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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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libertis libertis a écrit le 22 février 2006 à 9h19
Non à la politique du “ deux poids deux mesures ”
Dans cette lettre ouverte, une association de défense des droits des jeunes interpelle le procureur de la République près le tribunal de première instance de Yaoundé sur le traitement des cas des présumés homosexuels.

Monsieur le procureur,
L’Association camerounaise des droits des jeunes (Acdj) a l’honneur de venir auprès de votre auguste autorité marquer son indignation pour le sort réservé jusqu’ici par vos services à 11 prévenus d’homosexualité dans l’affaire Mbassi Tsimi Raymond, Angoula Christian (mineur de 17 ans), Ndebe Didier, Ayissi François, Nouraga Stéphane, Lamba Marc Lambert, Alim Mongoche, Yankeu Yankam Blaise, Zanga Eméran Eric, Bala Adamou Youma, Atangana Obama, lesquels sont sous mandat de dépôt depuis le 1er juin 2005.
La préoccupation de l’Acdj vient du fait qu’il s’agit là d’une violation flagrante des droits de l’Homme et des libertés dans la mesure où, selon nos informations, votre parquet avait pourtant ordonné une expertise par ordonnance d’expert rendue depuis le 14 septembre 2005, après serment par écrit, à procéder à l’analyse des voies anales des prévenus ci-dessus aux fins de déterminer si ces personnes se sont livrés à des rapports homosexuels. Ceci afin d’affirmer amplement l’acte d’introduction d’un sexe dans le sexe du partenaire du même genre qui est l’élément constitutif du délit d’homosexualité tel que prévu par l’article 347 de notre code pénal.
L’Acdj est d’autant plus indignée que toute la république, à travers les journaux, est au courant du fait qu’il y a des homosexuels dans la haute sphère de l’administration camerounaise. Pour l’heure, aucun d’eux n’a été inquiété par le ministère public, malgré le trouble à l’ordre public et le traumatisme que cela créé au sein de la société camerounaise.
L’Acdj vient par la présente, condamner avec la dernière énergie cette application de la loi de “ deux poids deux mesures ” qui est contraire aux normes du droit positif. Par conséquent, l’Acdj exige de bien vouloir ordonner la mise en liberté des prévenus susmentionnés qui jouissent encore de la présomption d’innocence et dont la longue détention préventive dans votre parquet est jusqu’ici entretenue par une certaine rumeur.
En espérant que la présente lettre d’indignation méritera auprès de vous une attention particulière et comptant sur votre bonne compréhension, veuillez agréer, monsieur le procureur, l’expression de notre profond respect.
Merci de patienter...
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