histoire contre une nation sud‑américaine.
Chris Wood, le capitaine indispensable
Chris Wood est l’un des deux survivants de l’épopée 2010. À 89 sélections et 45 buts, il est l’âme de cette équipe : capitaine, meilleur buteur, repère offensif.
Sa saison 2024‑25 en Premier League l’avait placé parmi les meilleurs buteurs du championnat avant une grave blessure au genou. Sa forme physique conditionnera une grande partie des ambitions néo‑zélandaises.
« Tout dépendra de sa capacité à être à 100 % », rappelle Paul Ifill.
Une domination totale en Océanie
La qualification a été une formalité : 14 victoires, 1 nul, 4 buts encaissés, 64 marqués lors des 15 derniers matchs contre des équipes de la confédération. Un gouffre s’est creusé entre la Nouvelle‑Zélande et ses voisins du Pacifique.
Mais ce confort disparaît au Mondial, où les All Whites devront défendre bas, souffrir, puis exploiter chaque transition.
Darren Bazeley, un bâtisseur patient
Né à Northampton, ancien défenseur de Watford, Wolves et Walsall, Bazeley a passé l’essentiel de sa carrière d’entraîneur en Nouvelle‑Zélande. Il connaît chaque joueur, les a formés dans les catégories jeunes, et a façonné une identité claire.
Il deviendra à Los Angeles le premier coach à avoir dirigé la Nouvelle‑Zélande aux Jeux olympiques, en U17, U20 et en Coupe du monde.
Eli Just, la révélation venue d’Écosse
Eli Just sort d’une saison exceptionnelle en Écosse : • joueur de l’année de Motherwell • joueur de l’année de la PFA • membre de l’équipe‑type du championnat
Milieu offensif vif, intelligent, imprévisible, il est décrit comme « brillant » par son capitaine Paul McGinn. Beaucoup le voient déjà dans un club plus huppé.
Joe Bell, le métronome discret
Joe Bell n’aime pas la lumière, mais il est essentiel. Milieu complet, solide dans les duels, propre dans la relance, il est l’un des joueurs les plus fiables de Viking FK en Norvège. Il a même porté le brassard en l’absence de Wood.
Des supporters peu nombreux mais bruyants
Les distances et les coûts limiteront les déplacements, mais le groupe de fans « The Flying Kiwis » sera présent. Environ 500 supporters feront le voyage, déterminés à se faire entendre.
« On nous voit comme un pays de rugby, ou comme des hobbits. Tant mieux : on arrive en outsiders, sans peur », résume un membre du groupe.










