Le lendemain, ce fut au tour de Federica Mogherini de publier un communiqué au nom de l’Union européenne (UE), dans lequel elle déclare que « l’arrestation et la détention prolongée de plusieurs dirigeants d’un parti de l’opposition, dont son leader Maurice Kamto, et d’un nombre important de manifestants et de sympathisants, ainsi que l’ouverture de procédures disproportionnées à leur encontre devant la justice militaire, accroissent le malaise politique au Cameroun. »
Autres motifs d’inquiétude pour la cheffe de la diplomatie européenne : « L’émergence de discours de haine fondés sur l’appartenance ethnique », principalement à l’endroit des Bamiléké, la communauté d’origine de M. Kamto, et « la persistance de la violence et des violations des droits de l’homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », les deux régions à majorité anglophone qui, depuis octobre 2016, ont peu à peu glissé dans une guerre civile qui refuse de dire son nom.
Lire aussi Au Cameroun, la colère des partisans de Maurice Kamto, le premier opposant du pays arrêté
Sur ce dernier point, Européens et Américains partagent également la même analyse. Interrogé par Le Monde, le « Monsieur Afrique » de Donald Trump, Tibor Nagy, a expliqué ne pas comprendre « pourquoi cette crise se poursuit alors qu’il est clair que nous avons besoin d’un dialogue ouvert à tous, sans limite, pour parvenir à une résolution de cette situation […]. Peut-être faudra-t-il que cela se fasse dans un forum international. »
Les réactions outragées en provenance de Yaoundé n’ont pas tardé. « Velléité d’immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun », « méconnaissance des enjeux, des réalités et des faits », s’est offusqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi. « Nous sommes choqués par ces réactions étrangères qui sont complètement décalées par rapport à la réalité », s’agace un proche collaborateur du président Biya, indiquant que « le chef de l’Etat appréciera quand M. Nagy sera là s’il doit lui donner des explications ».
Maintien d’une ligne sans concession
Que ce soit sur la répression qui s’est abattue sur l’opposition depuis la fin janvier ou le conflit qui sévit dans les régions à majorité anglophone, le pouvoir camerounais déroule l’argumentaire de l’agressé, qui réagit ave
Autres motifs d’inquiétude pour la cheffe de la diplomatie européenne : « L’émergence de discours de haine fondés sur l’appartenance ethnique », principalement à l’endroit des Bamiléké, la communauté d’origine de M. Kamto, et « la persistance de la violence et des violations des droits de l’homme dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest », les deux régions à majorité anglophone qui, depuis octobre 2016, ont peu à peu glissé dans une guerre civile qui refuse de dire son nom.
Lire aussi Au Cameroun, la colère des partisans de Maurice Kamto, le premier opposant du pays arrêté
Sur ce dernier point, Européens et Américains partagent également la même analyse. Interrogé par Le Monde, le « Monsieur Afrique » de Donald Trump, Tibor Nagy, a expliqué ne pas comprendre « pourquoi cette crise se poursuit alors qu’il est clair que nous avons besoin d’un dialogue ouvert à tous, sans limite, pour parvenir à une résolution de cette situation […]. Peut-être faudra-t-il que cela se fasse dans un forum international. »
Les réactions outragées en provenance de Yaoundé n’ont pas tardé. « Velléité d’immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun », « méconnaissance des enjeux, des réalités et des faits », s’est offusqué le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi. « Nous sommes choqués par ces réactions étrangères qui sont complètement décalées par rapport à la réalité », s’agace un proche collaborateur du président Biya, indiquant que « le chef de l’Etat appréciera quand M. Nagy sera là s’il doit lui donner des explications ».
Maintien d’une ligne sans concession
Que ce soit sur la répression qui s’est abattue sur l’opposition depuis la fin janvier ou le conflit qui sévit dans les régions à majorité anglophone, le pouvoir camerounais déroule l’argumentaire de l’agressé, qui réagit ave

