2- Conciliabule
Pendant dix (10) minutes, les policiers se concertent. Nitcheu et ses activistes aussi chuchotent et élaborent rapidement des stratégies. Paul Biya, le président du Cameroun, est certainement à des milliers de kilomètres. Mais pour Nitcheu et ses lieutenants, il est là , couché à leurs pieds, menottes aux poings. Et son sort se trouve entre les mains de la police britannique. Apres leur conciliabule, le chef de la police appelle Nitcheu et lui signifie que la pendaison ne sera pas autorisée, au regard de la constitution britannique qui est contre la peine de mort. Nitcheu a beau rappeler qu’il s’agit d’un geste symbolique, rien n’y fait. Il brandit alors le Code pénal camerounais, qui prévoit la peine de mort avec exécution sur la place publique. Les policiers ne veulent rien entendre, et font valoir que les manifestants se trouvaient sur le territoire britannique, et qu’une pendaison, même symbolique sur la place publique non seulement va a l’encontre des règles en Grande-Bretagne, mais que les passants pourraient ne pas supporter de voir un homme pendu dans la rue.
Pendant ce temps, les gens accourent pour comprendre. Le jeune Chanderlain Nana remet à Biya ses lunettes qui traînaient par terre. “ Il a des problèmes de vue †dit-il. “ Il faut bien qu’il voit sa pendaison †conclu t-il. Le statu quo dure deux heures d’horloge sans compromis. Il est 14 heures. C’est l’heure prévue pour la fin de la manifestation. La police exige donc aux manifestant d’évacuer les lieux. Les activistes remettent le condamné dans la voiture, et se dispersent par petits groupes. La police est convaincue que c’est fini, et libère les lieux.
La pendaison
Mais, à peine les policiers partis, les manifestants, qui s’étaient passés des consignes, reviennent rapidement devant l’ambassade du Cameroun, sortent Paul Biya de la voiture. Brice Nitcheu lit les dix actes d’accusation, parmi lesquels le hold-up électoral de 1992, les assassinats, les détournements de fonds, le meurtre des étudiants, les fraudes électorales, le clanisme, le tribalisme, etc. A la fin de la lecture des actes d’accusation, les manifestants répondent en cÅ“ur “ guilty â€, ce qui veut dire coupable en anglais. Et la pendaison est exécutée. Mort ou pas mort, le “ pendu †est jeté sans ménagement dans la malle arrière d’une voiture qui démarre en trombe et disparaît. On peut lire sur les visages des manifestants une note de satisfaction. Les activistes de Londres n’ont pas failli à leur répu
Pendant dix (10) minutes, les policiers se concertent. Nitcheu et ses activistes aussi chuchotent et élaborent rapidement des stratégies. Paul Biya, le président du Cameroun, est certainement à des milliers de kilomètres. Mais pour Nitcheu et ses lieutenants, il est là , couché à leurs pieds, menottes aux poings. Et son sort se trouve entre les mains de la police britannique. Apres leur conciliabule, le chef de la police appelle Nitcheu et lui signifie que la pendaison ne sera pas autorisée, au regard de la constitution britannique qui est contre la peine de mort. Nitcheu a beau rappeler qu’il s’agit d’un geste symbolique, rien n’y fait. Il brandit alors le Code pénal camerounais, qui prévoit la peine de mort avec exécution sur la place publique. Les policiers ne veulent rien entendre, et font valoir que les manifestants se trouvaient sur le territoire britannique, et qu’une pendaison, même symbolique sur la place publique non seulement va a l’encontre des règles en Grande-Bretagne, mais que les passants pourraient ne pas supporter de voir un homme pendu dans la rue.
Pendant ce temps, les gens accourent pour comprendre. Le jeune Chanderlain Nana remet à Biya ses lunettes qui traînaient par terre. “ Il a des problèmes de vue †dit-il. “ Il faut bien qu’il voit sa pendaison †conclu t-il. Le statu quo dure deux heures d’horloge sans compromis. Il est 14 heures. C’est l’heure prévue pour la fin de la manifestation. La police exige donc aux manifestant d’évacuer les lieux. Les activistes remettent le condamné dans la voiture, et se dispersent par petits groupes. La police est convaincue que c’est fini, et libère les lieux.
La pendaison
Mais, à peine les policiers partis, les manifestants, qui s’étaient passés des consignes, reviennent rapidement devant l’ambassade du Cameroun, sortent Paul Biya de la voiture. Brice Nitcheu lit les dix actes d’accusation, parmi lesquels le hold-up électoral de 1992, les assassinats, les détournements de fonds, le meurtre des étudiants, les fraudes électorales, le clanisme, le tribalisme, etc. A la fin de la lecture des actes d’accusation, les manifestants répondent en cÅ“ur “ guilty â€, ce qui veut dire coupable en anglais. Et la pendaison est exécutée. Mort ou pas mort, le “ pendu †est jeté sans ménagement dans la malle arrière d’une voiture qui démarre en trombe et disparaît. On peut lire sur les visages des manifestants une note de satisfaction. Les activistes de Londres n’ont pas failli à leur répu

