TAS - FIFA - FECAFOOT : L’heure de vérité approche

Camfoot

La situation qui prévaut dans le football camerounais depuis plusieurs années est préoccupante. Que se soit au niveau structurel ou technico tactique, le développement du football n’est plus au centre des discussions des instances, mais la chicane pour le contrôle du football a désormais droit de cité. Le Cameroun s’est retrouvé avec deux entités à Zurich pour l’élection du président de la FIFA. Nous avons interviewé Mr Abdouraman Hamadou pour comprendre l’impact du changement de gouvernancee à la FIFA.

Le 1er mars 2016
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Vous avez fait le déplacement à Zurich en Suisse accompagné notamment de Mr John Ndeh. Qu’est ce qui justifiait votre présence peu avant le congrès électif de la Fifa alors que vous n’en étiez pas un des électeurs ?

Tout le monde savait que ce Congrès extraordinaire du 26 février 2016 représentait un tournant majeur de l’histoire du football mondial. Il fallait donc être au plus près des événements. Nous n’étions pas là en qualité d’électeurs. Il n’ y avait pas que les électeurs à ce congrès, pour preuve, M. Tombi A Roko et ses compagnons n’avaient aucune qualité pour voter au nom du Cameroun mais ils l’ont fait, à cause cette FIFA tant décriée par le monde entier et qui pour moi, a disparu depuis vendredi soir. Pour nous c’était surtout une occasion unique pour rencontrer certains acteurs majeurs du football mondial pour exposer le cas de la Fédération Camerounaise de Football. Sur ce point, ce déplacement a été un succès.

Immédiatement après l’élection de Gianni Infantino à la tête de la Fifa, vous avez salué « l’avènement d’une nouvelle Fifa ». Vous semblez plus que satisfait par son élection. Pourquoi alors qu’il était de loin le candidat pour qui l’Afrique avait décliné son penchant ?

Je ne suis pas sûr que la consigne de vote donnée par la CAF a réellement pris en compte les intérêts du football africain. Comme toujours, les intérêts personnels ont pris le dessus. Je suis convaincu qu’avec Gianni Infantino, la FIFA redeviendra la maison du football mondial et non la maison de quelques individus qui avaient fini par croire que le football leur appartenait et qu’ils pouvaient en disposer à leur guise en dehors de toute contrainte légale et réglementaire. Nous avions à la tête du football mondial une oligarchie avec des méthodes digne de la Cosa Nostra.

Qu’espérez-vous de la nouvelle direction ? Et avec quelle rapidité pourront-ils mettre fin à la toile qu’a pris 40 ans pour mettre en place Sepp Blatter ?

Je ne suis certainement pas bien placé pour répondre à cette question, mais je suis sûr que les valeurs ont déjà commencé à changer à la FIFA depuis le 26 février au soir. Certaines choses ne sont plus possibles et tout le monde le sait. Pour le reste, laissons le nouveau président prendre ses marques.

Gianni Infantino fait partie de la galaxie Platini, ce dernier moulé dans l’ancien système-Blatter que vous pourfendez. Cela suppose que le nouveau président aussi est un produit de l’ancien système. Pensez-vous qu’il pourrait gérer les dossiers chauds de la Fifa sans se référer à ses pairs d’hier ?

Je me garderai d’associer Platini à Blatter comme vous le faites. Il ne faut pas oublier que Platini a ouvertement pris ses distances avec Blatter depuis quelques années. Et puis, il suffit de voir comment fonctionnent l’UEFA sous Platini et la FIFA sous Blatter pour se rendre compte du gouffre qui les sépare. Gianni Infintino a justement pris une grande part dans l’édification de cette UEFA que tout le monde envie aujourd’hui. Il est vrai que la FIFA n’est pas l’UEFA, mais je n’ai aucun doute que le nouveau président de la FIFA saura relever les défis.

Parlons du cas du Cameroun qui est l’un des dossiers brûlants qu’il trouve sur sa table, en rapport avec la crise postélectorale à la Fécafoot. Est-ce que l’arrivée de Gianni Infantino peut y changer quelque chose conformément aux injonctions du TAS qui donne à la Fifa jusqu’au 2 mars pour désigner le représentant légal de la Fécafoot ?

Le TAS n’a pas demandé à la FIFA de désigner le président de la FECAFOOT, mais d’expliquer les raisons qui les ont amenés à collaborer avec un exécutif dont l’élection a été annulée. M. Tombi a informé le TAS avec preuves à l’appui qu’il était reconnu par la CAF et la FIFA et c’est pour cette raison que le TAS a voulu comprendre en adressant à la FIFA cette demande d’explications avant de décider. Il faut relever que quelque soit la réponse de la FIFA, il reviendra au TAS de trancher en se basant uniquement sur le droit. Par contre, je suis sûr qu’avec l’arrivée de Gianni Infantino, ce ne sera plus une histoire de copains. Je suis convaincu que la FIFA ne s’ingérera plus dans les affaires de la FECAFOOT comme elle l’a fait en permanence ces trois dernières années.

Et si jamais la Fifa répondait au TAS en faveur de l’exécutif actuel à la tête de la Fécafoot, quelle suite donneriez-vous à l’affaire ?

La FIFA n’a aucune compétence pour se prononcer sur cette affaire. Elle va donner un point de vue qui va être examiner par le TAS qui décidera. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans le cadre d’une procédure juridictionnelle. La loi et les statuts de la FECAFOOT ont reconnu la CCA comme juridiction de dernier recours au Cameroun et précisé que ses décisions ne peuvent faire l’objet d’appel que devant le TAS. Le processus électoral de la FECAFOOT a été annulé par la CCA et seul le TAS est compétent pour annuler cette décision. Je suis confiant que le TAS dira le droit dans cette affaire et que d’ici quelques jours, la légalité sera restaurée à la FECAFOOT.


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