Vous parlez de Roger Milla. Quelles relations entretenez-vous avec lui ?
Samuel Eto’o. Il est comme mon père. Roger, c’était mon idole, mon modèle quand j’étais gamin. La première fois que je l’ai vu, c’était à la veille d’un match Cameroun-Zambie, à Douala. Je devais avoir six ou sept ans. Il m’avait donné sa paire de chaussettes à la sortie de l’entraînement. J’étais fou ! Pour moi, c’est une légende, le meilleur footballeur africain de tous les temps. Lui seul savait tout faire avec un ballon. Souvent, je l’appelle après les matchs pour un débriefing, pour avoir son analyse critique sur ma prestation. Je sais par exemple que je dois encore progresser dans les duels avec le gardien. On en parle souvent. C’est génial d’avoir un conseiller comme lui. Pour moi, Roger est toujours disponible, je peux l’appeler à n’importe quelle heure, et lui c’est pareil. Quand il voyage, il me laisse à chaque fois un message pour me dire où il se trouve, quand il rentre... Ça me fait tout drôle. Je suis fier de le connaître car mon rêve était de lui ressembler. Aujourd’hui, j’ai peut-être emprunté le bon chemin, mais j’aspire à faire au minimum la moitié de ce qu’il a accompli tout au long de sa carrière exemplaire. Le ballon d’or, j’aimerais le gagner pour lui, par exemple. Car Roger méritait de remporter le ballon d’or européen. Vraiment. Je crois que c’est ce qui lui manque dans sa carrière.
Avec les Lions, il a marqué l’histoire de la Coupe du monde. Vous, vous ne participerez pas au prochain Mondial en Allemagne. Comment le vivez-vous ?
Samuel Eto’o. J’ai pleuré après notre élimination et le match contre l’Égypte (1-1 à Yaoundé, un penalty raté à la dernière minute du match). Mais c’est fini. Maintenant il faut relever la tête et rebondir lors de la prochaine CAN. Il n’y a pas de fracture au sein de l’équipe, comme j’ai pu l’entendre ou le lire. Je tiens aussi à préciser que je n’ai aucun souci avec Pierre Wo mé. Il a pris ses responsabilités sur le penalty. J’étais avec lui, et je suis aujourd’hui derrière lui. Notre élimination est injuste, c’est triste. On peut se dire que l’on était à une minute, à un penalty de l’Allemagne. Mais le problème du Cameroun, c’est que l’on n’arrive pas à négocier les « petits » matchs. À chaque fois, on se fait piéger. En revanche, contre la Côte-d’Ivoire par exemple, une équipe capable de nous tutoyer, il n’y aura jamais de match. La preuve : on les a battus deux fois à Yaoundé et à Abidjan. Maintenant, les Éléphants ont eu
Samuel Eto’o. Il est comme mon père. Roger, c’était mon idole, mon modèle quand j’étais gamin. La première fois que je l’ai vu, c’était à la veille d’un match Cameroun-Zambie, à Douala. Je devais avoir six ou sept ans. Il m’avait donné sa paire de chaussettes à la sortie de l’entraînement. J’étais fou ! Pour moi, c’est une légende, le meilleur footballeur africain de tous les temps. Lui seul savait tout faire avec un ballon. Souvent, je l’appelle après les matchs pour un débriefing, pour avoir son analyse critique sur ma prestation. Je sais par exemple que je dois encore progresser dans les duels avec le gardien. On en parle souvent. C’est génial d’avoir un conseiller comme lui. Pour moi, Roger est toujours disponible, je peux l’appeler à n’importe quelle heure, et lui c’est pareil. Quand il voyage, il me laisse à chaque fois un message pour me dire où il se trouve, quand il rentre... Ça me fait tout drôle. Je suis fier de le connaître car mon rêve était de lui ressembler. Aujourd’hui, j’ai peut-être emprunté le bon chemin, mais j’aspire à faire au minimum la moitié de ce qu’il a accompli tout au long de sa carrière exemplaire. Le ballon d’or, j’aimerais le gagner pour lui, par exemple. Car Roger méritait de remporter le ballon d’or européen. Vraiment. Je crois que c’est ce qui lui manque dans sa carrière.
Avec les Lions, il a marqué l’histoire de la Coupe du monde. Vous, vous ne participerez pas au prochain Mondial en Allemagne. Comment le vivez-vous ?
Samuel Eto’o. J’ai pleuré après notre élimination et le match contre l’Égypte (1-1 à Yaoundé, un penalty raté à la dernière minute du match). Mais c’est fini. Maintenant il faut relever la tête et rebondir lors de la prochaine CAN. Il n’y a pas de fracture au sein de l’équipe, comme j’ai pu l’entendre ou le lire. Je tiens aussi à préciser que je n’ai aucun souci avec Pierre Wo mé. Il a pris ses responsabilités sur le penalty. J’étais avec lui, et je suis aujourd’hui derrière lui. Notre élimination est injuste, c’est triste. On peut se dire que l’on était à une minute, à un penalty de l’Allemagne. Mais le problème du Cameroun, c’est que l’on n’arrive pas à négocier les « petits » matchs. À chaque fois, on se fait piéger. En revanche, contre la Côte-d’Ivoire par exemple, une équipe capable de nous tutoyer, il n’y aura jamais de match. La preuve : on les a battus deux fois à Yaoundé et à Abidjan. Maintenant, les Éléphants ont eu

