Les paradoxes africains d'Eric Dupond-Moretti
Par Vincent Hugeux,
publié le 02/02/2019 à 07:00 par l'express
(2/3)
Cette démarche suggère-t-elle que l'Etat congolais se considère comme victime? Détenteurs d'un coquet patrimoine immobilier et financier en France, Denis Sassou Nguesso et plusieurs de ses intimes apparaissent depuis 2007 dans la procédure. Reste à savoir si les magistrats instructeurs vont ou pas rejeter la demande soumise par Brazzaville, comme ils l'avaient fait après avoir été saisis d'une requête analogue par le président de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang, jugé depuis lors. S'ils agissent de même, le litige sera tranché par la chambre de l'instruction. Une certitude: une fille, un gendre et un neveu de "DSN" sont d'ores et déjà poursuivis, soupçonnés d'avoir arrondi leur fortune personnelle par le biais de détournements d'argent public.
La lettre du 3 décembre dernier confirme, s'il en était besoin, que le fameux "Acquittator" - surnom que le pénaliste déteste - défend bel et bien les intérêts du régime de Sassou Nguesso, archétype du satrape subsaharien, tour à tour officier, putschiste, despote marxisant, chef milicien puis président blanchi par la grâce des urnes, et qui totalise à ce jour 33 années de pouvoir."Je ne suis pas l'avocat de Sassou, objecte l'intéressé. Je défends en l'occurrence un Etat, pas une personne physique. Et je ne veux pas être la caution droits-de-l'hommiste de quiconque." Distinguo un rien spécieux. D'autant que Dupond-Moretti persiste à contester la recevabilité même des plaintes qui déclenchèrent la bataille des BMA.
Par Vincent Hugeux,
publié le 02/02/2019 à 07:00 par l'express
(2/3)
Cette démarche suggère-t-elle que l'Etat congolais se considère comme victime? Détenteurs d'un coquet patrimoine immobilier et financier en France, Denis Sassou Nguesso et plusieurs de ses intimes apparaissent depuis 2007 dans la procédure. Reste à savoir si les magistrats instructeurs vont ou pas rejeter la demande soumise par Brazzaville, comme ils l'avaient fait après avoir été saisis d'une requête analogue par le président de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang, jugé depuis lors. S'ils agissent de même, le litige sera tranché par la chambre de l'instruction. Une certitude: une fille, un gendre et un neveu de "DSN" sont d'ores et déjà poursuivis, soupçonnés d'avoir arrondi leur fortune personnelle par le biais de détournements d'argent public.
La lettre du 3 décembre dernier confirme, s'il en était besoin, que le fameux "Acquittator" - surnom que le pénaliste déteste - défend bel et bien les intérêts du régime de Sassou Nguesso, archétype du satrape subsaharien, tour à tour officier, putschiste, despote marxisant, chef milicien puis président blanchi par la grâce des urnes, et qui totalise à ce jour 33 années de pouvoir."Je ne suis pas l'avocat de Sassou, objecte l'intéressé. Je défends en l'occurrence un Etat, pas une personne physique. Et je ne veux pas être la caution droits-de-l'hommiste de quiconque." Distinguo un rien spécieux. D'autant que Dupond-Moretti persiste à contester la recevabilité même des plaintes qui déclenchèrent la bataille des BMA.

