Le paradoxe, constaté dans ce pré-traité et finalement relevé par des juristes, révèle la profonde incompréhension entre les signataires dans la signification des termes employés. La transcription finale en contiendra l’essence. En cause manifestement, un certain analphabétisme des chefs locaux et la ruse des commerçants allemands, poussés (?) par le Reich. Pour rappel, de nombreuses zones franches commerciales sont aujourd’hui propriété de multinationales sans que la souveraineté des pays qui les « hébergent » en soit affectée. C’était l’idée de fond des chefs Douala, du moins l’interprétation que l’on peut en faire aujourd’hui sur le plan du droit moderne.
Au sujet de ce propos, les travaux de Rodrigue Ngando Sandjè nous en apportent un bel éclairage et l’un des cas d’interprétation qui nous semble cohérent est que « le Traité de 1884 était avant tout un accord commercial qui étendait aux deux autres parties celui passé le 30 janvier 1883 par les seuls Edouard Schmidt et le roi Akwa. Il ne pouvait précisément s’agir d’un traité d’annexion qui promeut l’idée de colonialisme; le plus important étant que cet accord relève la capacité juridique des firmes allemandes. Une « parade » a consisté à associer le Consul général Gustav Nachtigal, ou encore Edouard Woermann, à l'entreprise en qualité de représentant du Reich. Cette contradiction n’est-elle pas de nature à renforcer le doute sur les intentions de la partie allemande, sans besoin d’aller jusqu'à la conclusion que le Traité de 1884 n’est pas le fait de « deux autorités politiques » ? Il en est ainsi lorsqu’un certain Edouard Woermann, qu’on disait en villégiature à Douala et dont le rôle dans la politique allemande au Cameroun n’a jamais été établi, est consigné dans les Mémoires du Reichstag comme signataire du Traité de 1884, au détriment du Consul Nachtigal. Le moins qu’on puisse dire est que la supposée présence de l’un comme celle de l’autre entend donner au document la nature juridique d’un traité d’annexion, en vertu du principe de la délégation d’exercice (...) Mais cette intention ne saurait être validée du moment où la procédure usuelle n’a pas été établie : s’il y a bien eu traité, du fait de l’entreprise des sujets de droit dotés « de la capacité requise »
Au sujet de ce propos, les travaux de Rodrigue Ngando Sandjè nous en apportent un bel éclairage et l’un des cas d’interprétation qui nous semble cohérent est que « le Traité de 1884 était avant tout un accord commercial qui étendait aux deux autres parties celui passé le 30 janvier 1883 par les seuls Edouard Schmidt et le roi Akwa. Il ne pouvait précisément s’agir d’un traité d’annexion qui promeut l’idée de colonialisme; le plus important étant que cet accord relève la capacité juridique des firmes allemandes. Une « parade » a consisté à associer le Consul général Gustav Nachtigal, ou encore Edouard Woermann, à l'entreprise en qualité de représentant du Reich. Cette contradiction n’est-elle pas de nature à renforcer le doute sur les intentions de la partie allemande, sans besoin d’aller jusqu'à la conclusion que le Traité de 1884 n’est pas le fait de « deux autorités politiques » ? Il en est ainsi lorsqu’un certain Edouard Woermann, qu’on disait en villégiature à Douala et dont le rôle dans la politique allemande au Cameroun n’a jamais été établi, est consigné dans les Mémoires du Reichstag comme signataire du Traité de 1884, au détriment du Consul Nachtigal. Le moins qu’on puisse dire est que la supposée présence de l’un comme celle de l’autre entend donner au document la nature juridique d’un traité d’annexion, en vertu du principe de la délégation d’exercice (...) Mais cette intention ne saurait être validée du moment où la procédure usuelle n’a pas été établie : s’il y a bien eu traité, du fait de l’entreprise des sujets de droit dotés « de la capacité requise »

