Les Lions Indomptables sont absents de la Coupe du Monde. Comme le souhaitaient dans les faits et les gestes les dirigeants de la fédération, l’objectif a été atteint. Ils ont gagné et sont heureux d’avoir eu la tête du sélectionneur national Marc Brys. Ils le réalisent peut-être désormais que ce n’est pas une simple élimination. C’est le miroir brutal d’une administration qui refuse de se regarder en face. Les messages qui se racontent confondent agitation et travail, communication et stratégie. Le Cameroun n’a pas raté une qualification : il a exposé ses propres tares et montré les limites d’une navigation sans objectif.
Un coût financier que la Fecafoot ne peut plus cacher
L’absence au Mondial va coûter cher, très cher. Pas seulement en primes FIFA envolées, en sponsors refroidis ou en projets repoussés. Elle coûte en crédibilité, même s’il ne nous restait pas des tonnes. Elle coûte en respect. Elle coûte en influence. Pendant que les nations africaines qui travaillent avancent, modernisent leurs structures, stabilisent leurs sélections et construisent des projets cohérents, le Cameroun s’enfonce dans un cycle où l’improvisation tient lieu de méthode. Le football camerounais perd de l’argent, mais surtout il perd du temps. Et ce temps est la seule ressource que personne ne rembourse.
Sportivement, le recul est évident. Les joueurs camerounais ne bénéficieront pas de l’exposition mondiale, des matchs de très haut niveau. Il ne bénéficieront pas de la pression qui forge les grandes équipes. Les jeunes talents voient leur horizon se rétrécir. Les binationaux vont hésiter davantage à embarquer dans un navire sans destination. Le classement FIFA va reculer. Et pendant que les autres nations se montrent, séduisent, progressent, les Lions Indomptables disparaissent du radar mondial. Le Cameroun n’est plus une évidence. Il n’est plus une menace. Il n’est plus une référence. La preuve est qu’aucune nation qualifiée n’a sollicité les Lions Indomptables pour les matchs amicaux de préparation.
Une gouvernance qui tourne en rond
Mais le plus inquiétant reste la gouvernance. L’absence au Mondial met en lumière ce que tout le monde sait mais que personne n’ose dénoncer par peur de l’armée des influenceurs sociaux. Le football camerounais souffre d’un manque de vision. D’un manque de cohérence. D’un manque de courage. Les décisions se prennent au gré des humeurs, les promesses de réforme s’empilent, les crises se succèdent, les conflits internes se multiplient. On parle de reconstruction, mais comment reconstruire quand on refuse de reconnaître les fissures ? Comment avancer quand on maquille les problèmes au lieu de les affronter ?
Le Cameroun a tout pour être présent à chaque Coupe du Monde. Le talent, la passion, la culture, la base. Ce qui manque, ce n’est pas la matière première. C’est la méthode. C’est la stabilité et la capacité à bâtir un projet national, à protéger un staff, à développer une identité de jeu, à investir dans les infrastructures, à professionnaliser la formation. Tant que ces questions resteront sans réponse, les Lions Indomptables continueront de rugir dans le vide.
D’ou viendra l’électrochoc lorsque le président de la Fécafoot est incapable d’analyse?
Rater la Coupe du Monde devrait être un électrochoc. Un vrai. Pas un communiqué. Pas une conférence de presse. Pas un slogan. Un moment de vérité. Un moment où l’on accepte que le Cameroun n’est plus ce qu’il croit être, mais peut redevenir ce qu’il doit être. À condition d’avoir le courage de changer. À condition d’arrêter de confondre bruit et travail. À condition de comprendre que le football moderne ne pardonne plus l’amateurisme.
À la Fecafoot de décider maintenant si elle veut continuer à regarder la fête de loin ou si elle veut enfin reconstruire un football capable de retrouver la scène mondiale. Le choix appartient aux dirigeants. Mais cette instance a t-elle la capacité de se remettre en question ? d’analyser froidement comment on en est arrivé là et de tirer les meilleures conclusions ? De toute façon, la facture, elle, est déjà là. Et elle est salée.














