Joseph Antoine Bell : "Nous sommes installés dans la culture du paraître"Joseph Antoine Bell, la triste actualité c’est le crash de l’avion de Kenya Airways à Douala. Parmi les victimes, on compte trois arbitres de football. Quelles réflexions vous inspire ce drame ?
(D’une voix basse) C’est une grande tristesse quand on pense à toutes ces victimes, à leurs familles. S’agissant des arbitres auxquels vous faites allusion, ce sont de jeunes gens que je connais. Particulièrement Martin Omgba Zing qui était le fils de feu Tsala, un cadre qui a longtemps servi le football à la FECAFOOT et qui a signé ma première licence. Il s’est éteint dans l’indifférence et la détresse alors qu’il a tout donné au football camerounais pendant de très longues années. En 1994, il me disait de tout faire pour remporter les élections à la FECAFOOT afin d’améliorer le sort des employés de l’institution et de redresser le football camerounais. Hélas ! Des vendeurs d’illusions ont pris les commandes de notre fédération. On connaît la suite. Et voici que son fils, qui servait lui aussi le football dans une position différente, perd la vie dans des conditions dramatiques.
A l’échelle camerounaise, ces arbitres faisaient partie des meilleurs. Il est évident que ceux qui vont les remplacer seront moins bons puisque ceux qui viennent de disparaître leur avaient été préférés.
Et le crash lui-même et toutes les problèmes pour localiser l’épave de l’avion ?
De prime abord, on peut s’interroger sur des zones d’ombre qui peuvent laisser penser à de la négligence. Les conditions dans lesquelles l’avion a reçu son autorisation de décoller alors que d’autres attendaient encore, sa disparition et le temps long avant l’alerte sont pour le profane autant d’attentes que l’enquête devra satisfaire en termes d’informations.
Mais déjà , je vais redire ce que je dis depuis longtemps : c’est quand il y a une crise que l’on apprécie la capacité des gens à assumer des responsabilités. Ce n’est pas quand tout marche bien. Je me demande si les contrôleurs sont entraînés à faire face à ce type de situation où on ne peut pas ne pas s’inquiéter. Je veux bien que les gens soient optimistes mais là il y avait une situation pas ordinaire du tout.
C’est l’équation personnelle des individus, au-delà des fonctions qu’ils occupent ou des titres qu’ils portent, qui fait la différence dans ces situations de crise. Il faut alors avoir le courage de se poser les bonnes questions et l’intelligence de trouv
(D’une voix basse) C’est une grande tristesse quand on pense à toutes ces victimes, à leurs familles. S’agissant des arbitres auxquels vous faites allusion, ce sont de jeunes gens que je connais. Particulièrement Martin Omgba Zing qui était le fils de feu Tsala, un cadre qui a longtemps servi le football à la FECAFOOT et qui a signé ma première licence. Il s’est éteint dans l’indifférence et la détresse alors qu’il a tout donné au football camerounais pendant de très longues années. En 1994, il me disait de tout faire pour remporter les élections à la FECAFOOT afin d’améliorer le sort des employés de l’institution et de redresser le football camerounais. Hélas ! Des vendeurs d’illusions ont pris les commandes de notre fédération. On connaît la suite. Et voici que son fils, qui servait lui aussi le football dans une position différente, perd la vie dans des conditions dramatiques.
A l’échelle camerounaise, ces arbitres faisaient partie des meilleurs. Il est évident que ceux qui vont les remplacer seront moins bons puisque ceux qui viennent de disparaître leur avaient été préférés.
Et le crash lui-même et toutes les problèmes pour localiser l’épave de l’avion ?
De prime abord, on peut s’interroger sur des zones d’ombre qui peuvent laisser penser à de la négligence. Les conditions dans lesquelles l’avion a reçu son autorisation de décoller alors que d’autres attendaient encore, sa disparition et le temps long avant l’alerte sont pour le profane autant d’attentes que l’enquête devra satisfaire en termes d’informations.
Mais déjà , je vais redire ce que je dis depuis longtemps : c’est quand il y a une crise que l’on apprécie la capacité des gens à assumer des responsabilités. Ce n’est pas quand tout marche bien. Je me demande si les contrôleurs sont entraînés à faire face à ce type de situation où on ne peut pas ne pas s’inquiéter. Je veux bien que les gens soient optimistes mais là il y avait une situation pas ordinaire du tout.
C’est l’équation personnelle des individus, au-delà des fonctions qu’ils occupent ou des titres qu’ils portent, qui fait la différence dans ces situations de crise. Il faut alors avoir le courage de se poser les bonnes questions et l’intelligence de trouv

