HAHAHA L'IRONIE DE L'HISTOIRE.A QUI LE TOUR APRES LES ANGLOS?
Patrice Nganang
1 hr ·
PAROLES D’UN COUPEUR DE TETES OU LA RUSE DE L'HISTOIRE CAMEROUNAISE
Ecoutez bien le vieux-ci. L'interview avec lui, je l'ai faite a Kupe-Tombel en novembre 2017. C'est un Bakossi. Un Anglophone. En 1966, ils ont tue tellement des Bamileke que la ville était pleine de cadavres, selon le témoignage d'un survivant Bangoulap que j'ai interroge aussi. A partir de Loum, de loin donc, on voyait seulement la fumée du feu qui se levait sur Tombel. Lors de notre entretien a batons rompus, il a avoue avoir lui-meme tue plusieurs. Mais quand j'ai pris la camera, il a change d'histoire. Je n'avais cependant pas pu enregistrer son récit a cause de l'obscurité. Et surtout, il était ce soir-la entoure de gens de sa famille qui l'empêchaient de parler. Eh bien je suis revenu le lendemain matin, par surprise et l'ai trouve seul devant sa maison-la. Nous avons donc fait cette interview-ci, breve mais ce n'est pas la mon point. Mon point est celui-ci: c'est un Anglophone, et il a tue des Francophones - des Bamileke - en 1966, parce que l'Etat les accusait d'etre des 'maquisards.' On dira a juste titre que c'est le passe, et sa famille n'a pas cesse de me le rappeler. Aujourd'hui cependant, ironie de l'histoire, ce sont ses propres petits fils qui sont zigouilles par des Francophones, et plus spécifiquement par des Bulus, qui disent que ceux-ci sont des 'Biafrais' - dixit Enoh Meyomesse - ou alors des 'secessionnistes', des 'Ambazoniens.' L'histoire camerounaise est une pendule genocidaire qui se retourne contre une tribu après une autre, pour expier dans le bouc émissaire, la malfaisance d'un Etat incompetent et dont le president depuis 1960 est de preference un incompetent - les Bassa en 1955-1958, les Bamileke en 1960-1970, les Nordistes ('Maguidas') en 1984, et les Anglophones depuis 2016. La raison de ces genocides est toujours difference, mais dans leur teleologie de la violence, voila la logique de l'histoire camerounaise depuis 1956. C'est cette logique genocidaire-la qui doit être interrompue par le chassement de Biya, et cela seul pourra mettre en branle le changement. Il nous faut sortir de ce tunnel sanglant!
Patrice Nganang
1 hr ·
PAROLES D’UN COUPEUR DE TETES OU LA RUSE DE L'HISTOIRE CAMEROUNAISE
Ecoutez bien le vieux-ci. L'interview avec lui, je l'ai faite a Kupe-Tombel en novembre 2017. C'est un Bakossi. Un Anglophone. En 1966, ils ont tue tellement des Bamileke que la ville était pleine de cadavres, selon le témoignage d'un survivant Bangoulap que j'ai interroge aussi. A partir de Loum, de loin donc, on voyait seulement la fumée du feu qui se levait sur Tombel. Lors de notre entretien a batons rompus, il a avoue avoir lui-meme tue plusieurs. Mais quand j'ai pris la camera, il a change d'histoire. Je n'avais cependant pas pu enregistrer son récit a cause de l'obscurité. Et surtout, il était ce soir-la entoure de gens de sa famille qui l'empêchaient de parler. Eh bien je suis revenu le lendemain matin, par surprise et l'ai trouve seul devant sa maison-la. Nous avons donc fait cette interview-ci, breve mais ce n'est pas la mon point. Mon point est celui-ci: c'est un Anglophone, et il a tue des Francophones - des Bamileke - en 1966, parce que l'Etat les accusait d'etre des 'maquisards.' On dira a juste titre que c'est le passe, et sa famille n'a pas cesse de me le rappeler. Aujourd'hui cependant, ironie de l'histoire, ce sont ses propres petits fils qui sont zigouilles par des Francophones, et plus spécifiquement par des Bulus, qui disent que ceux-ci sont des 'Biafrais' - dixit Enoh Meyomesse - ou alors des 'secessionnistes', des 'Ambazoniens.' L'histoire camerounaise est une pendule genocidaire qui se retourne contre une tribu après une autre, pour expier dans le bouc émissaire, la malfaisance d'un Etat incompetent et dont le president depuis 1960 est de preference un incompetent - les Bassa en 1955-1958, les Bamileke en 1960-1970, les Nordistes ('Maguidas') en 1984, et les Anglophones depuis 2016. La raison de ces genocides est toujours difference, mais dans leur teleologie de la violence, voila la logique de l'histoire camerounaise depuis 1956. C'est cette logique genocidaire-la qui doit être interrompue par le chassement de Biya, et cela seul pourra mettre en branle le changement. Il nous faut sortir de ce tunnel sanglant!

