Mon cher Roger
Nous nous connaissons, nous nous fréquentons et nous nous apprécions depuis bientôt trois décennies. J’ai eu le bonheur de te suivre dans toutes tes Coupes du monde et toutes tes CAN. Mes plus beaux souvenirs sont indissociablement liés au phénoménal parcours des Lions Indomptables en Italie, ton Mondial, celui qui t’a fait roi parmi les rois de la planète. Cette année-là tu es devenu le Pelé noir, pardon africain, du royaume du football. Tu m’as procuré beaucoup de joie et tu m’as encouragé à épouser davantage encore la cause du football africain.
Nous nous sommes dit beaucoup de choses, des vérités comme des banalités. Nous nous sommes opposés parfois, mais nous n’avons cessé d’avoir de l’estime l’un pour l’autre. Hier encore, tu me demandais de préfacer un des ouvrages qui allaient t’être consacré. Ce que j’ai fait, fier de l’honneur que tu me faisais.
Aujourd’hui, je voudrais t’adresser ce message, celui d’un homme attristé par les propos que tu as tenus au soir du match Tunisie - Ukraine et dont j’ai eu récemment l’occasion de prendre connaissance. Que dis-tu à propos de la participation africaine à ce Mondial : « que les Africains auraient pu percer s’ils avaient eu toutes leurs chances; s’il y avait eu le Cameroun, le Nigéria, l’Egypte, le Sénégal et le Maroc, l’affaire aurait pu être autre ».
Mon cher Roger,
Il me semble qu’en ta qualité de membre du groupe technique de la FIFA tu as une certaine obligation de réserve et qu’il n’était pas dans ton rôle de ressasser une vieille rengaine. Généralement, vois-tu, les absents ont tort.
Hormis les Lions de la Teranga, magnifiques et généreux il y a quatre ans en Asie, qu’ont donc fait de mieux les autres que tu as cités. Ton Cameroun qui depuis son quart de finale de 1990, à Naples, contre l’Angleterre a toujours été éliminé au premier tour et n’a remporté qu’une seule victoire en neuf sorties. Tu es trop grand pour plonger dans un chauvinisme qui ne te grandit pas.
J’aimerais te rappeler qu’à l’origine la CAF avait envisagé de faire de la Coupe d’Afrique l’épreuve de sélection pour la représentation africaine à la Coupe du monde. On aurait pris les quatre demi-finalistes et une cinquième équipe dont le mode de désignation restait à définir. Ton pays comme tous les autres que tu as nommés s’y étaient farouchement opposés, intervenant même auprès de la FIFA pour revendiquer la phase éliminatoire telle qu’elle a été décidée.
((A suivre)
Nous nous connaissons, nous nous fréquentons et nous nous apprécions depuis bientôt trois décennies. J’ai eu le bonheur de te suivre dans toutes tes Coupes du monde et toutes tes CAN. Mes plus beaux souvenirs sont indissociablement liés au phénoménal parcours des Lions Indomptables en Italie, ton Mondial, celui qui t’a fait roi parmi les rois de la planète. Cette année-là tu es devenu le Pelé noir, pardon africain, du royaume du football. Tu m’as procuré beaucoup de joie et tu m’as encouragé à épouser davantage encore la cause du football africain.
Nous nous sommes dit beaucoup de choses, des vérités comme des banalités. Nous nous sommes opposés parfois, mais nous n’avons cessé d’avoir de l’estime l’un pour l’autre. Hier encore, tu me demandais de préfacer un des ouvrages qui allaient t’être consacré. Ce que j’ai fait, fier de l’honneur que tu me faisais.
Aujourd’hui, je voudrais t’adresser ce message, celui d’un homme attristé par les propos que tu as tenus au soir du match Tunisie - Ukraine et dont j’ai eu récemment l’occasion de prendre connaissance. Que dis-tu à propos de la participation africaine à ce Mondial : « que les Africains auraient pu percer s’ils avaient eu toutes leurs chances; s’il y avait eu le Cameroun, le Nigéria, l’Egypte, le Sénégal et le Maroc, l’affaire aurait pu être autre ».
Mon cher Roger,
Il me semble qu’en ta qualité de membre du groupe technique de la FIFA tu as une certaine obligation de réserve et qu’il n’était pas dans ton rôle de ressasser une vieille rengaine. Généralement, vois-tu, les absents ont tort.
Hormis les Lions de la Teranga, magnifiques et généreux il y a quatre ans en Asie, qu’ont donc fait de mieux les autres que tu as cités. Ton Cameroun qui depuis son quart de finale de 1990, à Naples, contre l’Angleterre a toujours été éliminé au premier tour et n’a remporté qu’une seule victoire en neuf sorties. Tu es trop grand pour plonger dans un chauvinisme qui ne te grandit pas.
J’aimerais te rappeler qu’à l’origine la CAF avait envisagé de faire de la Coupe d’Afrique l’épreuve de sélection pour la représentation africaine à la Coupe du monde. On aurait pris les quatre demi-finalistes et une cinquième équipe dont le mode de désignation restait à définir. Ton pays comme tous les autres que tu as nommés s’y étaient farouchement opposés, intervenant même auprès de la FIFA pour revendiquer la phase éliminatoire telle qu’elle a été décidée.
((A suivre)

