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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Londonien Londonien a écrit le 24 avril 2015 à 8h58
Alors que ses coéquipiers se changent, il les invite tous à le rejoindre. Il veut dire un mot. Les Lions approchent. « Où est Alex ? Il faut qu’il soit là », crie le capitaine. Alexandre Song, lui-aussi approche, l’air de se demander ce qu’il a encore fait. Tout le monde est désormais autour de la table. « Les gars, vous avez choisi Nicolas comme capitaine. Il faut l’encourager », commence-t-il. Le vestiaire devient encore plus calme. On peut entendre une mouche voler. Et des mouches, il y en a, dans cet antédiluvien de stade, véritable honte pour le pays de Roger Milla. Comme « Le laboureur et ses enfants »15 , Eto’o poursuit : « Vous savez, ça bavarde beaucoup. Soyez prudents. Vous êtes une bonne équipe. Vous pouvez vous en sortir. Vous êtes encore jeunes. Je suis ce que je suis devenu aujourd’hui grâce à l’équipe nationale. Aujourd’hui, je vous laisse en espérant que Dieu va veiller sur vous. Protégez-vous les uns les autres. »

Le discours est touchant. Il ne manque que quelques larmes. Lorsque Samuel Eto’o tourne les talons pour prendre définitivement congé de ses « jeunes frères », Enoh Eyong, du fond du vestiaire lève la main. A 28 ans, le vice-capitaine des Lions Indomptables, sociétaire d’Antalyaspor en Turquie est ce que ses coéquipiers appellent un « Born again » ou « pasto ». Il a une grande crainte de Dieu et chaque situation est un motif de prière qu’il entonne généralement avec piété. « Capi, je ne comprends pas, dit Eyong Enoh. Tu es en train de partir. Or, c’est toi qui as dit la prière avant le match et nous avons gagné. Même si tu dois partir, dis la dernière prière. » Les joueurs se prennent par les mains ou par les épaules et prient. Samuel Eto’o peut enfin quitter ses coéquipiers. Il serre au passage les mains d’intrus qui attendent à l’entrée du vestiaire. « Merci pour tout. Merci le Cameroun », dit-il avant de s’en aller. Il croise sur son chemin quelques autorités qui viennent féliciter les joueurs. Il y a le ministre des Sports, Adoum Garoua, le président du Comité de normalisation, Joseph Owona, quelques anciens Lions, notamment Joseph Antoine Bell, Roger Milla, etc. Le visage fermé, Samuel Eto’o leur fait quelques politesses et quitte le stade.

Extraits de Jean-Bruno Tagne, La Tragédie des Lions Indomptables, Yaoundé Editions du Schabel, mars 2013, 317 pages.
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