À Yaoundé, dans le quartier Warda, une silhouette moderne domine désormais le paysage administratif du football camerounais. Dès ce 12 mai 2026, la Fécafoot inaugurera officiellement son nouveau siège. Ce projet n’est pas nouveau. Pensé et conçu par un seul homme Iya Mohamed, il avait étalé son plan après sa réélection en 2009. Ce bâtiment attendu depuis plus d’une décennie, est devenu au fil des années un symbole autant politique que sportif.
Il faut bien le dire, cette infrastructure est née de l’imagination d’un seul homme. Iya Mohamed. Avec son comité exécutif de 2009, il a travaillé d’arrache-pied pour donner en leg à la postérité ce joyau architectural. Depuis 2004, lorsque Mbarga Mboa a été nommé ministre des Sports, il savait que ses jours à la Fécafoot étaient comptés. Lors de la pose de la première pierre, Adoum Garoua, alors ministre des Sports et de l’Éducation physique, a rappelé que les financements de la construction provenaient « des retombées de notre participation à la Coupe du monde 2010, cantonnées dans un compte à la Fifa depuis lors ».
À l’époque de Mbarga Mboa, le ministère refusait de laisser la Fécafoot décider seule de l’utilisation des fonds issus du Mondial 2010.
Treize ans après, l’ambitieux projet de ce gestionnaire en prison depuis 2013, fait lever les foules. Son ambition d’offrir à la fédération une maison à la hauteur du prestige des Lions Indomptables et du poids historique du Cameroun sur la scène africaine s’est enfin réalisé. Et pourtant, en lançant les travaux le 13 novembre 2012, l’ambition était de l’achever rapidement. Mais le chantier ralentit brutalement, avant de pratiquement s’arrêter pendant de longues années. Il faut dire que le football camerounais traversait des moments d’instabilité chroniques, avec 3 comités de normalisation ou de gestion.
Nouveau siège de la Fécafoot : conçu il y a 17 ans, il reste au goût du jour
Entre difficultés administratives, contraintes financières et instabilité institutionnelle, le futur siège devient progressivement un monument inachevé. Une carcasse de béton visible au cœur de Yaoundé, souvent évoquée comme l’un des symboles des blocages chroniques du football camerounais.
Le nouveau bâtiment est pensé comme un centre administratif moderne. Bureaux, salles de réunion, espaces techniques, restaurant, salle de conférence et parkings doivent permettre à la fédération de fonctionner dans des standards plus proches des grandes institutions sportives continentales. Certaines estimations évoquent un coût prévisionnel avoisinant 1,7 milliard de FCFA.
Les travaux de construction du nouvel immeuble siège de la Fécafoot ont débuté le mardi 13 novembre 2012é. Etalé sur 2 500 m2 en raison de 600 000 francs/m2, les coûts prévus de la construction de cet immeuble s’élèvaient à environ 1 786 000 000 (un milliard sept cent quatre-vingt six millions de francs Cfa).
Mais au-delà du béton et du verre, la finalisation de ce siège permettra à la Fécafoot et Samuel Eto’o d’avoir un rare moment de réalisation. Ces dernières saisons ont été marquées par des tensions répétées avec le ministère des Sports, mais pas que. Il y a aussi eu des polémiques internes et des affrontements autour de la gouvernance du football national.
Dans ce contexte, l’inauguration prévue le 13 mai prend une dimension particulière. Elle doit réunir plusieurs personnalités du football africain et international autour d’un projet que beaucoup jugeaient autrefois impossible à achever.
On rêve donc que ce siège représente une promesse : celle d’une fédération plus stable, plus moderne et capable, enfin, de construire durablement.












