Santé: le succès rwandais
†C’est l’Ouganda qui avait lancé la gratuité des soins en Afrique, en 2001. Mais cette politique revient très cher. Et on arrive au paradoxe que se soigner est finalement plus cher qu’auparavant pour les Ougandais parce qu’en raison du coût, pour l’Etat, de cette gratuité des soins, il y a de nombreuses ruptures de stocks de médicaments, ce qui oblige les patients à acquérir leurs médicaments dans le privé, où c’est bien plus cher.â€
Depuis, l’exemple ougandais a été suivi dans d’autres pays, “souvent dans la chaleur d’une campagne électorale ; les techniciens sont placés devant le fait accompli – comme ce fut le cas, en 2006, au Burundiâ€, après la d
†Depuis lorsâ€, note Bruno Meessen, et après une initiale déstabilisation de son système de santé, †le Burundi a quelque peu corrigé la ligneâ€. En général, limiter la gratuité, comme le fait Bujumbura (aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans), donne de meilleurs résultats. En outre, explique M. Meessen, les autorités burundaises se sont inspirées de l’exemple rwandais voisin, couronné de succès, en un de ses éléments : le paiement sur base de la performance des établissements de santé. “Les soins donnés à chaque patient gratuit sont payés par le ministère des Finances, au moyen de forfaits, avec vérification du nombre d’actes médicaux annoncés .†Les malades non gratuits, eux, paient leurs soins. Mais le nombre d’entre eux qui ont effectivement accès aux soins est peu élevé en raison de l’absence d’un système d’assurance santé.
Le Rwanda fait figure de pionnier en Afrique avec son système de mutuelles “parce que le gouvernement en a fait son programme phare “, au contraire d’autres pays où elles comptent peu de membres et ne constituent donc pas une bonne stratégie pour accroître la couverture médicale de la population, explique Bruno Meessen.
“Au Rwanda, cela résulte d’une politique du pouvoir et cette stratégie rencontre un grand succès puisqu’une très forte proportion de la population utilise aujourd’hui les services de santé : consultations, accouchements assistés, planning familial, moustiquaires imprégnées En quelques années, les indicateurs de santé sont presque tous passés au vert, même pour les plus pauvres. Et grâce à ces mutuelles, les gens paient moins, pour être soignés, qu’en 2000. C’est un succès clai
†C’est l’Ouganda qui avait lancé la gratuité des soins en Afrique, en 2001. Mais cette politique revient très cher. Et on arrive au paradoxe que se soigner est finalement plus cher qu’auparavant pour les Ougandais parce qu’en raison du coût, pour l’Etat, de cette gratuité des soins, il y a de nombreuses ruptures de stocks de médicaments, ce qui oblige les patients à acquérir leurs médicaments dans le privé, où c’est bien plus cher.â€
Depuis, l’exemple ougandais a été suivi dans d’autres pays, “souvent dans la chaleur d’une campagne électorale ; les techniciens sont placés devant le fait accompli – comme ce fut le cas, en 2006, au Burundiâ€, après la d
†Depuis lorsâ€, note Bruno Meessen, et après une initiale déstabilisation de son système de santé, †le Burundi a quelque peu corrigé la ligneâ€. En général, limiter la gratuité, comme le fait Bujumbura (aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans), donne de meilleurs résultats. En outre, explique M. Meessen, les autorités burundaises se sont inspirées de l’exemple rwandais voisin, couronné de succès, en un de ses éléments : le paiement sur base de la performance des établissements de santé. “Les soins donnés à chaque patient gratuit sont payés par le ministère des Finances, au moyen de forfaits, avec vérification du nombre d’actes médicaux annoncés .†Les malades non gratuits, eux, paient leurs soins. Mais le nombre d’entre eux qui ont effectivement accès aux soins est peu élevé en raison de l’absence d’un système d’assurance santé.
Le Rwanda fait figure de pionnier en Afrique avec son système de mutuelles “parce que le gouvernement en a fait son programme phare “, au contraire d’autres pays où elles comptent peu de membres et ne constituent donc pas une bonne stratégie pour accroître la couverture médicale de la population, explique Bruno Meessen.
“Au Rwanda, cela résulte d’une politique du pouvoir et cette stratégie rencontre un grand succès puisqu’une très forte proportion de la population utilise aujourd’hui les services de santé : consultations, accouchements assistés, planning familial, moustiquaires imprégnées En quelques années, les indicateurs de santé sont presque tous passés au vert, même pour les plus pauvres. Et grâce à ces mutuelles, les gens paient moins, pour être soignés, qu’en 2000. C’est un succès clai

