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Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

Camfoot

Joseph Kamga, ancien mondialiste aujourd’hui reconverti en banquier, nous plonge dans le passé tout en nous faisant revivre le présent. Quelques temps forts de sa carrière de footballeur, les instants inoubliables de la coupe du monde 1982, cette coupe du monde qui fait mis les bases des victoires de l’équipe nationale du Cameroun. Entretien avec un connaisseur....

Le 26 mai 2014

Quand on évoque votre nom, ça nous rappelle la finale de la coupe du Cameroun que vous aviez remporté avec l’Union de Douala contre le Canon de Yaoundé en 1980. Parlez-nous de ce match

Je suis très content que vous me parliez de cette rencontre. Je peux vous parlez de ça comme si c’était hier. La finale avait eu lieu à Douala, le 03 août 1980 devant le président Ahmadou Ahidjo. Toute cette semaine, nous nous sommes vraiment préparés et à la veille le samedi, je voyais déjà la victoire. Parce qu’une bonne équipe de football s’est d’abord les dirigeants, il faut être honnête et le dire. On avait des fortes personnalités qui nous encadraient puisse qu’on s’entraînait en nocturne au stade Mbappe Leppe. Grâce à Monsieur Ngassa Happi, on a eu cette coupe. Il nous a vraiment encadrés. Il prenait les joueurs comme ses enfants. Il connaissait où chacun de nous habitait. Après les entraînements (20h00), il était avec ses joueurs jusqu’à une heure tardive de la nuit. Il faisait le tour des maisons dès qu’on finissait de jouer. C’est ça qui nous a motivés. Ça nous a vraiment donné la force de battre le Canon à cette époque. Je vous rappelle que sur le stade, il y avait vingt-deux internationaux. On a réussi à remporter le match deux buts contre un.

En 1980 vous jouiez en nocturne, quand vous voyez que 34 ans plus tard, on ne peut plus jouer la nuit au Cameroun...?

Vous savez que les temps sont différents. Aujourd’hui, il n’y a plus de dirigeants. Pour avoir des dirigeants, il faut des personnes qui ont de la passion pour le football. De nos jours, il y a de l’argent dans le football et les dirigeants viennent se remplir les poches. Les enfants ne peuvent pas jouer tant qu’ils ne sont pas encadrés. Si nous n’étions pas encadrés, nous n’aurions pas joué au football. Il y a un président de club au Cameroun qui a vendu une de ses maisons à Bonandjo (quartier résidentiel à Douala ndlr) pour sauver l’équipe parce qu’elle descendait en deuxième division. Il avait quel intérêt ? La passion. Aujourd’hui il n’y a plus la passion dans le foot, c’est le business que ce soit les joueurs ou les dirigeants.

Milieu de terrain de génie, votre carrière est pleine d’anecdotes. En 1980 alors que vous alliez jouer la finale retour de la coupe des vainqueurs de coupe contre le Stationery Store de Lagos au Nigéria, vous avez été interpellés à l’aéroport de Lagos par la police nigériane qui vous confondait à un prisonnier recherché. Parlez-nous de cette histoire...

Merci. Je ne savais pas que vous étiez au courant. Cela s’est passé deux fois : en 80 lorsque le Nigéria préparait la coupe d’Afrique des Nations, ils ont invité le Cameroun à livrer un match amical à Ibadan. Nous sommes arrivés à l’aéroport de Lagos, ils m’ont interrogé, ils ont pris mon passeport. C’est que quand ils ont vu un nom, Joseph Kamga, c’était un nom qu’il recherchait depuis. Malheureusement, ils n’avaient pas de photos, ni de date de naissance. Ils se sont dit que voila le monsieur que nous cherchions depuis, nous allons l’emmener en cellule. Le ministre Ngongang Wandji (Ministre de la jeunesse et des sports ndlr) de regretté mémoire, Zacharie Nko et tout le reste de la délégation ont dit que nous ne pourrions pas quitter l’aéroport tant que vous ne le libérez pas. Ils ont dit : regardez son jeune âge, regardez son passeport, tous les pays où il est allé, on ne voit nulle part où est écrit Nigéria. L’ambassadeur du Cameroun n’étant pas à Lagos, on était obligé de saisir le président de la république à Yaoundé et c’est lui qui a intervenu pour que je puisse être relâché le matin.

Selon vous, était-ce une manigance pour déstabiliser le groupe ou se sont-ils tout simplement trompés ?

Ils se sont juste trompés. Ça n’avait rien à voir avec le match.

Malgré ce malentendu vous vous êtes imposés au Nigeria ?

Oui. Nous étions tous décidés après avoir fait jeu égal (0 – 0) au match aller à Yaoundé. Il fallait tout faire pour gagner à Lagos.

Autre fait marquant de votre carrière de footballeur, vous avez occupé la double fonction d’entraineur, joueur dans plusieurs clubs dans lesquels vous êtes passés. Pourquoi entraineur et joueur en même temps ?

Vous savez j’ai commencé dans le Lion de Yaoundé, après le Lion, je suis allé au Tonnerre de Yaoundé, par la suite j’ai signé à l’Union de Douala où j’ai passé toute ma brillante carrière. Je n’avais plus rien à prouver. J’avais déjà gagné la coupe du Cameroun, j’étais déjà à une coupe des nations, j’avais participé à une coupe du monde et tous mes coéquipiers avec lesquels nous avions fait ces belles aventures n’étaient plus dans le club. Je suis allé à l’Unisport de Bafang où j’ai pris l’équipe en tant que joueur, entraineur. J’ai fait la même chose dans Unité de Douala que j’ai fait monter en deuxième division. C’était en 1988.

Quand vous regardez l’équipe nationale de football actuelle du Cameroun, quel est votre sentiment ?

Vous savez, une équipe de football est d’abord une famille. Quand on dit famille, ce sont des personnes solidaires, des gens disciplinées, des êtres qui s’aiment. Mais, il manque la sérénité au sein des Lions. Nous avons des enfants qui jouent très bien au football. Ils jouent dans des grands clubs en Europe mais, ce qui leur manque c’est la sérénité. Ils n’ont pas de modèle. Vous ne direz pas à un joueur aujourd’hui, joue comme Messi ou comme Lampard. Il vous dira : on se retrouve lors des matchs de championnat. Lorsque nous jouions à l’époque, nous avions des modèles. Il faut que des joueurs aient des modèles et que lorsqu’ils sont sur un terrain de football qu’il se demande que s’ils perdent que diront les camerounais. C’est ce qui nous a fait gagner le match à Kinatra, en 81. On se disait que feront les camerounais si nous perdions le match ? Il faut que les camerounais sachent aujourd’hui qu’ils jouent d’abord pour eux-mêmes. Quant-ils ont de bons résultats, ils signent des contrats. Je dis tout simplement qu’il faut la sérénité dans l’équipe nationale et nous aurons des résultats.

En 1982 qu’est ce qui faisait la différence ?

La force personnelle de chacun. Nous étions motivés d’abord parce que l’ancien chef de l’Etat s’était impliqué personnellement dans la préparation. Nous avons fait un mois de préparation en Allemagne. Nous ne connaissions pas les Platini, Les Boniek… On les connaissait à travers les journaux. On ne les avait jamais vus jouer. Et nous avions Jean Vincent de regretté mémoire. Nous avons travaillé. Nous jouions les matchs toutes les 48 heures et nous sommes arrivés au mondial gonflés.

Sans arriver à traverser la phase de poule...

Oui. Nous avions trois points comme le Pérou et l’Italie qui est allé gagner la coupe du monde. Nous avons fait trois matchs nuls. Vous savez quoi ? Le Zaïre avait pris neufs buts lors d’un seul match en 1978. Il nous fallait limiter les dégâts. Si nous connaissions ces pays avant de les affronter, nous aurions fait une très belle coupe du monde. La preuve est que l’Italie avec qui nous avons fait match nul a remporté cette coupe du monde.

Entretien mené par James Kapnang


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Vos commentaires

  • Le 26 mai 2014 à 14:16, par mouola-modest En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

    Quelle riche époque ? Avec Dzou tsanga de Btos, Abega du canon, Kamga de l’union, nos entraineurs avaient l’embarras du choix.3 milieux offensifs élégants et doués. Camfoot veuillez ns retrouver Paul Dzou Tsanga

    • Le 26 mai 2014 à 15:29, par kikamba En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      @mouola modest....Ohhhh vieux pere on vous sent dans la joie quand vous vous rappelez de votre epoque... a vrai dire mon´VIEUX´nous parlait aussi chaque matin avec nostalgie de cette epoque glorieuse...avec les arantes mbida,docta abega,rogers,mama jean louis,emana(le vrai,marco,pas la fotocopie de son fils achille kon a aujourdhui),mais emana marco alias essuis glace,les tokoto,ahoudou ibrahim,ebongue bouboule,les mbekal(poitrine fermee) etc....je les ai jamais vu en live jouer,mais je peux te donner les differents classements,c est kan meme dire ke les gars avaient marque leur epoque....

    • Le 27 mai 2014 à 06:22, par minbon En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      Camfoot sa fait chaud au coeur de lire le grand kamga coyez moi s,etait l epoque de l,art du football,on y gagnait sauf la satisfaction de bien faire meme en 2e divition on y retrouve des artistes comme le feu mbita petit papa et bengodo de l epervier d ebolowa. Je me souvient du docteur egwe de pwd de bamenda la liste est interminable. Des genies. Si nous pouvons avoir aujourd hui a la national un des genie de la d2 des annees 80 nous ferons l affaire mais helas 150millions par joueurs, c,est vraie que la fifa finance ,mais ces milliards que joueurs et dirigeants se partage ne peux il pas creer un emplois au jeune camerounais qui sont desesper dans les quartiers. Quel patriotisme ?

    • Le 27 mai 2014 à 06:54, par Nab En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      Sans oublier les Mama Jean-Louis, Enanga Jojo et autres numéros 10

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  • Le 26 mai 2014 à 09:59, par tendemo En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

    Ah Oui on a vue chat ! Good read from one great talent and hero who despite his age and proffesion still graces the pitchfrom time to time .
    Met the great man during an APECAM competition and am still trying to digest the skill he still disapates. He should be proud to have belonged to a talented generation.
    Thanks CAMFOOT it was a nice read.

    • Le 26 mai 2014 à 12:36, par Wahsih a Deng En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      @ Tony,
      Merci pour le rectificatif que t’as fait quant à l’équipe de foot connue sous l’appellation Stationery Stores. Son fief est bel et bien la ville de Lagos au Nigéria et pas Ibadan.
      Je tiens de ma part à faire deux précisions vis-à-vis de l’entretien accordé par Joseph Kamga à Camfoot.

      Le dernier trophée que le Cameroun a remporté au niveau de football des clubs en Afrique est celui gagné par l’Union de Douala face aux Stationery Stores en 1981. Et ce fut à la National Sports Stadium de Surulele au Nigéria. C’était lors de la finale de la Coupe des vainqueurs de coupes – score final : Stationery Scores 0 Union Douala 1. Les Stationery Stores avaient pour gardien de buts – un certain Peter Rufaï.

      Autant que je le sache, la seule équipe du Cameroun qui avait glané un trophée continental en 1980 fut le Canon de Yaoundé et ce face au Bilima de Kinshaha. Au match-aller à Garoua les deux équipes avaient fait match nul 0 – 0. Au match retour, le Kpa Kum a brûlé la politesse à son hôte de jour, 2 – 0. Voyez-vous que le Canon de 1980 regorgeait à son sein, les Nkono, Kunde, Mbom, Nguéa, Abéga, Mbida Arantes, Emana, Aoudou, Eboué, Manga Onguéné. Akono J-P, Akoa Django et consort.

    • Le 26 mai 2014 à 12:37, par Wahsih a Deng En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      Le deuxième rectificatif que je voudrais faire afin de tirer les choses au clair est celui des 3 équipes qui avaient eu 3 points aux matches de poules du groupe dont le Cameroun faisait partie durant le mondial espagnol en 1982. Le Pérou avait 2 points et ce suite aux deux matches nuls avec le Cameroun et l’Italie. Il avait été terrassé par la Pologne 5 buts à 1 pour le 3e match de poule. La Pologne avait donc fini avec 4 points car à cette époque-là, une victoire valait 2 points. L’Italie comme le Cameroun avait 3 points mais est passée au 2e tour grâce à son goal-average qui fut supérieur à celui du Cameroun.

      Je suis de tout cœur avec Joseph Kamga quant au matérialisme (ou la quête des gains) qui fait partie intégrante de la gestion du football camerounais de nos jours. SEF avait raison quand il a dit que Milla fut entouré des génies et que la qualité de service qu’il recevait de ses compères était bien supérieure à ce dont il est habitué avec les Lions de nos jours.

    • Le 26 mai 2014 à 15:55, par kikamba En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      @wahsih a deng..ooohhh type pardon laisse nous avec votre eto o la...il a raison de koi ?Roger claque 4 bijoux de buts en 90,il avait kel passeur ?sans toutefois leur manquer de respect,les emile mbouh ?makanaki ?pagal ?kunde ?ekeke ?kana ?omam ?libih ?ki faisait les benzuits(caviars) a rogers ?tu vas dire fefe ?laisse man.tous les gars avaient une valeure QUALITE DE PASSES EQUIVALENTE A CELLE KON A AUJOURD HU(depuis ke votre eto o est le fer de lance de l attaque)....Rogers se retrouvait meme en train de faire les passes sur lui meme (roumanie 2e but)ou pressing sur l adversaire(colombie avec rene higuita)pour marquer disdonc.
      Ou parfois meme le gars prenait le ballon en touche(colombie)ou attendait les longs degagements des kunde ou je ne sais plus ki labas derriere pour marquer(roumanie 1er but)...man laissez trankile votre eto o la et ne l inserez pas la ou les gens parlent de talent pur et brute coe rogers....merci

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  • Le 26 mai 2014 à 05:25, par SoupleMan En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

    Camfoot please vet hohr facts. Stationery store of Ibadan NOT of Lagos

    • Le 26 mai 2014 à 11:02, par Tony En réponse à : Souvenirs d’un mondialiste de 1982 : Joseph Kamga

      SoupleMan, Camfoot is right. It was indeed Stationary Stores of Lagos. There was Shooting Stars of Ibadan. Please always do well to check your facts before throwing accusations.

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