Les défis du groupe Fotso
S'il prenait les rênes du groupe, Joseph Fotso n'aurait, lui, nul motif de sabler le champagne. Son premier défi : juguler la baisse d'activité qui menace de ruiner les entreprises du pôle industriel. La contrefaçon et l'invasion du marché par les produits asiatiques ont fragilisé les fleurons comme Pilcam. Cette unité de production de piles électriques, basée à Douala, employait 800 personnes et réalisait 13 milliards de F CFA de chiffre d'affaires en 2007 (son dernier résultat connu). Un chiffre en baisse de 2,4 milliards de F CFA par rapport à 2006. Importations massives et contrebande sont à l'origine de la cession, en juillet 2010, de la fabrique d'allumettes Unalor, au Cameroun. L'activité de Safca, leader de la fabrication des cahiers dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), a fondu de moitié, à 2 milliards de F CFA. La société s'est diversifiée dans l'imprimerie et a absorbé Sopicam (insecticides) et Fabasem (emballages), deux entités du groupe. Hors de ses frontières, le conglomérat a dû fermer ses usines d'allumettes et de piles au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Liberia, au Ghana et en Angola.
Pour contrer ces difficultés, Yves-Michel Fotso avait tenté de jouer la carte asiatique. En janvier 2007, il était devenu résident de Singapour, autant pour échapper aux premiers soupçons distillés contre lui dans son pays que pour trouver, dans la région, des investisseurs pour son groupe. Il souhaitait aussi négocier la formation de coentreprises avec des industriels chinois afin d'importer des produits (allumettes, piles électriques...) sur le continent. Une stratégie qu'il n'a pu faire aboutir, rattrapé par une machine judiciaire aussi sélective qu'impitoyable.
Et pourtant, les déboires du pôle industriel sont presque anodins par rapport au cataclysme qui a dévasté les activités financières et bancaires, fierté de l'ex-patron incarcéré. Alors qu'ils se montaient à 18 millions d'euros en mai 2008, les fonds propres du fleuron Commercial Bank-Cameroun (CBC) se sont révélés quasi inexistants en 2009, si l'on en croit tout au moins les termes d'un audit de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac). Conséquence : en novembre 2009, l'instance de régulation plaçait l'établissement, ainsi que ses filiales au Tchad, en République centrafricaine et à São Tomé e PrÃncipe, sous administration provisoire. En même temps, la Cobac retirait son agrément à SFA Cameroun. Au 31 décembre 2009,
S'il prenait les rênes du groupe, Joseph Fotso n'aurait, lui, nul motif de sabler le champagne. Son premier défi : juguler la baisse d'activité qui menace de ruiner les entreprises du pôle industriel. La contrefaçon et l'invasion du marché par les produits asiatiques ont fragilisé les fleurons comme Pilcam. Cette unité de production de piles électriques, basée à Douala, employait 800 personnes et réalisait 13 milliards de F CFA de chiffre d'affaires en 2007 (son dernier résultat connu). Un chiffre en baisse de 2,4 milliards de F CFA par rapport à 2006. Importations massives et contrebande sont à l'origine de la cession, en juillet 2010, de la fabrique d'allumettes Unalor, au Cameroun. L'activité de Safca, leader de la fabrication des cahiers dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), a fondu de moitié, à 2 milliards de F CFA. La société s'est diversifiée dans l'imprimerie et a absorbé Sopicam (insecticides) et Fabasem (emballages), deux entités du groupe. Hors de ses frontières, le conglomérat a dû fermer ses usines d'allumettes et de piles au Mali, au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire, au Liberia, au Ghana et en Angola.
Pour contrer ces difficultés, Yves-Michel Fotso avait tenté de jouer la carte asiatique. En janvier 2007, il était devenu résident de Singapour, autant pour échapper aux premiers soupçons distillés contre lui dans son pays que pour trouver, dans la région, des investisseurs pour son groupe. Il souhaitait aussi négocier la formation de coentreprises avec des industriels chinois afin d'importer des produits (allumettes, piles électriques...) sur le continent. Une stratégie qu'il n'a pu faire aboutir, rattrapé par une machine judiciaire aussi sélective qu'impitoyable.
Et pourtant, les déboires du pôle industriel sont presque anodins par rapport au cataclysme qui a dévasté les activités financières et bancaires, fierté de l'ex-patron incarcéré. Alors qu'ils se montaient à 18 millions d'euros en mai 2008, les fonds propres du fleuron Commercial Bank-Cameroun (CBC) se sont révélés quasi inexistants en 2009, si l'on en croit tout au moins les termes d'un audit de la Commission bancaire de l'Afrique centrale (Cobac). Conséquence : en novembre 2009, l'instance de régulation plaçait l'établissement, ainsi que ses filiales au Tchad, en République centrafricaine et à São Tomé e PrÃncipe, sous administration provisoire. En même temps, la Cobac retirait son agrément à SFA Cameroun. Au 31 décembre 2009,

