Directeur de la Publication Haman Mana
» Quotidienmutations
DOSSIER DE LUNDI | 12 Nov 2006
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Roissy Charles De Gaule : Atterrissage dans un colis de 3,4 kilogrammes
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ç’aurait pu être un vol ordinaire de la Camair, sans ces sacoches bizarres...
Une enquête à Paris, de Serge Alain Godong
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On peut raisonnablement faire confiance à la formidable capacité qu’offre ordinairement la prison pour convertir ses pensionnaires en parfaits philosophes : Ali Boukar, qui va désormais y passer ses 24 prochains mois – pour avoir été reconnu coupable de s’être mêlé à un trafic international de drogue – en a d’ailleurs quelques franches prédispositions. Puisque, mardi dernier, il empilait jurons et incompréhensibles onomatopées, debout, dans l’enceinte du tribunal de grande instance de Bobigny. Sauf que, en France, bien peu de gens savent souvent exactement de quoi cela retourne. Surtout lorsque les personnes qui les entendent sont des juges, individus tendant structurellement à se méfier de tous ceux qui ont justement enfariné le visage du Bon Dieu avec l’éclat argenté d’une petite poudre blanche.
Toute une histoire qui se déroule entre les mois de janvier et novembre 2006, année de référence, pour ceux qui veulent se donner à l’écriture des polars. Avec des protagonistes dont les visages peupleraient alors, pourquoi pas, certains quartiers sinistres de Medellin, en Colombie : Sanny Marouf, 34 ans, de nationalité béninoise (dans le rôle du facilitateur) ; Oluseyi Aboola Adeyinka, 41 ans, de nationalité britannique mais d’origine nigériane (affecté à la tâche de récupérateur des "colis") ; Philip Uit den Bogaard, 40 ans, de nationalité belge, aux fonctions demeurées inconnues ; Ali Boukar, 31 ans, stewart à la Camair, plaque tournante de toute la mésaventure ; et, bien entendu, toute une armée de policiers.
Six heures à bord d’un vol Cameroun Airlines qui se pose (normalement) à Paris – et à l’heure – paraissent toujours, à peu de choses près, relever d’un miracle : les passagers sortent de l’appareil, avec l’impatience d’une colonne de prisonniers proches d’une évasion. L’équipage les suit, costumes bleu nuit et chemises blanches. Tout se passe comme à l’ordinaire : sourires de dentiers
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DOSSIER DE LUNDI | 12 Nov 2006
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Roissy Charles De Gaule : Atterrissage dans un colis de 3,4 kilogrammes
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ç’aurait pu être un vol ordinaire de la Camair, sans ces sacoches bizarres...
Une enquête à Paris, de Serge Alain Godong
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On peut raisonnablement faire confiance à la formidable capacité qu’offre ordinairement la prison pour convertir ses pensionnaires en parfaits philosophes : Ali Boukar, qui va désormais y passer ses 24 prochains mois – pour avoir été reconnu coupable de s’être mêlé à un trafic international de drogue – en a d’ailleurs quelques franches prédispositions. Puisque, mardi dernier, il empilait jurons et incompréhensibles onomatopées, debout, dans l’enceinte du tribunal de grande instance de Bobigny. Sauf que, en France, bien peu de gens savent souvent exactement de quoi cela retourne. Surtout lorsque les personnes qui les entendent sont des juges, individus tendant structurellement à se méfier de tous ceux qui ont justement enfariné le visage du Bon Dieu avec l’éclat argenté d’une petite poudre blanche.
Toute une histoire qui se déroule entre les mois de janvier et novembre 2006, année de référence, pour ceux qui veulent se donner à l’écriture des polars. Avec des protagonistes dont les visages peupleraient alors, pourquoi pas, certains quartiers sinistres de Medellin, en Colombie : Sanny Marouf, 34 ans, de nationalité béninoise (dans le rôle du facilitateur) ; Oluseyi Aboola Adeyinka, 41 ans, de nationalité britannique mais d’origine nigériane (affecté à la tâche de récupérateur des "colis") ; Philip Uit den Bogaard, 40 ans, de nationalité belge, aux fonctions demeurées inconnues ; Ali Boukar, 31 ans, stewart à la Camair, plaque tournante de toute la mésaventure ; et, bien entendu, toute une armée de policiers.
Six heures à bord d’un vol Cameroun Airlines qui se pose (normalement) à Paris – et à l’heure – paraissent toujours, à peu de choses près, relever d’un miracle : les passagers sortent de l’appareil, avec l’impatience d’une colonne de prisonniers proches d’une évasion. L’équipage les suit, costumes bleu nuit et chemises blanches. Tout se passe comme à l’ordinaire : sourires de dentiers

