Dr Jekyll et Mr Hyde » malgré lui
A Barcelone comme à Milan, ce n’est pas le même homme, entend-on souvent. Il semble plus concentré, plus humble qu’au Cameroun. C’est qu’il se trouve dans un milieu où on a appris à gérer les stars de sa trempe. On lui réclame des autographes et non de l’argent. Les entraîneurs lui donnent un rôle précis, et attendent un rendement tout aussi précis de ses prestations, alors qu’ici on lui cherche le « coéquipier idéal » qui doit s’adapter à son jeu.
Par nos attitudes et comportements, nous avons conduit Samuel ETO’O à s’enflammer, comme ce joueur qui réussit un beau dribble applaudi, et qui pense qu’il va pouvoir dribbler toute l’équipe adverse. Cela a conduit l’attaquant –vedette de l’Inter de Milan et des Lions Indomptables à tenir parfois des propos incorrects qui ont donné de lui une image de garçon irrévérencieux et vantard. C’est ce qui fait croire à certains que le ballon d’or africain 2009 qui lui échappe est plus une sanction à lui infligée par certains votants, qu’une réelle consécration pour DROGBA. Ils ont dû se dire « avec ses trophées et toute sa gloire, il est devenu prétentieux au point de s’attribuer le ballon d’or 2009 avant l’heure, comme pour nous forcer la main. Si on le lui donne, nous n’allons plus respirer ici en Afrique. Nous allons donc lui remettre les pieds sur terre ».
Il y a donc deux ETO’O : le Samuel ETO’O de l’Occident, et l’ETO’O Fils du Cameroun. Là -bas, il vit dans un environnement où les gens ne deviennent pas tous des mendiants quand ils sont en face des superstars ; ici, tout le monde lorgne sur sa fortune, pensant qu’il doit en distribuer une portion pour chacun. Là -bas, il est dans une société où ni le statut social, ni la fortune ne vous mettent au- dessus de la loi ; ici, c’est le règne de l’impunité, la loi n’est dure que pour les « sans galons » sociaux. Là -bas, le mot compétence a encore un sens pour réussir ; ici, ne croient en la compétence que ceux qui n’ont rien compris au « système ». Ainsi, quand il est là -bas, il est le « travailleur tranquille », respectueux des conditions de travail imposées, et soucieux de préserver ses revenus ; ici, il se retrouve comme un colon en terrain conquis, sur qui la législation et les usages locaux n’ont aucune emprise.
A Barcelone comme à Milan, ce n’est pas le même homme, entend-on souvent. Il semble plus concentré, plus humble qu’au Cameroun. C’est qu’il se trouve dans un milieu où on a appris à gérer les stars de sa trempe. On lui réclame des autographes et non de l’argent. Les entraîneurs lui donnent un rôle précis, et attendent un rendement tout aussi précis de ses prestations, alors qu’ici on lui cherche le « coéquipier idéal » qui doit s’adapter à son jeu.
Par nos attitudes et comportements, nous avons conduit Samuel ETO’O à s’enflammer, comme ce joueur qui réussit un beau dribble applaudi, et qui pense qu’il va pouvoir dribbler toute l’équipe adverse. Cela a conduit l’attaquant –vedette de l’Inter de Milan et des Lions Indomptables à tenir parfois des propos incorrects qui ont donné de lui une image de garçon irrévérencieux et vantard. C’est ce qui fait croire à certains que le ballon d’or africain 2009 qui lui échappe est plus une sanction à lui infligée par certains votants, qu’une réelle consécration pour DROGBA. Ils ont dû se dire « avec ses trophées et toute sa gloire, il est devenu prétentieux au point de s’attribuer le ballon d’or 2009 avant l’heure, comme pour nous forcer la main. Si on le lui donne, nous n’allons plus respirer ici en Afrique. Nous allons donc lui remettre les pieds sur terre ».
Il y a donc deux ETO’O : le Samuel ETO’O de l’Occident, et l’ETO’O Fils du Cameroun. Là -bas, il vit dans un environnement où les gens ne deviennent pas tous des mendiants quand ils sont en face des superstars ; ici, tout le monde lorgne sur sa fortune, pensant qu’il doit en distribuer une portion pour chacun. Là -bas, il est dans une société où ni le statut social, ni la fortune ne vous mettent au- dessus de la loi ; ici, c’est le règne de l’impunité, la loi n’est dure que pour les « sans galons » sociaux. Là -bas, le mot compétence a encore un sens pour réussir ; ici, ne croient en la compétence que ceux qui n’ont rien compris au « système ». Ainsi, quand il est là -bas, il est le « travailleur tranquille », respectueux des conditions de travail imposées, et soucieux de préserver ses revenus ; ici, il se retrouve comme un colon en terrain conquis, sur qui la législation et les usages locaux n’ont aucune emprise.

