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Foot féminin

Dorette Elangue Etémé : « Je serai à la Coupe du monde 2019. Avec le Cameroun ? »

Dorette, le foot féminin en bandoulière

Camfoot

Camfoot se met au féminin. Dans quelques mois en effet, la France accueillera les Lionnes indomptables qualifiées pour leur deuxième Coupe du monde d’affilée, elles qui restent sur un huitième de finale. L’occasion de faire parler les acteurs et actrices de ce football, de mettre en avant des serviteurs qui ont fait l’histoire. Premier portrait, Dorette Elangué Etémé, entraîneure de l’AS Poissy, membre de la commission technique du district des Yvelines et qui a le foot féminin en bandoulière.

Le 9 janvier 2019
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Surtout ne pas se fier à la douceur de sa voix et son sourire angélique au moment où vous la rencontrez. Une fois sur le terrain, Dorette Elangue Etemé se métamorphose, donne de la voix, interrompt la séance, recadre ses joueuses, donne des instructions à son adjoint. L’ancienne Lionne indomptable, désormais à entraîneure à Poissy (Régional 2) s’amuse elle-même de ce paradoxe : « c’est le hemlé que j’essaie de transmettre, nous confie-t-elle. Sur le terrain, on doit donner tout et s’appliquer dans chaque geste. Comme j’ai un groupe de jeunes filles, je dois faire attention à ce qu’elles ne s’écartent pas trop de nos objectifs. »

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Désormais entraîneure principale de la section féminine de football de Poissy, Dorette n’en oublie pas les valeurs collectives et la fidélité qu’elle accole au football. C’est d’abord une affaire de famille, « j’ai commencé le foot avec mes frères. Je suivais tout le temps mon grand frère quand il allait jouer avec ses amis. Un jour, il est rentré à la maison et m’a dit qu’il y avait une équipe féminine qu’il avait repérée et c’est comme ça que j’ai commencé à jouer en club. ». Recrutée quelques mois plus tard au Canon de Yaoundé par Atangana Louis de Gonzague (un véritable père), elle y trouve celles qui deviendront des « sœurs. Nous étions quatre jeunes parmi l’effectif du Canon à cette époque et nous étions tout le temps ensemble : Antoinette Anounga, Bernadette Anong et Mireille Ambada Mballa. Nous avons fait nos classes ensemble, jusqu’à l’équipe nationale et nous ne sommes plus quittées. »

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L’équipe nationale... à l’évocation du maillot vert-rouge-jaune, son visage s’éclaire. « C’était une fierté d’avoir été appelée, surtout que comme j’étais jeune, peu de gens pensaient que j’en serais. Mais, j’ai donné tout ce que j’avais et le coach me connaissait depuis l’époque du Canon. » Ce sera les premiers tournois, les premiers résultats et un départ pour la France, où elle évolue principalement à Marseille et au Paris SG, qu’elle a intégré suite à un essai où le coach a été impressionné par sa puissance. Un beau parcours qu’elle termine à l’AS Poissy. Alertée par les blessures et privilégiant un parcours de reconversion, Dorette Elangué Etémé intègre ce club de l’Ouest parisien. Comme joueuse dans un premier temps, puis dans l’encadrement. A la tête de l’effectif B la saison dernière, elle hérite du groupe principal cette année avec un projet basé sur la jeunesse, et ce d’autant que le grand club d’à côté le Paris SG a réduit son nombre d’équipes et libéré des joueuses.

A mi-saison, son bilan est positif avec une quatrième place, qui laisse encore entrevoir une montée en fin de saison qui permettrait de retrouver le plus niveau régional. Une étape vers ce qui est le rêve secret de Dorette, évoluer dans une division nationale. « Ce n’est pas toujours facile, le reconnaît-elle. C’est une question de budget et c’est toute une organisation. Je le vois avec l’équipe masculine, qui évolue en Nationale 3. Les trajets sont longs et coûteux. » Mais pas question, sous les questions du reporter de se comparer aux garçons, elle qui porte le football féminin en bandoulière. Incollable sur des générations de joueuses, elle siège également à la commission technique du district des Yvelines. Sur les terrains, elle reconnaît, interpelle comme ce monsieur qui entraînait des filles et s’occupe d’une équipe masculine maintenant, « ce n’était qu’une année, la rassure-t-il. »

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Au moment de son jubilé, elle décide une fois de plus de faire la réunion, de la vivre collectif. « je voulais que nous puissions nous retrouver, nous de toutes les générations du football camerounais. C’est pour ça que j’ai choisi de le faire ici dans mon club et au Cameroun. J’ai eu les joueuses de la première génération médaillée de la CAN, et je voulais remercier tous ceux qui m’ont aidée dans mon parcours. » Alors reviennent tout de suite les noms de ses sœurs et partenaires, Anounga Antoinette, arbitre aux Etats-Unis, Anong Bernadette qui est dans le staff des Lionnes indomptable, Ambada Mballa Mireille, qui est dans l’administration de Association Nationale des Footballeuses du Cameroun. Dorette est prolixe quand elle parle de ces journées, « de nos retrouvailles, il fallait déjà que ressorte quelque chose, et comme Paris est assez central, on a envie de faire des choses, de montrer que nous savons faire des choses. Ça semble logique pour tout le monde que l’entraîneur de la sélection soit un homme. Sans vouloir remettre la place de qui que ce soit en jeu, il est logique qu’on commence à penser à des femmes pour encadrer les sélections. Il y en a et de grande qualité. » Et de citer les noms de ses collègues. « Il y a Rigoberte Mbah, qui entraîne en Régionale 2 en Normandie et a un projet de match le 9 mars à Rouen avec son association les Mordues du foot féminin. Hortense Tchami, sœur des internationaux garçons, entraîne à Nantes et passe ses diplômes, Larissa Zoua est à Sens et Sylvie Kafoui qui est en Suisse. »

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Quand on évoque le Cameroun et la prochaine Coupe du monde qui aura lieu en France, Dorette Elangué Etémé ne se cache pas non plus. « La fédération a mon dossier, à chacun de mes séjours je passe, je fais des séances avec les filles. Je suis ouverte, je connais le terrain et ce serait avec plaisir que je servirais. Ce qui est sûr, c’est que je serai dans les dispositifs de la Coupe du monde, mais j’avoue que mon plaisir serait décuplé si c’était au service du pays. »


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