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Nathalie Yamb Nathalie Yamb a écrit le 31 juillet 2006 à 16h28
Bras cassés et barbouzes à col blanc

Les sociétés gauloises utilisent volontiers l’Afrique comme dépotoir pour des employés dont elles n’ont que faire en France. Le gros du staff tricolore est constitué de bras cassés ou de barbouzes à col blanc. La probabilité qu’un cadre français expatrié en Afrique fasse un retour triomphal à un poste de responsabilité au siège de son groupe est infinitésimale. Le retour en France est souvent synonyme de punition. Ces patrons d’entreprises venus d’ailleurs, qui, sous les tropiques, usent fréquemment de méthodes de gestion féodales tout en jouissant d’avantages salariaux indécents, se retrouvent généralement dans le tiers inférieur de l’échelle hiérarchique dans leur pays d’origine. Un directeur financier Afrique de l’Ouest basé à Abidjan se mue en comptable de la filiale de Lons-le-Saunier ; un directeur marketing et commercial au Cameroun (re)devient chargé de clientèle à Evreux. Passer de la villa de 6 chambres avec piscine dans les quartiers chics à un 50 m² perché au 6ème étage d’un immeuble sans ascenseur en banlieue ou du 4x4 climatisé avec chauffeur au métro ou à la Renault Clio est une perspective tellement traumatisante que beaucoup préfèrent démissionner plutôt que rentrer chez eux.

Et c’est ainsi que s’enclenche le processus de recyclage d’un bataillon peu performant, mais assuré de pérennité tant qu’il adhère aux objectifs et participe au fonctionnement du système françafricain. L’observation attentive de la carrière des expatriés français en Afrique fait ressortir un itinéraire standard. Dans l’ordre alphabétique : Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Tchad. Il est piquant de constater qu’en Afrique australe et même dans les pays anglophones d’Afrique centrale ou de l’ouest, où la gestion des expatriés est soumise à de très stricts contrôles et régulations, le nombre de cadres français est anecdotique cependant que le niveau « qualitatif » de ces derniers dépasse notablement celui de leurs congénères évoluant en Afrique dite francophone.

Pendant ce temps, le cadre africain ayant débuté sa carrière dans l’Hexagone à la suite de brillantes études, est assez rapidement astreint à un état de stagnation durable, incapable de franchir le « plafond de verre ». Cette frontière invisible est issue d’une règle non écrite mais systématiquement mise en œuvre
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