2e sujet d’actualité, celle des terrains qui sont de plus en plus acquis par des chinois au Cameroun, notamment pour la culture du riz, mais pas du riz à consommation locale, mais du riz à exporter en Chine. Votre avis sur ce phénomène ?
Cette situation fait partie des limites que je relevais tout à l’heure. La question est simple. Quelle est la vision pour le pays ? Lorsqu’on attribue des parcelles à cultiver à des promoteurs étrangers, est-ce qu’on a pour objectif de résoudre la crise alimentaire locale qui frappe et qui va encore frapper avec une rare violence ? On ne peut pas être insensible à cela. Alors qu’on importe massivement du riz, on ne peut pas se permettre de cultiver du riz localement pour exporter, ça n’a aucun sens. Des politiques iraient dans ce sens seraient largement inadaptées. Et dire qu’il y’a des Camerounais qui ont de l’argent, des compétences, de l’énergie, de l’enthousiasme, mais ne demandent qu’à être écoutés.
Pour quelqu’un qui a travaillé, qui a été fonctionnaire français pendant de nombreuses années ? On est quand même étonné par votre discours, notamment concernant la France…
Si vous êtes étonnée, alors vous avez compris ma démarche. Lorsqu’on travaille dans ce contexte là , les premières années on apprend, on découvre les dossiers, on apprend beaucoup des enjeux des échanges bilatéraux et de la coopération bilatérale. On voit quelle est la nature des relations entre institutions de deux pays, entre les officiels camerounais et les officiels français. On réalise a quel point il peut y avoir une sorte de perversion, volontaire ou non, de ces rapports là , remettant en cause cette notion d’indépendance que j’évoque depuis le début de cet entretien. Lorsqu’on en est témoin, on ne peut pas rester indifférent quand on aime son pays. Vous avez peut-être déjà regardé « un flic dans la mafia », vous voyez, il participe même parfois à des opérations, mais à un moment, il faut un sursaut, et ça été le mien de dire j’ai travaillé pour la France, maintenant je travaillerai pour le Cameroun et pour notre continent.
Qu’avez-vous réalisé ? Que vous participiez à la perversion de l’Afrique ?
On réalise surtout qu’on n’est pas Français et qu’on a encore moins de légitimité à rester indifférent. Déjà en interne, il ya des avantages auxquels on n’a pas droit, ce qui est dans une certaine mesure normal puisqu’on n’est pas Français. Mais au-delà , il s’agit davantage d’un sursaut citoyen, il arrive une sorte de révolte pour dire il y a de l’injustice quelque part dans les relations inter
Cette situation fait partie des limites que je relevais tout à l’heure. La question est simple. Quelle est la vision pour le pays ? Lorsqu’on attribue des parcelles à cultiver à des promoteurs étrangers, est-ce qu’on a pour objectif de résoudre la crise alimentaire locale qui frappe et qui va encore frapper avec une rare violence ? On ne peut pas être insensible à cela. Alors qu’on importe massivement du riz, on ne peut pas se permettre de cultiver du riz localement pour exporter, ça n’a aucun sens. Des politiques iraient dans ce sens seraient largement inadaptées. Et dire qu’il y’a des Camerounais qui ont de l’argent, des compétences, de l’énergie, de l’enthousiasme, mais ne demandent qu’à être écoutés.
Pour quelqu’un qui a travaillé, qui a été fonctionnaire français pendant de nombreuses années ? On est quand même étonné par votre discours, notamment concernant la France…
Si vous êtes étonnée, alors vous avez compris ma démarche. Lorsqu’on travaille dans ce contexte là , les premières années on apprend, on découvre les dossiers, on apprend beaucoup des enjeux des échanges bilatéraux et de la coopération bilatérale. On voit quelle est la nature des relations entre institutions de deux pays, entre les officiels camerounais et les officiels français. On réalise a quel point il peut y avoir une sorte de perversion, volontaire ou non, de ces rapports là , remettant en cause cette notion d’indépendance que j’évoque depuis le début de cet entretien. Lorsqu’on en est témoin, on ne peut pas rester indifférent quand on aime son pays. Vous avez peut-être déjà regardé « un flic dans la mafia », vous voyez, il participe même parfois à des opérations, mais à un moment, il faut un sursaut, et ça été le mien de dire j’ai travaillé pour la France, maintenant je travaillerai pour le Cameroun et pour notre continent.
Qu’avez-vous réalisé ? Que vous participiez à la perversion de l’Afrique ?
On réalise surtout qu’on n’est pas Français et qu’on a encore moins de légitimité à rester indifférent. Déjà en interne, il ya des avantages auxquels on n’a pas droit, ce qui est dans une certaine mesure normal puisqu’on n’est pas Français. Mais au-delà , il s’agit davantage d’un sursaut citoyen, il arrive une sorte de révolte pour dire il y a de l’injustice quelque part dans les relations inter

