LE TALENT PEUT-IL DISPARAITRE ? ( 3 / 3)
De héros à zéro
Facile de rire du poids d'Adriano, du manque de réussite face au but de Torres, des contrôles de DH de Falcao, de la marche de Motta, des errements et des larmes de Thiago Silva. Il est aisé de brûler ses idoles, mais ceux qu'on adorait hier ne sont pas devenus des bananes du jour au lendemain. Leur don s'est simplement dissout dans l'alcool, brisé dans un genou, un dos, égaré dans une ville étrangère. Il est toujours là , quelque part, attendant qu'on le retrouve. Mais plus on le cherche en vain, plus il s'éloigne. Une certaine histoire de confiance. « Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède » écrivait Flaubert. Certains l'ont oublié. D'autres n'ont pas envie de faire les efforts nécessaires. Regardez Cassano : il aurait pu être immense, mais être un roi à Parme lui suffit.
D'aucun parlerait de gâchis, mais un homme a encore le droit de choisir sa destinée. Il ne doit une carrière à personne, si ce n'est à lui-même. Après reste une question : que ressent-on quand on n'est plus celui qu'on a été, et que ne le sera peut-être plus jamais, pour une raison ou pour une autre ? Alain-Fournier disait : « un homme qui a fait un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s'accommoder de la vie de tout le monde ? » et il avait surement raison. Les footballeurs n'étant jamais que des superhéros en crampons, la réponse se trouve peut-être dans la bouche du Comédien des Watchmen, juste avant de mourir : « C'est une farce. Tout n'est qu'une farce ».
Par Charles Alf Lafon
Source : w3.sofoot.com/le-talent-peut-il-disparaitre-194122.html
De héros à zéro
Facile de rire du poids d'Adriano, du manque de réussite face au but de Torres, des contrôles de DH de Falcao, de la marche de Motta, des errements et des larmes de Thiago Silva. Il est aisé de brûler ses idoles, mais ceux qu'on adorait hier ne sont pas devenus des bananes du jour au lendemain. Leur don s'est simplement dissout dans l'alcool, brisé dans un genou, un dos, égaré dans une ville étrangère. Il est toujours là , quelque part, attendant qu'on le retrouve. Mais plus on le cherche en vain, plus il s'éloigne. Une certaine histoire de confiance. « Pour avoir du talent, il faut être convaincu qu'on en possède » écrivait Flaubert. Certains l'ont oublié. D'autres n'ont pas envie de faire les efforts nécessaires. Regardez Cassano : il aurait pu être immense, mais être un roi à Parme lui suffit.
D'aucun parlerait de gâchis, mais un homme a encore le droit de choisir sa destinée. Il ne doit une carrière à personne, si ce n'est à lui-même. Après reste une question : que ressent-on quand on n'est plus celui qu'on a été, et que ne le sera peut-être plus jamais, pour une raison ou pour une autre ? Alain-Fournier disait : « un homme qui a fait un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s'accommoder de la vie de tout le monde ? » et il avait surement raison. Les footballeurs n'étant jamais que des superhéros en crampons, la réponse se trouve peut-être dans la bouche du Comédien des Watchmen, juste avant de mourir : « C'est une farce. Tout n'est qu'une farce ».
Par Charles Alf Lafon
Source : w3.sofoot.com/le-talent-peut-il-disparaitre-194122.html

