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LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
je veux parler de la zone du Lac Tchad d’environ 1 000 km2 où se trouve la grande île de Darak, et de la péninsule de Bakassi, la plus connue, qui couvre environ 1 000 km2 également.
En ce qui concerne les populations camerounaises, M. BIYA a mis une telle distance entre lui et les Camerounais de toutes les régions qu’on se demande quel peuple il prétend gouverner. Il est avéré aujourd’hui, que l’idée d’intégration nationale qu’il lança furtivement au début de son long règne avant de l’abandonner tout aussi rapidement, n’était qu’un de ses multiples leurres. De fait, il a fondé son pouvoir sur la division des Camerounais et le tribalisme orchestré et entretenu. Non seulement il n’a jamais fustigé officiellement et de façon non équivoque ce fléau qui menace dangereusement l’avenir de notre pays, il n’a jamais non plus désavoué les membres de ses gouvernements successifs qui ont tenu à diverses occasions des discours d’un tribalisme haineux, ni fait passer une législation tendant à réprimer un tel fléau, alors que son parti détient une majorité écrasante au parlement depuis près de quarante ans.
Le recours soudain de M. BIYA au patriotisme des Camerounais est une tentative désespérée d’un régime en perdition, qui tente de rejeter ses échecs sur les partenaires extérieurs de notre pays : Nationalisme étriqué, raciste et xénophobe, voilà où l’on veut nous amener, nous peuple ouvert et accueillant. C’est une vieille ficelle des dictatures en déroute que de chauffer le sentiment nationaliste. Mais le patriotisme n’est et ne saurait être ni un racisme, ni une xénophobie. C’est le senti ment indéchiffrable et le lien invisible qui unissent dans la tension vers un même idéal les membres d’une communauté nationale, non pas par exclusion des étrangers, mais le cas échéant avec leur accompagnement. Il repose sur un attachement vécu et assumé à son pays et l’amour des femmes et des hommes qui y vivent, dans un vivre-ensemble fondé sur la tolérance et nourri par des références de valeurs communes. J’ai toujours pensé qu’on ne devrait pas s’engager en politique si l’on n’aime pas les gens.
Mon entrée en politique était et demeure habitée par trois ambitions primordiales : rassembler les Camerounais dans la fraternité républicaine; mettre un sourire sur le visage des plus pauvres à la fave
LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
je veux parler de la zone du Lac Tchad d’environ 1 000 km2 où se trouve la grande île de Darak, et de la péninsule de Bakassi, la plus connue, qui couvre environ 1 000 km2 également.
En ce qui concerne les populations camerounaises, M. BIYA a mis une telle distance entre lui et les Camerounais de toutes les régions qu’on se demande quel peuple il prétend gouverner. Il est avéré aujourd’hui, que l’idée d’intégration nationale qu’il lança furtivement au début de son long règne avant de l’abandonner tout aussi rapidement, n’était qu’un de ses multiples leurres. De fait, il a fondé son pouvoir sur la division des Camerounais et le tribalisme orchestré et entretenu. Non seulement il n’a jamais fustigé officiellement et de façon non équivoque ce fléau qui menace dangereusement l’avenir de notre pays, il n’a jamais non plus désavoué les membres de ses gouvernements successifs qui ont tenu à diverses occasions des discours d’un tribalisme haineux, ni fait passer une législation tendant à réprimer un tel fléau, alors que son parti détient une majorité écrasante au parlement depuis près de quarante ans.
Le recours soudain de M. BIYA au patriotisme des Camerounais est une tentative désespérée d’un régime en perdition, qui tente de rejeter ses échecs sur les partenaires extérieurs de notre pays : Nationalisme étriqué, raciste et xénophobe, voilà où l’on veut nous amener, nous peuple ouvert et accueillant. C’est une vieille ficelle des dictatures en déroute que de chauffer le sentiment nationaliste. Mais le patriotisme n’est et ne saurait être ni un racisme, ni une xénophobie. C’est le senti ment indéchiffrable et le lien invisible qui unissent dans la tension vers un même idéal les membres d’une communauté nationale, non pas par exclusion des étrangers, mais le cas échéant avec leur accompagnement. Il repose sur un attachement vécu et assumé à son pays et l’amour des femmes et des hommes qui y vivent, dans un vivre-ensemble fondé sur la tolérance et nourri par des références de valeurs communes. J’ai toujours pensé qu’on ne devrait pas s’engager en politique si l’on n’aime pas les gens.
Mon entrée en politique était et demeure habitée par trois ambitions primordiales : rassembler les Camerounais dans la fraternité républicaine; mettre un sourire sur le visage des plus pauvres à la fave

