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Toli Sous le Manguier

Parle Ta Part, Et je Reponds Ma Part

 
 
 
 
 
 
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Eva Eva a écrit le 28 septembre 2019 à 7h45
37 ANS DE POUVOIR, ÇA USE

La crise a pourri d’autant plus vite et facilement que le Cameroun est aujourd’hui dirigé par un vieillard autocrate, Paul Biya, que la France soutient fermement et aveuglément depuis 37 ans. Biya a répondu par la répression policière aux revendications des anglophones, et l’armée camerounaise a été envoyée contre les plus radicaux chez les séparatistes qui, à leur tour, avaient pris les armes. Selon Human Rights Watch, les affrontements des deux dernières années ont fait plus de 2000 morts.

Comme si les tensions séparatistes ne suffisaient pas, Biya a continué de perpétuer l’illusion démocratique en se faisant réélire en octobre 2018 par la fraude et la répression. Ce n’est jamais bon signe pour la démocratie quand vous trouvez le moyen de jeter en prison votre principal opposant.


Cette semaine, le président camerounais a convoqué pour la fin du mois un « grand dialogue national ». Difficile de trouver terme moins adéquat : avec les principaux leaders séparatistes en exil ou emprisonnés, tout comme les principaux adversaires politiques de Biya, il reste peu d’interlocuteurs crédibles. Déjà, de toute façon, ce qui reste de meneurs anglophones en liberté rejette l’idée.

Par sa démographie, son relief et son histoire, on a surnommé le Cameroun « l’Afrique en miniature ». Un surnom plus vrai que jamais avec une ancienne puissance qui s’impose, des leaders corrompus, des frontières arbitraires et des divergences qui dégénèrent en violence. Il serait temps de secouer cette routine continentale.
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