Parce qu’il a eu des parents différents. Rien à voir avec les grands diplômes. Rien à voir avec de l’argent. Et d’ailleurs quelques temps avant son départ pour Lille, la maison de ses parents a été détruite dans le cadre d’un déguerpissement forcé à Dikolo-Bali. Carlos Baleba est différent parce que ses parents ont eu des valeurs.
Au moment de quitter le Cameroun, sa défunte mère qui sera emportée quelques mois plus tard par un cancer, lui a juste remis le livre de la sagesse la Bible. Deux discours ne sortaient pas de sa bouche, sans mettre Dieu au centre de tout. Son père alors? Un personnage atypique. Comme joueur, avant-centre de la grande Dynamo, son gabarit faisait son procès dans les duels. Son caractère n’épargnait personne. Adversaires comme officiels.
Lors d’une séance de formation des éducateurs de football initiée par Robert Corfou, il a eu seul le courage de lui montrer les limites du contenu qu’il leur enseignait. Corfou a décidé de le faire échouer. Pourtant, les témoignages étaient concordants. Un jour en discutant avec Eugène Ekeke avec qui il a travaillé au PMUC SPORTING CLUB comme Préparateur Physique, il l’intriguait sur son caractère bouillant, avant de me glisser : « C’est un excellent préparateur physique ». Venant de lui, c’est un diplôme.
« Coach Balu » a appris loyauté et respect à Carlos Baleba
Pourquoi je parle des parents de Carlos Baleba au moment où toutes les lumières ne montrent que Old Trafford ? Parce qu’ils lui ont appris la loyauté et le respect. Dis ainsi, ça peut paraître banal. Mais plus de 90% de jeunes footballeurs qui quittent l’Afrique, arrivent en Europe et sous la pression des parents restés au pays, écoutent des gens qui ne savent rien de leurs vies antérieures, quand les parents eux-mêmes, ne signent pas les mandats à tout va pour des agents qui défilent sous leurs yeux. D’autres, sous la pression de leurs formateurs, multiplient des bêtises qui épuisent leurs clubs d’accueil.
Les parents de Carlos Baleba sont restés constants, concentrés, et uniquement orientés vers les professionnels qui leur ont dit au départ où ils allaient. Le Coach Balu, père de Carlos, n’a laissé personne décider de l’orientation de la carrière de son fils. Il connaissait déjà le milieu. Il a veillé, fouillé, bêcher, tout ce qui était utile pour son enfant. Il est devenu le préparateur personnalisé de son fils , il notait les progressions, corrigeait les manques. Et jusqu’à ce jour, il est resté le père et le coach, et non le fan qui s’extasie devant sa fulgurante progression. C’est un modèle à enseigner aux parents qui rêvent des champions , mais font les Pom Pom girls devant les excentricités des talents non aboutis de leurs enfants. Je voudrais une standing ovation pour le Coach Balu, et une pensée pour sa valeureuse maman. Il reste beaucoup à faire, mais c’est déjà immense. Merci pour ce joyau.
Martin Camus MIMB, #NsangNkong, La Plume de Jésus










