dans les journaux privés Le Front et Germinal, impliqué dans un programme de renforcement de la société civile camerounaise soutenu par le CCFD-Terre Solidaire, en fait l’amère expérience. Alors qu’accompagné d’un stagiaire, il cherchait à localiser le patrimoine d’un ministre camerounais dans le village de Zoétélé, appareil photo en bandoulière, il fut arrêté, puis conduit d’un lieu à l’autre sur des centaines de kilomètres les yeux bandés et molesté. Il a fallu une mobilisation de la société civile au Cameroun et au niveau international, doublée de la vigilance des ambassades de France et des États-Unis, pour que Jean-Bosco Talla soit libéré au bout de cinq jours.
Aussi, pour le lancement en mai 2008 de l’hebdomadaire Germinal, qu’il dirige, Jean-Bosco Talla choisit-il de sortir un dossier spécial sur « L’argent et les biens de Paul Biya ». Une enquête très documentée. Le succès fut immédiat : alors que la presse indépendante camerounaise tire rarement à plus de 4 000 exemplaires, 11 000 copies de ce numéro spécial s’arrachent en quelques jours. En mai 2009, c’est un autre magazine indépendant, Mutations, qui s’interroge : « Avoirs camerounais à l’étranger : peut-on rapatrier l’argent volé ? ».
...acquisitions du citoyen Paul Biya et non du président.
On le voit, le sujet fait aujourd’hui débat au Cameroun. Et il y a de quoi. À peine devenu chef d’État, Paul Biya faisait parler de lui à propos de son patrimoine. Le 16 mars 1983, Le Canard enchaîné dévoilait deux acquisitions présidentielles en France : l’une avenue Foch à Paris, l’autre sur la Côte d’Azur, à Cagnes-sur-Mer. Le gouvernement camerounais explique alors que ces acquisitions sont le fait du citoyen Paul Biya et non du président.
Et Paul Biya se pare d’un discours vertueux : « Il nous faut assurément recourir à la moralisation de la vie publique ». En mai 1997, L’Événement du jeudi estime que la fortune du président camerounais et de sa famille approche les 70 millions d’euros, dont des châteaux en France et en Allemagne, à Baden-Baden. Un de ses proches, le professeur Titus Edzoa, estime aussi que « c’est le Camerounais le plus riche ». Parmi les résidences françaises, le journal camerounais L’Expression évoquait en 1997 celle du lieu-dit « de la ferme des bois » à Gambais (Yvelines), d’une valeur estimée de 6 millions d’euros à l’époque.
Selon les journalistes de Germinal en 2008, « Paul Biya serait aussi actionnaire de plusieurs sociétés. (…) À cela, l’on doit ajouter le château en construction, à côté de l’Ambassade des Ét
Aussi, pour le lancement en mai 2008 de l’hebdomadaire Germinal, qu’il dirige, Jean-Bosco Talla choisit-il de sortir un dossier spécial sur « L’argent et les biens de Paul Biya ». Une enquête très documentée. Le succès fut immédiat : alors que la presse indépendante camerounaise tire rarement à plus de 4 000 exemplaires, 11 000 copies de ce numéro spécial s’arrachent en quelques jours. En mai 2009, c’est un autre magazine indépendant, Mutations, qui s’interroge : « Avoirs camerounais à l’étranger : peut-on rapatrier l’argent volé ? ».
...acquisitions du citoyen Paul Biya et non du président.
On le voit, le sujet fait aujourd’hui débat au Cameroun. Et il y a de quoi. À peine devenu chef d’État, Paul Biya faisait parler de lui à propos de son patrimoine. Le 16 mars 1983, Le Canard enchaîné dévoilait deux acquisitions présidentielles en France : l’une avenue Foch à Paris, l’autre sur la Côte d’Azur, à Cagnes-sur-Mer. Le gouvernement camerounais explique alors que ces acquisitions sont le fait du citoyen Paul Biya et non du président.
Et Paul Biya se pare d’un discours vertueux : « Il nous faut assurément recourir à la moralisation de la vie publique ». En mai 1997, L’Événement du jeudi estime que la fortune du président camerounais et de sa famille approche les 70 millions d’euros, dont des châteaux en France et en Allemagne, à Baden-Baden. Un de ses proches, le professeur Titus Edzoa, estime aussi que « c’est le Camerounais le plus riche ». Parmi les résidences françaises, le journal camerounais L’Expression évoquait en 1997 celle du lieu-dit « de la ferme des bois » à Gambais (Yvelines), d’une valeur estimée de 6 millions d’euros à l’époque.
Selon les journalistes de Germinal en 2008, « Paul Biya serait aussi actionnaire de plusieurs sociétés. (…) À cela, l’on doit ajouter le château en construction, à côté de l’Ambassade des Ét

