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LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
. Et je passe l’insécurité endémique dans les ré gions de l’Adamaoua et de l’Est, et des débordements de la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest dans les régions francophones de l’Ouest et du Littoral. Quelle « Unité » fêtera-t-on donc le 20 Mai prochain ?
Chers compatriotes,
J’ai découvert à travers les médias que M. BIYA serait devenu un adepte des réseaux sociaux et écrirait forces tweets au peuple camerounais pour en appeler à son patriotisme. Je sais que vous êtes nombreux à vous interroger sur cet élan subit d’un homme qui a fondé son pouvoir sur le mépris des Camerounais, l’indifférence à leurs problèmes, et un désintérêt choquant pour les merveilles de son pays où il n’a jamais passé ses vacances, préférant l’Hôtel Intercontinental à Genève et les douceurs des bords du Lac Léman. J’aimerais tant l’amener découvrir l’incomparable beauté de Rhumsiki et son Pic célèbre, de Poli et ses plaines paisibles bouclées par un collier de montagnes, des plateaux de l’Adamaoua où des troupeaux dodus paissent paisiblement dans la lande, de la douceur des hautes terres du Nord-Ouest qui rappelle cette Suisse qu’il aime tant, de la majesté de la forêt primaire de Korup et ses 13 espèces ornithologiques endémiques, de la féerie de Rio del Rey à l’heure où les cormorans s’envolent le long de ce boulevard marin dont les eaux emportent les miasmes du pays vers l’infini de la mer. Connaît-il Bimbia, lieu de mémoire de la tragédie primordiale ? J’aurais bien voulu l’amener à tant d’autres lieux de ce pays qu’il connaît manifestement mal, pour n’avoir visité en 37 ans que moins de dix départements sur les 58 que compte le Cameroun.
Il ne peut y avoir de patriotisme sans attachement à la fois au socle territorial de la patrie et aux populations qui peuplent le pays. A cet égard, il m’est particulièrement pénible de constater que M. BIYA n’a jamais mis les pieds dans les deux parcelles emblématiques du territoire national arrachées de haute lutte après 8 ans et demi de procédure devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye et environ 9 ans de mise en œuvre laborieuse de la décision au fond de cette haute juridiction mondiale : je veux parler de la zone du Lac Tchad d’environ 1 000 km2 où se trouve la grande île de Darak, et de la péninsule de Bakassi, la plus connue, qui c
LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
. Et je passe l’insécurité endémique dans les ré gions de l’Adamaoua et de l’Est, et des débordements de la guerre dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest dans les régions francophones de l’Ouest et du Littoral. Quelle « Unité » fêtera-t-on donc le 20 Mai prochain ?
Chers compatriotes,
J’ai découvert à travers les médias que M. BIYA serait devenu un adepte des réseaux sociaux et écrirait forces tweets au peuple camerounais pour en appeler à son patriotisme. Je sais que vous êtes nombreux à vous interroger sur cet élan subit d’un homme qui a fondé son pouvoir sur le mépris des Camerounais, l’indifférence à leurs problèmes, et un désintérêt choquant pour les merveilles de son pays où il n’a jamais passé ses vacances, préférant l’Hôtel Intercontinental à Genève et les douceurs des bords du Lac Léman. J’aimerais tant l’amener découvrir l’incomparable beauté de Rhumsiki et son Pic célèbre, de Poli et ses plaines paisibles bouclées par un collier de montagnes, des plateaux de l’Adamaoua où des troupeaux dodus paissent paisiblement dans la lande, de la douceur des hautes terres du Nord-Ouest qui rappelle cette Suisse qu’il aime tant, de la majesté de la forêt primaire de Korup et ses 13 espèces ornithologiques endémiques, de la féerie de Rio del Rey à l’heure où les cormorans s’envolent le long de ce boulevard marin dont les eaux emportent les miasmes du pays vers l’infini de la mer. Connaît-il Bimbia, lieu de mémoire de la tragédie primordiale ? J’aurais bien voulu l’amener à tant d’autres lieux de ce pays qu’il connaît manifestement mal, pour n’avoir visité en 37 ans que moins de dix départements sur les 58 que compte le Cameroun.
Il ne peut y avoir de patriotisme sans attachement à la fois au socle territorial de la patrie et aux populations qui peuplent le pays. A cet égard, il m’est particulièrement pénible de constater que M. BIYA n’a jamais mis les pieds dans les deux parcelles emblématiques du territoire national arrachées de haute lutte après 8 ans et demi de procédure devant la Cour Internationale de Justice (CIJ) de La Haye et environ 9 ans de mise en œuvre laborieuse de la décision au fond de cette haute juridiction mondiale : je veux parler de la zone du Lac Tchad d’environ 1 000 km2 où se trouve la grande île de Darak, et de la péninsule de Bakassi, la plus connue, qui c

