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Toli Sous le Manguier

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NOSTALGIE NOSTALGIE a écrit le 4 septembre 2011 à 0h49
Cadres
Les histoires de clan, les problèmes de primes, la pression des dirigeants, Emmanuel Mvé a connu tout cela avec le brassard de capitaine de l’équipe nationale de football du Cameroun. « Lorsque nous arrivions en sélection, nous n’avions pas de problème relatif à notre appartenance à tel ou tel autre club», assure l’ancien capitaine. La rivalité entre joueurs était à son paroxysme. Canon et Tonnerre de Yaoundé, Caïman et Oryx de Douala fournissaient l’essentiel des joueurs de l’équipe nationale. Autant de tempéraments qu’il fallait mettre au service du collectif.

Une tâche dont Emmanuel Mvé s’acquittait avec un certain bonheur. Son pedigree l’y prédisposait. Enseignant de mathématiques et de chimie, Emmanuel Mvé utilisait toute la pédagogie apprise à l’Ecole normale et éprouvée au sein du lycée technique de Yaoundé dont il était le proviseur, en cas de nécessité. « Il savait parler aux joueurs, il avait une subtile manière de régler les incompréhensions, il canalisait les ardeurs des uns et des autres avec tact, c’est qui rendait sa mission aisée », se rappelle Jean-Paul Akono, l’un des cadres de l’équipe nationale de l’époque. « Il y a toujours eu, à l’équipe nationale, des cadres.

Il y avait un groupe de cadres avec lesquels le coach pouvait se concerter pour certains choses importantes, comme classer un joueur, mais c’était toujours dans l’intérêt du groupe », déclare-t-il. Des joueurs imposés par les dirigeants, Emmanuel Mvé aime à raconter une anecdote dont il n’a cesse de se gausser. Nguini, l’avant-centre de Foudre d’Akonolinga de regrettée mémoire, d’un physique impressionnant, avait réalisé une saison exceptionnelle en 1973.

Les dirigeants de la fédération ont fait pression sur le coach pour qu’il soit intégré en sélection. Contre le Zaïre, un match d’appui que nous avons joué à Kinshasa, il est envoyé à l’échauffement, alors que le Cameroun est mené par trois buts à zéro. Emmanuel Mvé, qui a été préservé à cause d’une blessure, est consulté par le coach pour lancer Nguini. Le public se met à le huer alors qu’il est à l’échauffement. Le coach se rétracte et rappelle Nguni sur le banc. « Il fallait mériter sa place, et non bénéficier d’un entregent », précise Emmanuel Mvé.
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