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Guide de la Bosnie-Herzégovine pour la Coupe du monde 2026

Après avoir été nommé sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine, Sergej Barbarez a su lui insuffler la passion et l’énergie qui pourraient en faire une équipe à suivre.

Le plan

Dire que la qualification de la Bosnie-Herzégovine pour la Coupe du monde est une surprise serait un euphémisme. Cette sélection n’avait remporté que quatre victoires lors de ses 19 derniers matchs répartis sur deux cycles de qualification. Elle se trouvait à la croisée des chemins lorsque Sergej Barbarez a pris les rênes en 2024. La campagne qui a suivi a été chaotique, riche en émotions et parfois irrationnelle. Cela demeure encore aujourd’hui la description la plus authentique du football bosniaque lui-même. Mais l’équipe de Barbarez a réussi à s’en sortir. Elle a éliminé le Pays de Galles et l’Italie lors de barrages dramatiques. Et s’est qualifiée pour la Coupe du monde pour la deuxième fois seulement de son histoire.

L’ancien capitaine avait espéré ce poste pendant des années, si longtemps qu’il n’avait entraîné nulle part entre-temps. Il avait fait du poker sa profession et profitait de sa retraite avant que la Fédération bosniaque ne le contacte enfin. Il a réuni autour de lui des amis proches et d’anciens coéquipiers. Emir Spahic est devenu directeur sportif, tandis que Sasa Papac et Zlatan Bajramovic ont rejoint le staff technique.

Au cours de la première année de Barbarez comme sélectionneur, 16 joueurs ont fait leurs débuts internationaux. La plupart a grandi et évolué à l’étranger, de la Suède à l’Allemagne en passant par l’Autriche et les États-Unis. Cela a constitué le socle de cette nouvelle équipe bosnienne. Barbarez n’aaura pourtant remporté aucune victoire lors de ses huit premiers matches. Et il a essuyé de vives critiques, mais il a insisté sur le fait qu’il devait d’abord reconstruire le mental de la sélection.

Sous la houlette de son entraîneur, la Bosnie ne pratique pas un football particulièrement spectaculaire. Les schémas tactiques changent régulièrement – généralement entre le 4-2-3-1 et le 4-4-2. Cependant, les structures de jeu passent rapidement au second plan lorsque les matchs prennent une tournure émotionnelle. Et c’est souvent le cas avec la Bosnie.

L’identité de jeu de cette sélection repose sur une défense agressive, un jeu direct et des transitions rapides. De jeunes joueurs tels que Kerim Alajbegovic, Esmir Bajraktarevic, Tarik Muharemovic et Amar Dedic ont insufflé une nouvelle énergie à une équipe toujours emmenée par le vétéran Edin Dzeko. La Bosnie a peu de chances de dominer de nombreux matches du Groupe B. Elle fera face au Canada, à la Suisse et au Qatar. Elle possède suffisamment de qualité, d’énergie émotionnelle et d’imprévisibilité pour devenir l’une des équipes les plus gênantes du tournoi.

L’entraîneur

Sergej Barbarez a passé des années à critiquer la façon dont le football bosniaque était géré. Il avait presque cessé d’espérer l’appel de Sarajevo, après avoir manifesté son intérêt pour le poste dès 2009. Quinze ans plus tard, il a pris les rênes de l’équipe nationale. C’est sans aucune expérience préalable en tant qu’entraîneur qu’il a dirigé son premier match contre l’Angleterre, à l’âge de 52 ans.

Ancien capitaine et figure emblématique, Barbarez est arrivé en promettant honnêteté, connexion émotionnelle et un renouveau complet après des années de dysfonctionnement autour de l’équipe nationale. Il n’a cessé de répéter le même message sur la passion, la fierté et la responsabilité de représenter le pays. Et au final, cette jeune équipe l’a assimilé. Après des victoires en barrages contre le Pays de Galles et l’Italie, son statut n’a fait que se renforcer. La victoire contre l’Italie l’a transformé d’un outsider amateur de poker en l’une des figures sportives les plus importantes de l’histoire de la Bosnie-Herzégovine.

Joueur vedette

Il y a les footballeurs normaux, et puis il y a Edin Dzeko. Même à 40 ans, tout tourne encore, d’une manière ou d’une autre, autour d’Edin. Le capitaine de la Bosnie-Herzégovine reste le plus grand footballeur du pays, son meilleur buteur de tous les temps et la référence d’une génération entière. Les jeunes joueurs de l’équipe parlent de lui avec une admiration qui frôle l’incrédulité.

Dzeko ne domine plus physiquement les matchs comme il le faisait autrefois à Wolfsburg ou à Manchester City, mais sa lecture du jeu, son sens du timing et sa capacité à gérer les moments de pression restent exceptionnels. Lors des barrages, il a une nouvelle fois répondu présent lorsque la Bosnie avait le plus besoin de lui. « Tant que je sentirai que je peux aider, je serai là », a-t-il déclaré récemment. Sans lui, la Bosnie ne serait pas à cette Coupe du monde.

Un joueur à suivre

À 18 ans, Kerim Alajbegovic est peut-être déjà le talent offensif le plus naturellement doué que la Bosnie-Herzégovine ait produit depuis Miralem Pjanic. Le milieu de terrain, qui a passé une saison au Red Bull Salzbourg avant que le Bayer Leverkusen ne déclenche une clause de rachat, arrive au tournoi avec l’attitude intrépide que certains joueurs ont à cet âge. Ce n’est pas seulement sa technique qui se démarque, mais aussi sa personnalité. Barbarez a fait confiance au jeune de 18 ans pour tirer les penalties lors des deux séances de tirs au but des barrages – et Alajbegovic a répondu avec un calme absolu. Élégant entre les lignes et intrépide en possession du ballon, il semble être le visage de la prochaine génération bosnienne.

Un héros méconnu

Pendant des années, la Bosnie-Herzégovine a formé des défenseurs centraux qui privilégiaient la défense avant de se soucier du jeu. Tarik Muharemovic semble toutefois être le premier à incarner une mentalité totalement différente. Né en Slovénie et formé en Autriche avant de faire ses armes dans le football italien avec la Juventus et Sassuolo, ce défenseur gaucher est discrètement devenu l’un des joueurs en qui Barbarez a le plus confiance.

Il n’est ni particulièrement bruyant, ni agressif, ni théâtral, ce qui, pour un défenseur, rend généralement les gens du football balkanique méfiants. Au contraire, Muharemovic résout les problèmes avec calme, porte le ballon vers l’avant et apporte à la Bosnie ce qui lui manquait depuis des années : le sang-froid.

Onze de départ probable

Composition probable de la Bosnie-Herzégovine

À quoi s’attendre des supporters

Les supporters de la Bosnie-Herzégovine sont passionnés, même selon les standards des Balkans. Certains supporters feront le déplacement depuis la Bosnie même, d’autres depuis les importantes communautés de la diaspora en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Suisse et aux États-Unis. Une fois réunis, ils forment généralement une foule bruyante et agitée dès le coup d’envoi. Les Coupes du monde revêtent une importance considérable car elles sont si rares ; plus de 100 000 personnes ont célébré la qualification rien que dans les rues de Sarajevo.

Une partie du soutien est organisée par le groupe d’ultras BHFanaticos, qui suit l’équipe nationale dans différents sports et anime l’ambiance tout au long des matchs. Attendez-vous à d’énormes drapeaux bleus et jaunes, à des symboles de fleurs de lys issus de la Bosnie médiévale, à des chants incessants, à des tambours, à de la fumée et à des chorégraphies. Et à de longues nuits autour des matchs aussi, car les Bosniaques ont tendance à célébrer chaque petit moment de football comme s’il ne devait jamais se reproduire.

Relations avec les États-Unis/Trump ?

Les relations entre la Bosnie-Herzégovine et les États-Unis sont généralement positives, même si les Bosniaques ont tendance à débattre de politique avec la même énergie qu’ils réservent aux arbitres de football. Beaucoup associent encore l’Amérique à son aide pour mettre fin à la guerre dans les années 1990, tandis que les États-Unis accueillent aujourd’hui une immense diaspora bosniaque, notamment autour de Saint-Louis, qui se décrit souvent en plaisantant comme « la quatrième plus grande ville de Bosnie ».

Quant à Donald Trump, les avis sont partagés, ce qui en Bosnie signifie généralement que tout le monde est mécontent pour des raisons complètement différentes. Les supporters en déplacement semblent toutefois bien plus irrités par la FIFA que par la Maison Blanche. La principale plainte est d’ordre logistique : vols intérieurs, distances absurdes et prix des billets qui font que ce tournoi ressemble moins à une Coupe du monde qu’à trois tournois distincts accidentellement assemblés.

Écrit par Sasa Ibrulj pour Skaut Sport

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