“ AU CAMEROUN LA PRESSE DE QUALITÉ EST VAMPIRISÉE PAR LA PRESSE À GAGE†interview de Jean Bruno Tagne
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A l’approche de la présidentielle, on a l’impression que la pression sur les journalistes monte. Des confrères vous ont reproché d’avoir diffusé dans votre émission du 31 décembre, suite au discours des vœux du président Paul Biya, un extrait du discours de vœux de deux des principaux candidats déclarés : cette pratique, courante en France, vous a été reprochée comme une « faute déontologique ».
J’ai en effet lu sur les réseaux sociaux que j’aurais commis une faute déontologique. Ainsi donc, donner la parole à des hommes politiques dans un contexte de pluralisme politique serait devenu une faute déontologique ! les bras m’en tombent. Je l’ai fait de manière si naturelle que si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Le pluralisme nous impose de donner la parole à toutes les tendances politiques. On ne va pas réinventer le journalisme au Cameroun.
Plus récemment, votre émission La Grande Interview, dans laquelle vous receviez un autre candidat le 16 janvier, a été annulée quelques minutes avant le début du direct, alors que la bande annonce était diffusée depuis 2 jours, et la direction de la chaîne a voulu se justifier en parlant d’une invitation non validée par voie hiérarchique. L’affaire a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, de nombreux Camerounais y voyant une « censure » et appelant à boycotter Canal 2 International, où vous avez perdu votre fauteuil de directeur adjoint en charge de l’information. Ce qui est devenu « l’affaire Jean-Bruno Tagne » est-elle une récupération par les opposants au régime ou au contraire une auto-censure, voire le résultat de pressions en haut lieu ?
Je me suis interdit pour l’instant de commenter cette affaire absolument malheureuse. Je me donne le temps nécessaire de savoir ce qui s’est passé, qui a fait quoi, pourquoi et c’est une fois que j’aurai tous ces éléments que je pourrai avoir une réaction appropriée. Pour l’instant je regrette comme tout le monde que cette émission n’ait pas eu lieu. Je peux comprendre la colère des téléspectateurs, mais je ne partage pas l’appel au boycott de la télévision qui m’emploie encore.
Propos recueillis par Thomas Noirot
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A l’approche de la présidentielle, on a l’impression que la pression sur les journalistes monte. Des confrères vous ont reproché d’avoir diffusé dans votre émission du 31 décembre, suite au discours des vœux du président Paul Biya, un extrait du discours de vœux de deux des principaux candidats déclarés : cette pratique, courante en France, vous a été reprochée comme une « faute déontologique ».
J’ai en effet lu sur les réseaux sociaux que j’aurais commis une faute déontologique. Ainsi donc, donner la parole à des hommes politiques dans un contexte de pluralisme politique serait devenu une faute déontologique ! les bras m’en tombent. Je l’ai fait de manière si naturelle que si c’était à refaire, je n’hésiterais pas. Le pluralisme nous impose de donner la parole à toutes les tendances politiques. On ne va pas réinventer le journalisme au Cameroun.
Plus récemment, votre émission La Grande Interview, dans laquelle vous receviez un autre candidat le 16 janvier, a été annulée quelques minutes avant le début du direct, alors que la bande annonce était diffusée depuis 2 jours, et la direction de la chaîne a voulu se justifier en parlant d’une invitation non validée par voie hiérarchique. L’affaire a fait grand bruit sur les réseaux sociaux, de nombreux Camerounais y voyant une « censure » et appelant à boycotter Canal 2 International, où vous avez perdu votre fauteuil de directeur adjoint en charge de l’information. Ce qui est devenu « l’affaire Jean-Bruno Tagne » est-elle une récupération par les opposants au régime ou au contraire une auto-censure, voire le résultat de pressions en haut lieu ?
Je me suis interdit pour l’instant de commenter cette affaire absolument malheureuse. Je me donne le temps nécessaire de savoir ce qui s’est passé, qui a fait quoi, pourquoi et c’est une fois que j’aurai tous ces éléments que je pourrai avoir une réaction appropriée. Pour l’instant je regrette comme tout le monde que cette émission n’ait pas eu lieu. Je peux comprendre la colère des téléspectateurs, mais je ne partage pas l’appel au boycott de la télévision qui m’emploie encore.
Propos recueillis par Thomas Noirot

