3. La touche sud-américaine
Le football a beau avoir été introduit en Amérique du Sud par des commerçants britanniques à la fin des années 1890, on le pratique d’une manière très différente. Au début, “tout le monde se contentait de courir après le ballonâ€, raconte Enrique Aramburu, un des administrateurs du Peñarol, une équipe uruguayenne [créée en 1891 par des cheminots britanniques]. Jusqu’à ce qu’un Ecossais du nom de Joe Harley fasse découvrir au club le principe, plus satisfaisant sur le plan esthétique, des passes courtes.
La Première Guerre mondiale met fin aux tournées internationales, et les Européens doivent attendre les Jeux olympiques de Paris, en 1924, pour goûter à la subtilité sud-américaine. L’Uruguay pulvérise tout ce qui dresse sur sa route, marquant 20 buts et n’en encaissant que 2 en cinq matchs. Les joueurs font preuve d’une “merveilleuse virtuosité dans la réception, le contrôle et l’exploitation du ballonâ€, écrit Gabriel Hanot, le journaliste français qui sera plus tard à l’origine de la Coupe d’Europe. “Ils ont créé un football magnifique, élégant et rapide, puissant et efficace.â€
L’Uruguay bat l’Argentine en finale des Jeux de 1928 et la bat à nouveau deux ans plus tard en finale de la première Coupe du monde. “Les équipes sud-américaines ont mieux traité le ballon et ont eu un jeu plus tactiqueâ€, explique alors l’avant-centre de l’équipe argentine de la Coupe du Monde, Francisco Varallo. Au cours des deux décennies suivantes, le football argentin connaît son âge d’or, avec son célèbre style dit “la nuestra†[notre école]. C’est le football tel qu’on le pratique dans les bidonvilles, qui exige un contrôle impeccable et repose sur les individualités et l’improvisation.
Le football a beau avoir été introduit en Amérique du Sud par des commerçants britanniques à la fin des années 1890, on le pratique d’une manière très différente. Au début, “tout le monde se contentait de courir après le ballonâ€, raconte Enrique Aramburu, un des administrateurs du Peñarol, une équipe uruguayenne [créée en 1891 par des cheminots britanniques]. Jusqu’à ce qu’un Ecossais du nom de Joe Harley fasse découvrir au club le principe, plus satisfaisant sur le plan esthétique, des passes courtes.
La Première Guerre mondiale met fin aux tournées internationales, et les Européens doivent attendre les Jeux olympiques de Paris, en 1924, pour goûter à la subtilité sud-américaine. L’Uruguay pulvérise tout ce qui dresse sur sa route, marquant 20 buts et n’en encaissant que 2 en cinq matchs. Les joueurs font preuve d’une “merveilleuse virtuosité dans la réception, le contrôle et l’exploitation du ballonâ€, écrit Gabriel Hanot, le journaliste français qui sera plus tard à l’origine de la Coupe d’Europe. “Ils ont créé un football magnifique, élégant et rapide, puissant et efficace.â€
L’Uruguay bat l’Argentine en finale des Jeux de 1928 et la bat à nouveau deux ans plus tard en finale de la première Coupe du monde. “Les équipes sud-américaines ont mieux traité le ballon et ont eu un jeu plus tactiqueâ€, explique alors l’avant-centre de l’équipe argentine de la Coupe du Monde, Francisco Varallo. Au cours des deux décennies suivantes, le football argentin connaît son âge d’or, avec son célèbre style dit “la nuestra†[notre école]. C’est le football tel qu’on le pratique dans les bidonvilles, qui exige un contrôle impeccable et repose sur les individualités et l’improvisation.

