Lettre ouverte à PAUL BIYA...
Par Vitalis Essala, sociologue, écrivain, chef d’entreprise, et promoteur social
Monsieur Biya,
L’issue de la dernière consultation électorale tenue le 7 octobre 2018 en vue de l’élection du président de la république a révélé une avancée considérable de la démocratie du Cameroun et de la conscientisation du peuple camerounais sur sa responsabilité et son habileté politiques vis-à -vis des institutions républicaines. Il faut saluer les pouvoirs publics pour une ouverture aussi étonnante et incidentielle et pour cet arrimage aux pratiques modernes de la conduite des affaires publiques. Il faut saluer le peuple camerounais qui n’échoue jamais à la tradition en démontrant une maturité qui tient cas d’école pour le reste des nations africaines et du reste du monde qui peinent encore à palper le calme et la sérénité en face de l’adversité.
En rapport à ce qui précède, monsieur le président, l’honneur est nôtre d’attirer votre attention sur le futur qui nous fait face – nous le peuple du bercail et de la diaspora et vous du côté du pouvoir. Mais avant de toucher au futur, rappelons au souvenir le passé. Quel est notre passé à tous, monsieur Biya ?
Le passé c’est que vous naissez d’un paysan qui n’a de statut important qu’un catéchiste. Bien entendu, loin de là de rétrograder les catéchistes aux derniers rangs de la société : bien au contraire. Ils sont supposés exposer les communautés aux préceptes de la parole de Dieu qui nourrit l’âme et rafraichit les mœurs. Mais nous ne nous refuserons pas non plus qu’il y a un dicton courant qui s’emploie ainsi, « salaire de catéchiste ! » Et chaque fois que ce terme est utilisé, il évoque une somme symbolique qui nourrirait difficilement son homme. Sous ce rapport donc, monsieur Biya, vous n’êtes pas issu d’un père riche – sous aucun rapport. Vous venez d’un homme qui ne percevait aucun sou de son travail le plus connu socialement. Si donc c’est sous ce statut que l’on reconnait votre géniteur, c’est dire qu’il ne portait aucune autre casquette plus aisée que la casquette de paysan. Hors, le paysan des années 30 du siècle dernier était plus prolétaire – ou tout autant – que le paysan du Cameroun actuel.
Le passé c’est que vous avez été élevé (et ce dans toute la force de cette expression) par des missionnaires aux Séminaires d’Edéa et Akono. Votre pèr
Par Vitalis Essala, sociologue, écrivain, chef d’entreprise, et promoteur social
Monsieur Biya,
L’issue de la dernière consultation électorale tenue le 7 octobre 2018 en vue de l’élection du président de la république a révélé une avancée considérable de la démocratie du Cameroun et de la conscientisation du peuple camerounais sur sa responsabilité et son habileté politiques vis-à -vis des institutions républicaines. Il faut saluer les pouvoirs publics pour une ouverture aussi étonnante et incidentielle et pour cet arrimage aux pratiques modernes de la conduite des affaires publiques. Il faut saluer le peuple camerounais qui n’échoue jamais à la tradition en démontrant une maturité qui tient cas d’école pour le reste des nations africaines et du reste du monde qui peinent encore à palper le calme et la sérénité en face de l’adversité.
En rapport à ce qui précède, monsieur le président, l’honneur est nôtre d’attirer votre attention sur le futur qui nous fait face – nous le peuple du bercail et de la diaspora et vous du côté du pouvoir. Mais avant de toucher au futur, rappelons au souvenir le passé. Quel est notre passé à tous, monsieur Biya ?
Le passé c’est que vous naissez d’un paysan qui n’a de statut important qu’un catéchiste. Bien entendu, loin de là de rétrograder les catéchistes aux derniers rangs de la société : bien au contraire. Ils sont supposés exposer les communautés aux préceptes de la parole de Dieu qui nourrit l’âme et rafraichit les mœurs. Mais nous ne nous refuserons pas non plus qu’il y a un dicton courant qui s’emploie ainsi, « salaire de catéchiste ! » Et chaque fois que ce terme est utilisé, il évoque une somme symbolique qui nourrirait difficilement son homme. Sous ce rapport donc, monsieur Biya, vous n’êtes pas issu d’un père riche – sous aucun rapport. Vous venez d’un homme qui ne percevait aucun sou de son travail le plus connu socialement. Si donc c’est sous ce statut que l’on reconnait votre géniteur, c’est dire qu’il ne portait aucune autre casquette plus aisée que la casquette de paysan. Hors, le paysan des années 30 du siècle dernier était plus prolétaire – ou tout autant – que le paysan du Cameroun actuel.
Le passé c’est que vous avez été élevé (et ce dans toute la force de cette expression) par des missionnaires aux Séminaires d’Edéa et Akono. Votre pèr

