suite
LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
En transformant la crise post-électorale née d’un détournement inacceptable du choix démocratique des électeurs camerounais lors de la dernière présidentielle en une traque policière sauvage, une répression judiciaire grotesque et un règlement de compte administratif brutal et cynique, le régime de M. BIYA croit pouvoir ainsi se débarrasser à trop bon compte d’un problème épineux qui projette une lumière crue sur l’impossibilité de la démocratie au Cameroun dans les conditions actuelles.
Ce régime croit que la prison peut tout régler. Or, même la mort ne peut tout régler. On n’enferme pas l’esprit. On n’enferme pas une cause ; celle-ci se nourrit de la prise de conscience des gens, croît indépendamment de l’esprit qui l’a identifiée et poursuit d’elle-même son chemin jusqu’à son accomplissement. En même temps que je vous exhorte à faire grandir la cause de notre lutte commune, je voudrais vous rassurer de ma détermination à mener le combat pour la liberté et la démocratie, la restauration de la dignité des Camerounais, le développement inclusif et le prestige de notre pays.
Depuis notre arrestation et notre emprisonnement, notre parti, le MRC, qui a toujours été combattu par l’Administration territoriale depuis sa naissance, est confronté à de nouvelles épreuves qui menacent son existence même. Cible d’attaques et de la haine tribaliste orchestrées par le régime BIYA, il fait désormais l’objet d’une interdiction de fait. En effet, le Ministre de l’Administration Territoriale a interdit formellement et informellement toutes ses activités à travers le pays, notamment les réunions et manifestations publiques dûment déclarées conformément à la loi, les travaux d’intérêt général au bénéfice des populations tels que le curage des caniveaux et le nettoyage de la broussaille dans les quartiers initiés par ses militants, les inscriptions massives de nouveaux adhérents au siège national et aux sièges locaux du parti, la création et l’installation des nouvelles Unités du parti dans diverses localités.
Tous les recours intentés devant les juridictions compétentes aux fins de l’annulation de l’acte irrégulier d’interdiction du Ministre ont essuyé le rejet, au motif qu’ils sont sans objet, alors même que sur la forme, ledit Ministre est incompétent pour prendre un tel acte, celui-ci relevant
LA LETTRE DE MAURICE KAMTO AU PEUPLE CAMEROUNAIS
En transformant la crise post-électorale née d’un détournement inacceptable du choix démocratique des électeurs camerounais lors de la dernière présidentielle en une traque policière sauvage, une répression judiciaire grotesque et un règlement de compte administratif brutal et cynique, le régime de M. BIYA croit pouvoir ainsi se débarrasser à trop bon compte d’un problème épineux qui projette une lumière crue sur l’impossibilité de la démocratie au Cameroun dans les conditions actuelles.
Ce régime croit que la prison peut tout régler. Or, même la mort ne peut tout régler. On n’enferme pas l’esprit. On n’enferme pas une cause ; celle-ci se nourrit de la prise de conscience des gens, croît indépendamment de l’esprit qui l’a identifiée et poursuit d’elle-même son chemin jusqu’à son accomplissement. En même temps que je vous exhorte à faire grandir la cause de notre lutte commune, je voudrais vous rassurer de ma détermination à mener le combat pour la liberté et la démocratie, la restauration de la dignité des Camerounais, le développement inclusif et le prestige de notre pays.
Depuis notre arrestation et notre emprisonnement, notre parti, le MRC, qui a toujours été combattu par l’Administration territoriale depuis sa naissance, est confronté à de nouvelles épreuves qui menacent son existence même. Cible d’attaques et de la haine tribaliste orchestrées par le régime BIYA, il fait désormais l’objet d’une interdiction de fait. En effet, le Ministre de l’Administration Territoriale a interdit formellement et informellement toutes ses activités à travers le pays, notamment les réunions et manifestations publiques dûment déclarées conformément à la loi, les travaux d’intérêt général au bénéfice des populations tels que le curage des caniveaux et le nettoyage de la broussaille dans les quartiers initiés par ses militants, les inscriptions massives de nouveaux adhérents au siège national et aux sièges locaux du parti, la création et l’installation des nouvelles Unités du parti dans diverses localités.
Tous les recours intentés devant les juridictions compétentes aux fins de l’annulation de l’acte irrégulier d’interdiction du Ministre ont essuyé le rejet, au motif qu’ils sont sans objet, alors même que sur la forme, ledit Ministre est incompétent pour prendre un tel acte, celui-ci relevant

