On se rappelle comment Gianni Infantino avait manigancé avec brio pour succéder à Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Il avait mis hors d’état de nuire tous les autres prétendants. Pensant que Issa Hayatou allait se présenter contre lui, il avait monté une véritable campagne de déstabilisations contre le Camerounais. Peut-être le Karma ? C’est désormais Gianni Infantino qui traverse l’une des périodes les plus agitées de son long règne à la tête de la FIFA. Pourtant, après l’exploit des Lionnes Indomptables contre le Nigeria, le président de la FIFA a adressé un message personnel de félicitations au Cameroun. Une parenthèse footballistique, au milieu d’un été qui vire à la crise de gouvernance.
Le message d’Infantino après la qualification du Cameroun
Sur Instagram, Gianni Infantino a salué la performance des Lionnes Indomptables, qualifiées pour leur troisième Coupe du Monde féminine. C’est la victoire 1-0 contre le Nigeria, champion d’Afrique en titre, qui leur a offert ce ticket. Il s’est dit impatient de les voir à l’œuvre au Brésil en 2027.
En avril dernier déjà, lors de l’inauguration du nouveau siège de la FECAFOOT, il avait salué un tournant dans l’histoire du football local. Il avait promis à la fédération les infrastructures nécessaires pour se professionnaliser davantage.
Infantino, un président sous pression de toutes parts
Début août, l’instance dirigée par l’Italo-Suisse a abandonné en catastrophe un projet d’ouverture de son capital à des investisseurs privés. Le plan prévoyait de céder jusqu’à 20 % d’une nouvelle filiale, la FIFA Forward Enterprise, valorisée à 20 milliards de dollars. Il comptait lever environ 4,2 milliards de dollars destinés au développement du football mondial. Présenté à la surprise générale, le projet a immédiatement suscité une levée de boucliers. L’UEFA a menacé de boycotter les compétitions organisées par la FIFA. Plusieurs voix ont dénoncé un risque de marchandisation du football et de conflits d’intérêts.
Coup dur supplémentaire pour Gianni Infantino : son conseiller principal, Carlos Cordeiro, ancien président de la fédération américaine et ex-banquier chez Goldman Sachs, a démissionné avec effet immédiat pour protester contre ce projet. Dans sa lettre de départ, il a qualifié le plan de mauvaise affaire pour le football et s’est interrogé sur l’absence de réponses aux questions les plus élémentaires. Pourquoi cet accord, pourquoi maintenant, et à qui profiterait-il réellement ? Face à cette fronde, le président de la FIFA a fini par retirer le projet début août, évoquant des divisions qui ne servaient plus l’objectif initial.
À cela s’ajoutent d’autres tensions, plus anciennes mais toujours vivaces. Des accusations de partialité politique liées à sa proximité affichée avec Donald Trump, jusqu’à la remise controversée d’un premier « Prix FIFA de la Paix » au président américain. Ou encore une plainte déposée auprès de la commission d’éthique de la FIFA par une organisation de défense des droits humains. Plus récemment, le président de la fédération jordanienne de football a lui-même dénoncé des pressions exercées sur les fédérations membres pour qu’elles apportent leur soutien à Infantino.
Le football reste le football
Les autre pays qualifiés ont aussi reçu chacune un message similaire.Pour Gianni Infantino, il s’agit peut-être aussi d’un moyen de rappeler, à sa manière, que le football africain reste sa chasse gardée personnelle, à un an d’une nouvelle élection à la tête de la FIFA.







