"... Disons-le tout de suite, cela n’a pas débouché tout de suite sur la catastrophe actuelle. Il y a eu une période dorée, celle des années 1980 et du début des années 1990. Une époque bénie parce qu’elle a permis la coexistence, fut-elle parfois heurtée, entre, d’un côté la folie et la générosité du jeu africain et, de l’autre, la rigueur à l’européenne. C’est ce qui a permis à des équipes comme le Cameroun, le Nigeria ou l’Algérie de briller.
Le mélange était savant car il préservait l’essentiel. Le beau geste, l’inclinaison à attaquer, à toujours opter pour l’offensive. C’était aussi l’époque où défendre le 4-3-3 voire le 3-5-2 ne vous faisait pas passer pour un dangereux illuminé. Surtout, c’était encore le temps où les gamins africains n’étaient pas abreuvés d’images de football européen et ne cherchaient pas à imiter des attitudes standardisées qu’ils voyaient sur l’écran.
La mauvaise influence européenne
Le recours à des entraîneurs occidentaux connus pour leur manque d’appétence pour le football offensif (Le Guen entraînant le Cameroun, Valid Halilhodzic pour l’Algérie, aaargh…), l’expatriation de nombreux joueurs africains désormais calibrés et défensivement normés par leurs clubs respectifs, l’emprise de la télévision qui prend désormais le pas sur ce que l’on peut imaginer ou créer en jouant dans la rue ou dans un terrain en mauvais tuf, tout cela explique pourquoi le jeu africain semble souvent si insipide.
A cela s’ajoute l’affairisme de fédérations bien peu préoccupées par la formation et, surtout, l’édiction de philosophies de jeu à défendre à tous prix quelles que soient les sélections et leur âge. En Algérie, au Cameroun, au Nigéria (trois grands absents de cette CAN), qui s’occupe de dire «c’est ainsi que l’on doit jouer car, quitte à perdre, perdons la tête haute». Il y a bien l’Egypte, équipe au jeu à la fois robuste, technique et tourné vers l’offensive, mais il se trouve qu’elle aussi est absente de la CAN.
Alors gardons la main sur la télécommande. Et continuons d’espérer. Un jour, peut-être, un Guardiola sénégalais ou sud-africain fera son apparition. Livre sacré à la main, il réhabilitera le football africain, et le rendra conforme à ses traditions et aux attentes des supporters. Et ce n’est qu’ainsi que la CAN redeviendra un grand rendez-vous du football.
Akram Belkaïd , slateafrique. com "
Le mélange était savant car il préservait l’essentiel. Le beau geste, l’inclinaison à attaquer, à toujours opter pour l’offensive. C’était aussi l’époque où défendre le 4-3-3 voire le 3-5-2 ne vous faisait pas passer pour un dangereux illuminé. Surtout, c’était encore le temps où les gamins africains n’étaient pas abreuvés d’images de football européen et ne cherchaient pas à imiter des attitudes standardisées qu’ils voyaient sur l’écran.
La mauvaise influence européenne
Le recours à des entraîneurs occidentaux connus pour leur manque d’appétence pour le football offensif (Le Guen entraînant le Cameroun, Valid Halilhodzic pour l’Algérie, aaargh…), l’expatriation de nombreux joueurs africains désormais calibrés et défensivement normés par leurs clubs respectifs, l’emprise de la télévision qui prend désormais le pas sur ce que l’on peut imaginer ou créer en jouant dans la rue ou dans un terrain en mauvais tuf, tout cela explique pourquoi le jeu africain semble souvent si insipide.
A cela s’ajoute l’affairisme de fédérations bien peu préoccupées par la formation et, surtout, l’édiction de philosophies de jeu à défendre à tous prix quelles que soient les sélections et leur âge. En Algérie, au Cameroun, au Nigéria (trois grands absents de cette CAN), qui s’occupe de dire «c’est ainsi que l’on doit jouer car, quitte à perdre, perdons la tête haute». Il y a bien l’Egypte, équipe au jeu à la fois robuste, technique et tourné vers l’offensive, mais il se trouve qu’elle aussi est absente de la CAN.
Alors gardons la main sur la télécommande. Et continuons d’espérer. Un jour, peut-être, un Guardiola sénégalais ou sud-africain fera son apparition. Livre sacré à la main, il réhabilitera le football africain, et le rendra conforme à ses traditions et aux attentes des supporters. Et ce n’est qu’ainsi que la CAN redeviendra un grand rendez-vous du football.
Akram Belkaïd , slateafrique. com "

