PSG – Arsenal a été une affiche de finale de l’UEFA Champions League très contrastée. Arsenal avait construit sa saison sur une rigueur défensive presque obsessionnelle. Une équipe qui ne lâche rien, qui étouffe l’adversaire, qui transforme chaque duel en épreuve d’endurance. Mais samedi à Budapest lors de la finale de la UEFA Champions League, cette force est devenue une faiblesse. Face à un PSG dominateur dans le jeu, les Gunners ont fini par s’épuiser… avant de s’effondrer aux tirs au but.
Le scénario avait pourtant tout du conte parfait : un but précoce de Kai Havertz, un bloc compact, une discipline de fer. Pendant près d’une heure, Arsenal a tenu, parfois héroïquement. Mais en refusant le jeu, seulement 24% de possession selon Opta, les hommes d’Arteta se sont condamnés à défendre sans répit.
Contre le PSG, Arsenal a étouffé ses talents
Martin Ødegaard, le capitaine et maître à jouer, n’a touché que 12 ballons en 65 minutes. On a imposé à Bukayo Saka, habituellement le métronome offensif, un rôle archi-défensif. Il était celui qui devait doubler la couverture contre Kvara. En voulant réduire au silence le Georgien, il a été réduit au silence. Arsenal a joué trop bas, trop longtemps, trop loin de ses forces.
Le plan de Mikel Arteta, densifier l’axe, fermer les espaces, survivre, a fonctionné… jusqu’à la faute de concentration. Une seule. Un duel mal négocié par Mosquera, un penalty concédé, et le PSG a recollé n’a pas raté sa chance de recoller.
Le seul à avoir surnagé offensivement fut Kai Havertz, auteur d’un but et d’un match immense dans l’effort. L’Allemand est devenu l’un des rares joueurs à marquer en finale de C1 avec deux clubs différents. Mais comme Mandzukic avant lui, cela n’a pas suffi pour soulever le trophée.
Arsenal a réussi 199 passes, le PSG 837. Cependant, en termes de distance parcourue sur le terrain, à plus de 150 kilomètres au contraire de 144 pour le PSG. C’était le prix à payer pour colmater tous les espaces et visser à double-tour son adversaire. En termes de possession de balle, Opta n’a mesuré que 24,7 % pour le club anglais. Pour les connaisseurs de football, on ne pouvait croire que Arteta se soit inspiré de la méthode de Diego Simeone. Il pensait peut-être surprendre le PSG, il aura presque réussi.
On s’entend qu’il aurait peut-être été imprudent de défier le PSG sur son propre terrain. Le Bayern Munich s’y est essayé en demi-finale, Et a perdu. On savait que ce match était en réalité une opposition entre deux styles. L’attaque du PSG contre la défense d’Arsenal. Le but de Kai Havertz à la sixième minute aura peut-être trompé Arteta qui a décidé de protéger coûte que vaille cet avantage. Tellement qu’ils n’ont pas cadré un seul tir au cours des 124 minutes incluant le temps additionnel.
Le paradoxe Arsenal : les balles arrêtées leur ont souri toute l’année, mais ils ont perdu la finale sur les balles arrêtées
Le PSG n’avait sérieusement que très peu d’options. Arsenal connaissait sa capacité de destruction massive à l’image de la finale de l’an dernier contre Inter Milan. Le plan de Arteta était d’installer en eux de la monotonie en neutralisant Khvicha Kvaratskhelia, Ousmane Dembélé et Vitinha. Le plan a failli fonctionner puisqu’ils ont été tous remplacés.
La tactique mise en place par le staff technique de Arsenal aura complètement échouée. Ironie cruelle : l’équipe la plus clinique d’Europe sur coups de pied arrêtés a perdu… sur un penalty manqué. Gabriel, symbole de cette réussite sur balles arrêtées, autant offensives que défensives, a croulé sous la pression. Cette équipe d’Arsenal n’a perdu aucun match dans le temps réglementaire de toute la Ligue des champions. Une performance rare, presque injuste. Face à un PSG qui a autant monopolisé le ballon la résistance ne pouvait pas durer éternellement.
Les choix du manager de Arsenal peuvent clairement être critiqué. Les profils choisi étaient beaucoup plus défensifs. Il a titularisé quatre défenseurs centraux d’entrée. Gyökeres, Martinelli, ont été sacrifiés au contraire de Havertz. Martin Ødegaard était le chien de garde de Vitinha et a très peu touché de ballon. Saka ? c’était triste de le voir aller.
À dire vrai, Arsenal n’a pas perdu con duel contre PSG parce qu’il était inférieur. Il a perdu parce qu’il a trop voulu survivre.












