Les paradoxes africains d'Eric Dupond-Moretti
Par Vincent Hugeux,
publié le 02/02/2019 à 07:00 par l'express
Looool (FIN)
L'épisode camerounais qui suit atteste lui aussi qu'avant de céder aux sirènes des puissants, "Acquittator" se portait volontiers au secours des proscrits. En janvier 2014, le voici qui déboule dans un dossier miné, l'affaire Atangana. Référence à Michel-Thierry Atangana, un ingénieur franco-camerounais qui, au mépris de toute justice, aura végété dix-sept années durant dans les geôles du pouvoir. Accusé de détournement de fonds publics dans une ténébreuse histoire de marchés publics, il paye en fait sa proximité avec Titus Edzoa, un ex-baron du régime qui commet le crime de lèse-majesté de prétendre se présenter face au sortant Paul Biya à l'élection présidentielle de 1997.
La cause est noble ; la méthode un peu moins. Car Dupond-Moretti aurait évincé de facto, sans prévenance excessive, l'avocat qui représentait le captif depuis cinq ans. Et qui apprendra son infortune en février 2014, lors de l'arrivée à Paris de son client fraîchement libéré. "Selon les règles déontologiques en usage, avance un expert, tout nouveau conseil est supposé prévenir son confrère dès lors qu'il prend sa succession dans un dossier. Tel ne fut pas le cas en l'espèce."
"Pour Sassou, un million d'euros, ce n'est rien"
A propos d'espèces... A en croire un vétéran des tribunaux africains, les honoraires perçus auprès des présidences du continent sont "très supérieurs" à ceux pratiqués dans l'Hexagone. "Pour Sassou Nguesso ou le roi du Maroc, glisse ce juriste, un million d'euros, ce n'est rien."
"Pourquoi Dupond-Moretti ?, poursuit notre interlocuteur. Parce que nombre d'Excellences se disent qu'il est le seul à pouvoir renverser la table. Il décline certaines offres, en accepte d'autres. Mais l'homme, malin, sait qu'il ne peut apparaître comme l'avocat favori des dictateurs, sous peine de ruiner son image. Son statut d'hyperstar a peut-être instillé en lui un sentiment d'impunité, tout en érodant ses idéaux humanistes de jeunesse. Les digues ont cédé. Nul doute que le Dupond-Moretti d'aujourd'hui s'empare de dossiers que celui d'hier aurait retoqués." Autant dire qu'Antoine Vey ne reconnaît nullement dans ce portrait son confrère et collègue: "Eric,confie-t-il à L'Expess, n'a vraiment rien d'un dinosaure de la Françaf
Par Vincent Hugeux,
publié le 02/02/2019 à 07:00 par l'express
Looool (FIN)
L'épisode camerounais qui suit atteste lui aussi qu'avant de céder aux sirènes des puissants, "Acquittator" se portait volontiers au secours des proscrits. En janvier 2014, le voici qui déboule dans un dossier miné, l'affaire Atangana. Référence à Michel-Thierry Atangana, un ingénieur franco-camerounais qui, au mépris de toute justice, aura végété dix-sept années durant dans les geôles du pouvoir. Accusé de détournement de fonds publics dans une ténébreuse histoire de marchés publics, il paye en fait sa proximité avec Titus Edzoa, un ex-baron du régime qui commet le crime de lèse-majesté de prétendre se présenter face au sortant Paul Biya à l'élection présidentielle de 1997.
La cause est noble ; la méthode un peu moins. Car Dupond-Moretti aurait évincé de facto, sans prévenance excessive, l'avocat qui représentait le captif depuis cinq ans. Et qui apprendra son infortune en février 2014, lors de l'arrivée à Paris de son client fraîchement libéré. "Selon les règles déontologiques en usage, avance un expert, tout nouveau conseil est supposé prévenir son confrère dès lors qu'il prend sa succession dans un dossier. Tel ne fut pas le cas en l'espèce."
"Pour Sassou, un million d'euros, ce n'est rien"
A propos d'espèces... A en croire un vétéran des tribunaux africains, les honoraires perçus auprès des présidences du continent sont "très supérieurs" à ceux pratiqués dans l'Hexagone. "Pour Sassou Nguesso ou le roi du Maroc, glisse ce juriste, un million d'euros, ce n'est rien."
"Pourquoi Dupond-Moretti ?, poursuit notre interlocuteur. Parce que nombre d'Excellences se disent qu'il est le seul à pouvoir renverser la table. Il décline certaines offres, en accepte d'autres. Mais l'homme, malin, sait qu'il ne peut apparaître comme l'avocat favori des dictateurs, sous peine de ruiner son image. Son statut d'hyperstar a peut-être instillé en lui un sentiment d'impunité, tout en érodant ses idéaux humanistes de jeunesse. Les digues ont cédé. Nul doute que le Dupond-Moretti d'aujourd'hui s'empare de dossiers que celui d'hier aurait retoqués." Autant dire qu'Antoine Vey ne reconnaît nullement dans ce portrait son confrère et collègue: "Eric,confie-t-il à L'Expess, n'a vraiment rien d'un dinosaure de la Françaf

