@ TOUS
EMONDE.FR | 29.12.10
Faustin Aïssi, premier vice-président de l'université du littoral Côte d'Opale (ULCO), et conseiller délégué de Lille Métropole répond à la tribune "L'université française et ses tyrans" signée par Christain Bouquet, professeur de géographie politique, publiée dans Le Monde daté 28 décembre.
J'ai été pour le moins beaucoup plus choqué par la tonalité d'ensemble de l'article que par la position pro-Ouattara défendue par mon collègue car, formé comme il le souligne lui-même à l'école française de la connaissance, je comprends que le citoyen qu'est M. le professeur Bouquet puisse avoir une conscience politique qui l'amène à soutenir un candidat plutôt qu'un autre lors d'une élection.
Néanmoins, je ne pense pas que cela puisse l'autoriser à faire le raccourci dans son interrogation pour écrire : "…comment l'université française en est arrivée à former des tyrans".
Parce que je suis d'origine africaine – plus précisément originaire du Bénin et ayant par ailleurs eu en France toute une vie militante, syndicale et politique ces dernières décennies tout en développant des partenariats universitaires dans le monde en particulier au Maghreb et en Afrique de l'Ouest dont la Côte d'Ivoire –, je peux m'autoriser à m'inscrire en faux par rapport au fait que l'université française puisse former des tyrans parce qu'un de ses édiles, en l'occurrence le président Laurent Gbagbo, aurait été installé à la présidence de la République de la Côte d'Ivoire par l'organe qui en a la charge, le Conseil constitutionnel en présence de tous les corps constitués, civils, politiques et militaires de ce pays suite à leurs dernières élections présidentielles.
Je ne souhaiterais pas entretenir une polémique par rapport à l'article de mon collègue mais qu'il me soit permis de revenir sur quelques points :
M. Bouquet a décelé une bonne dizaine d'universitaires formés en France autour du président Gbagbo qui auraient basculé dans la "tyrannie" pour avoir accepté de conduire leur pays avec lui y compris le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N'Dré. C'est vrai que vous ne trouverez pas autant de compétences dans le gouvernement du Gabon, où une émission de France 2 passée récemment à la télévision révélait comment à Libreville en 2009, sur instruction de l'Elysée, les résultats des élections présidentielles ont été inversés au profit de Ali Bongo, candidat de la communauté internationale.
Parce que l'Afrique veut tourner le dos au temps où la dite communauté int
EMONDE.FR | 29.12.10
Faustin Aïssi, premier vice-président de l'université du littoral Côte d'Opale (ULCO), et conseiller délégué de Lille Métropole répond à la tribune "L'université française et ses tyrans" signée par Christain Bouquet, professeur de géographie politique, publiée dans Le Monde daté 28 décembre.
J'ai été pour le moins beaucoup plus choqué par la tonalité d'ensemble de l'article que par la position pro-Ouattara défendue par mon collègue car, formé comme il le souligne lui-même à l'école française de la connaissance, je comprends que le citoyen qu'est M. le professeur Bouquet puisse avoir une conscience politique qui l'amène à soutenir un candidat plutôt qu'un autre lors d'une élection.
Néanmoins, je ne pense pas que cela puisse l'autoriser à faire le raccourci dans son interrogation pour écrire : "…comment l'université française en est arrivée à former des tyrans".
Parce que je suis d'origine africaine – plus précisément originaire du Bénin et ayant par ailleurs eu en France toute une vie militante, syndicale et politique ces dernières décennies tout en développant des partenariats universitaires dans le monde en particulier au Maghreb et en Afrique de l'Ouest dont la Côte d'Ivoire –, je peux m'autoriser à m'inscrire en faux par rapport au fait que l'université française puisse former des tyrans parce qu'un de ses édiles, en l'occurrence le président Laurent Gbagbo, aurait été installé à la présidence de la République de la Côte d'Ivoire par l'organe qui en a la charge, le Conseil constitutionnel en présence de tous les corps constitués, civils, politiques et militaires de ce pays suite à leurs dernières élections présidentielles.
Je ne souhaiterais pas entretenir une polémique par rapport à l'article de mon collègue mais qu'il me soit permis de revenir sur quelques points :
M. Bouquet a décelé une bonne dizaine d'universitaires formés en France autour du président Gbagbo qui auraient basculé dans la "tyrannie" pour avoir accepté de conduire leur pays avec lui y compris le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N'Dré. C'est vrai que vous ne trouverez pas autant de compétences dans le gouvernement du Gabon, où une émission de France 2 passée récemment à la télévision révélait comment à Libreville en 2009, sur instruction de l'Elysée, les résultats des élections présidentielles ont été inversés au profit de Ali Bongo, candidat de la communauté internationale.
Parce que l'Afrique veut tourner le dos au temps où la dite communauté int

