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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Eva Eva a écrit le 30 octobre 2018 à 7h53
Au Cameroun, le changement ne viendra pas des urnes -Achille Mbembe

Pour le reste, le dernier spectacle ne change strictement rien à l’état du pays. Le système demeure aussi sclérosé et parasitaire qu’il ne l’a jamais été, rongé de l’intérieur et sans perspective. Pour la classe des propriétaires et accapareurs qui le soutient, gouverner, c’est se servir de la puissance publique pour engranger des gains privés. C’est redistribuer à qui mieux mieux les opportunités de déprédation et de détournement. C’est aussi ponctionner les plus faibles et ceux qui ne bénéficient d’aucune protection.

Trajectoire régressive

Le Cameroun demeure englué dans une trajectoire économique, sociale et intellectuelle régressive, écartelé par des convulsions multiples et hétérogènes.

Dans les régions anglophones où est menée une guerre inutile, les mêmes ingrédients continueront de produire les mêmes effets : assassinats de policiers, gendarmes et autres hommes armés ; enlèvements et séquestrations des autorités civiles sur fonds de convulsion répressive. L’escalade se poursuivant, le cortège des meurtres, des villages incendiés, des tueries à la petite semaine est loin de prendre fin, et avec lui le chapelet des atrocités.

Nécessité d’une réforme radicale

Le Cameroun ne s’en sortira pas sans une réforme radicale de la forme de l’État. Afin de relâcher la pression tribaliste, fédéralisation ou régionalisation sont inévitables. Il en est de même de la réforme de la loi électorale, de la justice, de l’élargissement des pouvoirs du Parlement et de la mise en place d’autres institutions indépendantes susceptibles d’approfondir la démocratie.
Le passage à l’État de droit exige par ailleurs la mise en place d’une charte des droits et des libertés, la protection et la défense des droits des femmes et des minorités, la promotion du plurilinguisme et du multiculturalisme. Un renforcement drastique des pouvoirs conférés aux agences chargées de la lutte contre la corruption, les détournements massifs et la criminalité en général est impératif, de même que la réduction du mandat présidentiel de sept à cinq ans, renouvelable une seule fois.

Si l’opposition camerounaise, toutes tendances confondues, ne peut pas se mettre d’accord sur un tel programme minimum, qui aurait pour objectif une refonte fondamentale du système politique ca
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