“ AU CAMEROUN LA PRESSE DE QUALITÉ EST VAMPIRISÉE PAR LA PRESSE À GAGE†interview de Jean Bruno Tagne
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Aujourd’hui, peut-on considérer que la presse camerounaise est libre et pluraliste ?
Il y a incontestablement une certaine liberté dans la presse camerounaise. L’époque de la grande censure et de la grande répression des journalistes semble révolue. Il y a une telle pluralité dans les médias que parfois on s’y perd. Et c’est bien là le vice du pouvoir de Yaoundé. On a laissé prospérer toutes sortes de publications au point que la presse de qualité est vampirisée par la presse à gage. C’est elle qui a pignon sur rue, instrumentalisée par des pontes du régime.
Les mesures prises contre Afrique Medias par le CNC, dont vous étiez membre, relèvent-elles d’une censure politique ? Pourquoi ce média et pas d’autres ?
Le CNC est une institution prévue par la loi. Et dans le texte qui réorganise cette institution, il y a une batterie de sanctions qui peuvent être infligées à des médias ou à des journalistes qui auraient pris des libertés avec la déontologie journalistique. Ce n’est pas une exclusivité camerounaise. La télévision dont vous parlez avait été jugée coupable de fautes déontologiques. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. De nombreux autres médias ont été sanctionnés par le CNC. Il ne s’agit donc pas de censure. Je rappelle que les décisions du CNC sont susceptibles de recours devant un juge administratif. Certains médias sanctionnés par le CNC ont fait des recours et ont eu gain de cause.
Comprenez-vous que votre nomination au CNC, sur décision présidentielle, ait été perçue comme un ralliement de votre part au pouvoir ?
Ce sont des commentaires qui ne reposent sur rien. J’avais été nommé à l’époque par le président de la République, effectivement, sans que je sache pourquoi. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une tentative d’obtenir un ralliement et je me demande bien à quoi. Qui suis-je, pour qu’on veuille me rallier au pouvoir ? Le mandat des membres du CNC est de trois ans, renouvelable une fois. Après trois ans, celui qui m’avait nommé n’a pas cru devoir reconduire mon mandat. Ne me demandez pas pourquoi. Je suis parti du CNC comme j’y étais entré trois ans plus tôt : sans préavis.
A l’approche de la présidentielle, on a l’impression que la pression sur les journalistes monte. Des confrères vous ont repr
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Aujourd’hui, peut-on considérer que la presse camerounaise est libre et pluraliste ?
Il y a incontestablement une certaine liberté dans la presse camerounaise. L’époque de la grande censure et de la grande répression des journalistes semble révolue. Il y a une telle pluralité dans les médias que parfois on s’y perd. Et c’est bien là le vice du pouvoir de Yaoundé. On a laissé prospérer toutes sortes de publications au point que la presse de qualité est vampirisée par la presse à gage. C’est elle qui a pignon sur rue, instrumentalisée par des pontes du régime.
Les mesures prises contre Afrique Medias par le CNC, dont vous étiez membre, relèvent-elles d’une censure politique ? Pourquoi ce média et pas d’autres ?
Le CNC est une institution prévue par la loi. Et dans le texte qui réorganise cette institution, il y a une batterie de sanctions qui peuvent être infligées à des médias ou à des journalistes qui auraient pris des libertés avec la déontologie journalistique. Ce n’est pas une exclusivité camerounaise. La télévision dont vous parlez avait été jugée coupable de fautes déontologiques. Elle n’est d’ailleurs pas la seule. De nombreux autres médias ont été sanctionnés par le CNC. Il ne s’agit donc pas de censure. Je rappelle que les décisions du CNC sont susceptibles de recours devant un juge administratif. Certains médias sanctionnés par le CNC ont fait des recours et ont eu gain de cause.
Comprenez-vous que votre nomination au CNC, sur décision présidentielle, ait été perçue comme un ralliement de votre part au pouvoir ?
Ce sont des commentaires qui ne reposent sur rien. J’avais été nommé à l’époque par le président de la République, effectivement, sans que je sache pourquoi. Je ne suis pas sûr qu’il s’agisse d’une tentative d’obtenir un ralliement et je me demande bien à quoi. Qui suis-je, pour qu’on veuille me rallier au pouvoir ? Le mandat des membres du CNC est de trois ans, renouvelable une fois. Après trois ans, celui qui m’avait nommé n’a pas cru devoir reconduire mon mandat. Ne me demandez pas pourquoi. Je suis parti du CNC comme j’y étais entré trois ans plus tôt : sans préavis.
A l’approche de la présidentielle, on a l’impression que la pression sur les journalistes monte. Des confrères vous ont repr

