Réuni en assemblée générale élective ce mercredi, le Syndicat national des footballeurs camerounais (Synafoc) a reconduit Geremi Njitap à sa présidence. Ce sera un troisième mandat consécutif (2026-2030) pour l’ancien Lion Indomptable. Seul candidat en lice, sa reconduction n’était qu’une évidence. Cette victoire intervient alors que l’ancien international camerounais reste sous le coup d’une suspension de cinq ans infligée par la Fécafoot de Samuel Eto’o.
C’est à Douala que s’est tenue l’assemblée générale élective du Synafoc. Sur les 296 membres en règle avec le syndicat, 143 étaient présents et inscrits pour voter. Résultat : les 143 suffrages exprimés se sont portés sur la liste conduite par Geremi Njitap, sans le moindre bulletin nul ou blanc. Un score sans appel que le président de la commission électorale a lui-même qualifié, non sans humour, de « score soviétique ».
Ce troisième mandat consécutif s’inscrit dans la continuité d’un parcours entamé le 3 novembre 2016. Son leadership a été confirmé en janvier 2022 avec 210 voix sur 211 votants. Geremi Njitap dirigera donc le Synafoc jusqu’en 2030.
Une réélection sous tension
Malgré l’unanimité du scrutin, l’ancien Lion Indomptable a tenu à souligner que le climat entourant cette élection n’avait rien d’apaisé. Prenant la parole après l’annonce des résultats, il a insisté sur la légitimité de son mandat. « J’ai été bien réélu, je dois le marteler. C’est une preuve que nos membres me font confiance malgré les menaces et les intimidations. » Il a par ailleurs affirmé que des cas d’intimidation avaient encore été signalés le matin même du vote.
Interrogé sur les priorités de ce nouveau mandat, Geremi Njitap a évoqué la défense des droits et des intérêts des joueurs et joueuses, la mise en œuvre des accords FIFA-FIFPro au Cameroun, l’ouverture d’un dialogue avec l’ensemble des acteurs du football camerounais, ainsi que l’amélioration des conditions de travail des footballeurs professionnels.
Une suspension de la Fécafoot toujours en vigueur
Cette réélection intervient dans un contexte particulier. Geremi Njitap reste, à ce jour, sous le coup d’une suspension de cinq ans de toute activité liée au football. La Commission d’éthique de la Fécafoot l’a prononcée le 18 juin 2025 : elle a sanctionné le syndicaliste pour « violation des règles de conduite générale et manque de loyauté », en application des articles 13(1) et 15 du code d’éthique de la fédération, et lui a infligé une amende de 10 millions de francs CFA.
Cette sanction faisait suite à un incident survenu dans les vestiaires de l’équipe nationale à Bouaké. Le Cameroun et la Gambie s’y sont affrontés pendant la CAN 2023 en Côte d’Ivoire. Cela aurait impliqué Geremi Njitap et le protocole présidentiel de Samuel Eto’o. Le secrétaire général du Synafoc, Me Daniel Blaise Ngos, avait pour sa part écopé de deux ans de suspension et de 5 millions de francs CFA d’amende.
Le bras de fer entre le syndicat et la fédération camerounaise ne s’est pas arrêté là. Lors de son assemblée générale des 15 et 16 novembre 2024, la Fécafoot a voté la rupture institutionnelle avec le Synafoc. Elle a transféré la représentativité des joueurs à l’Association nationale des footballeurs camerounais (Anfc). Saisi en appel, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a débouté le Synafoc le 9 mars 2026, confirmant la légalité du retrait d’agrément décidé par les instances fédérales. La suspension personnelle de Geremi Njitap demeure, elle aussi, en vigueur.
Quels enjeux après cette réelection de Gérémi Njitap au Synafoc ?
Geremi Njitap veut poursuivre son action avec l’appui de ses membres et de ses alliés internationaux. Le climat reste tendu entre le Synafoc et la Fécafoot, avec les différends sur les salaires des joueurs. C’est exactement le rôle d’un syndicat : défendre ses membres quand ils sont exclus des décisions. Un syndicat doit arracher des concessions aux présidents de club pour protéger ses joueurs. La Fécafoot protège souvent les présidents de club.











