En zone mixte du Stade Moulay El Hassan de Rabat, mercredi soir, Gabrielle Aboudi Onguene a offert une réaction. Elle n’a absolument pas cherché à cacher ses émotions. La capitaine des Lionnes Indomptables avait un temps songé à raccrocher après la désillusion de la CAN 2022. Elle vit avec cette qualification pour la finale l’un des moments les plus forts de sa carrière internationale. Devant les micros, elle est revenue sur le parcours accompli par une équipe repêchée, sur l’arrêt décisif de Michaely Bihina en prolongation, et sur ce qui attend désormais le Cameroun face au Malawi.
Visiblement heureuse et portée par l’ampleur de ce qui venait de se jouer, la réaction de Aboudi Onguene, 37 ans, était sincère. Son soulagement, sa gratitude envers ses coéquipières l’ont rendu lucide sur le défi qui attend désormais le Cameroun en finale. Voici l’intégralité de ses propos, recueillis en zone mixte à l’issue de la rencontre.
Comme je le disais hier en conférence, on avait atteint notre objectif Coupe du monde sachant d’où on venait, une équipe repêchée… On ne voulait pas trop manger mais on s’est retrouvé en demi-finale.
On savait qu’on devait jouer contre tout un pays. On savait que ça devait être un match difficile. Il fallait juste, comme je le disais encore en conférence, respecter les consignes des coachs. Ce qui a été fait parfaitement par mes coéquipières. Aujourd’hui, nous sommes en finale. De repêchées en finale…
Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on ne joue pas la finale ? Elle est programmée, nous allons la jouer.
Quand Michaely a enlevé ce penalty en prolongations, je savais d’emblée qu’on allait gagner ce match parce qu’en allant au tir au but, psychologiquement, elles savaient qu’on avait une gardienne en face qui pouvait enlever tous les penalties. Donc moi, quand le penalty a été raté, j’ai su que Dieu s’est tourné vers nous et nous le remercions.
Le Malawi, moi je vous le dirai encore, elles sont favorites parce que pour une première Coupe d’Afrique, se qualifier à une finale… C’est très bonne équipe, qu’on ne se le mente pas. Pour cette finale, elles sont favorites pour moi, je le pense. Maintenant je ne sais pas comment nous allons jouer. Ce qui est sûr, nous devons jouer cette finale. C’est vrai que l’objectif est atteint et l’objectif déborde. Nous ne pouvons que continuer à donner du plaisir aux Camerounais.
Ce sera ma 3e ou 4e finale. Je crois que la dernière remonte à 2016 au Cameroun. Je ne peux qu’être contente et je ne peux que dire merci à mes coéquipières. Elles nous font rêver.
Aux supporters, franchement, il n’y a pas de mot. Je sais que beaucoup n’ont pas cru en nous. Nous sommes Camerounais, on sait. Vous savez, les Camerounais, c’est comme ça. Les Camerounais aiment ce qui est bien. Quand ça ne devient pas bien, ils nous tapent dessus et nous, on comprend ça. Et on ne va pas manquer de leur dire merci pour le soutien. On sait qu’on leur donne du plaisir, on sait qu’on leur donne de l’espoir. On sait que pour le moment, on leur fait oublier leurs petits soucis et nous allons continuer dans la même lancée.











