2. L’invention de la passe
Tandis que les lois du jeu sont édictées à Cambridge, une variante surgit au Lancing College de Brighton : le révérend Spencer Walker décide que le gardien sera un poste fixe, donnant du même coup naissance au jeu de passe. “La première chose qui m’avait sauté aux yeux, c’était la cohue des avants autour du premier d’entre eux, notait-il. Ils l’encerclaient partout où il allait. J’en ai donc déduit la règle n° 1 : des places fixes pour chacun des avants, avec passage du ballon des uns aux autres. Vous auriez dû voir les têtes de nos premiers adversaires, qui semblaient se dire : ‘Et nous, où nous mettons-nous ?’†Dans les milieux aristocratiques, la passe est jugée peu virile et le dribble reste le style favori, du moins parmi les créateurs du jeu dans le sud de l’Angleterre. On ne connaît pas non plus le jeu de tête, ou presque. Mais en Ecosse et dans le nord de l’Angleterre, la passe prédomine. Le premier match international, en 1872, voit l’Angleterre aligner huit avants et l’Ecosse six. La rencontre s’achève sur un score vierge, mais le jeu de passe des Ecossais leur permet de remporter dix des quinze autres matchs que se disputent les deux pays, trois autres se terminant encore par un score nul.
Le principe de la passe se répandant, les défaillances de la défense deviennent manifestes. Pour combler cette brèche, et aussi parce qu’ils ont tendance à se gêner mutuellement, l’un des deux avants-centres est ramené au milieu du terrain, si bien que quand l’Angleterre rencontre l’Ecosse, en 1884, elle déploie son équipe en 2-3-5. L’Ecosse, qui reste la championne des passes, lui emboîte le pas quatre ans plus tard. Le 2-3-5 deviendra la formation de prédilection pendant les quarante années suivantes.
Tandis que les lois du jeu sont édictées à Cambridge, une variante surgit au Lancing College de Brighton : le révérend Spencer Walker décide que le gardien sera un poste fixe, donnant du même coup naissance au jeu de passe. “La première chose qui m’avait sauté aux yeux, c’était la cohue des avants autour du premier d’entre eux, notait-il. Ils l’encerclaient partout où il allait. J’en ai donc déduit la règle n° 1 : des places fixes pour chacun des avants, avec passage du ballon des uns aux autres. Vous auriez dû voir les têtes de nos premiers adversaires, qui semblaient se dire : ‘Et nous, où nous mettons-nous ?’†Dans les milieux aristocratiques, la passe est jugée peu virile et le dribble reste le style favori, du moins parmi les créateurs du jeu dans le sud de l’Angleterre. On ne connaît pas non plus le jeu de tête, ou presque. Mais en Ecosse et dans le nord de l’Angleterre, la passe prédomine. Le premier match international, en 1872, voit l’Angleterre aligner huit avants et l’Ecosse six. La rencontre s’achève sur un score vierge, mais le jeu de passe des Ecossais leur permet de remporter dix des quinze autres matchs que se disputent les deux pays, trois autres se terminant encore par un score nul.
Le principe de la passe se répandant, les défaillances de la défense deviennent manifestes. Pour combler cette brèche, et aussi parce qu’ils ont tendance à se gêner mutuellement, l’un des deux avants-centres est ramené au milieu du terrain, si bien que quand l’Angleterre rencontre l’Ecosse, en 1884, elle déploie son équipe en 2-3-5. L’Ecosse, qui reste la championne des passes, lui emboîte le pas quatre ans plus tard. Le 2-3-5 deviendra la formation de prédilection pendant les quarante années suivantes.

