“ AU CAMEROUN LA PRESSE DE QUALITÉ EST VAMPIRISÉE PAR LA PRESSE À GAGE†interview de Jean Bruno Tagne
Billets d’Afrique : La presse camerounaise traite-elle de la responsabilité historique de la France dans la situation économique et politique du pays ?
Globalement la presse camerounaise en parle. C’est souvent pour dire que ce pays depuis son indépendance en 1960 est gouverné par des fantoches. Des gens qui ont été installés par la France pour continuer à protéger ses intérêts. C’est vrai que parfois certains médias en font un peu trop au point qu’on frise la caricature. Ce qui a pour conséquence de déresponsabiliser les dirigeants actuels du Cameroun qui peinent à transformer un pays potentiellement riche, mais qui sombre dans la mauvaise gouvernance. Leur responsabilité doit absolument être engagée.
Depuis 2014, certains médias accusent Paris d’être la cause de certains « troubles » au Cameroun, des thèses qui circulent également beaucoup sur les réseaux sociaux, sans être étayées. Pour quelle raison ?
Effectivement on observe dans l’espace public camerounais une très grande facilité à voir la France derrière chaque drame. Beaucoup (et parfois des universitaires et leaders d’opinion) dès le début des premières attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord du pays ont vu l’ombre de la France derrière cette nébuleuse. La crise qui sévit dans les régions anglophones du Cameroun depuis plus d’un an déjà est également, pour certains Camerounais, un coup de la France. Pour quelle raison ? Eh bien, parce que la France voudrait faire tomber le président Biya ! Evidemment tout ça est ridicule parce que la France, objectivement, n’a aucun intérêt aujourd’hui à renverser un président docile qui n’a jamais été une menace pour ses intérêts. Tout cela relève du pur fantasme. Mais cela arrange les dirigeants camerounais. Si des médias, pour je ne sais quel intérêt, réussissent à faire croire au petit peuple que s’il n’a pas de l’eau, de l’électricité, des emplois, des routes, etc. ce n’est pas à cause de ses dirigeants mais plutôt à cause de l’ancienne métropole, eh bien c’est tant mieux pour eux. C’est une illustration du sentiment anti-français parfois caricatural dont je parlais, qui tend à déresponsabiliser les dirigeants camerounais.
Aujourd’hui, peut-on considérer que la presse camerounaise est libre et pluraliste ?
Il y a incon
Billets d’Afrique : La presse camerounaise traite-elle de la responsabilité historique de la France dans la situation économique et politique du pays ?
Globalement la presse camerounaise en parle. C’est souvent pour dire que ce pays depuis son indépendance en 1960 est gouverné par des fantoches. Des gens qui ont été installés par la France pour continuer à protéger ses intérêts. C’est vrai que parfois certains médias en font un peu trop au point qu’on frise la caricature. Ce qui a pour conséquence de déresponsabiliser les dirigeants actuels du Cameroun qui peinent à transformer un pays potentiellement riche, mais qui sombre dans la mauvaise gouvernance. Leur responsabilité doit absolument être engagée.
Depuis 2014, certains médias accusent Paris d’être la cause de certains « troubles » au Cameroun, des thèses qui circulent également beaucoup sur les réseaux sociaux, sans être étayées. Pour quelle raison ?
Effectivement on observe dans l’espace public camerounais une très grande facilité à voir la France derrière chaque drame. Beaucoup (et parfois des universitaires et leaders d’opinion) dès le début des premières attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord du pays ont vu l’ombre de la France derrière cette nébuleuse. La crise qui sévit dans les régions anglophones du Cameroun depuis plus d’un an déjà est également, pour certains Camerounais, un coup de la France. Pour quelle raison ? Eh bien, parce que la France voudrait faire tomber le président Biya ! Evidemment tout ça est ridicule parce que la France, objectivement, n’a aucun intérêt aujourd’hui à renverser un président docile qui n’a jamais été une menace pour ses intérêts. Tout cela relève du pur fantasme. Mais cela arrange les dirigeants camerounais. Si des médias, pour je ne sais quel intérêt, réussissent à faire croire au petit peuple que s’il n’a pas de l’eau, de l’électricité, des emplois, des routes, etc. ce n’est pas à cause de ses dirigeants mais plutôt à cause de l’ancienne métropole, eh bien c’est tant mieux pour eux. C’est une illustration du sentiment anti-français parfois caricatural dont je parlais, qui tend à déresponsabiliser les dirigeants camerounais.
Aujourd’hui, peut-on considérer que la presse camerounaise est libre et pluraliste ?
Il y a incon

